jeudi 31 mai 2012

Valls : les leurres du beau Manuel

Le Sinistre (1) de l'Intérieur, Manuel Valls, était l'invité du JT de 20h le jeudi 31 mai sur France 2, et répondait aux questions de David Pujadas.

David Pujadas affime que son invité est le ministre le plus populaire du gouvernement; si c'est vrai cela signifie que l'intoxication socialiste est efficace : l'actuel gouvernement a intérêt à faire jouer à Manuel Valls le rôle de caution réaliste et sécuritaire de sa politique. Pendant la campagne des primaires citoyennes du PS, Arnaud Montebourg, concurrent de Valls, déclarait dans un débat que celui-ci n'avait plus beaucoup de chemin à faire pour se retrouver à l'UMP. C'était un propos polémique. Cette affirmation avait pour but d'éloigner de Valls des électeurs prenant part à ces primaires, mais cette légende peut maintenant le servir, ainsi que l'ensemble du gouvernement, dans l'opinion publique en général.

On a eu droit à un prétendu moment d'émotion  à propos de la récente visite de Valls à Madrid. Il y a rencontré son collègue espagnol. Valls est né à Barcelone en 1962, est devenu citoyen français, ... et parle espagnol comme un lycéen de Première qui a pris l'espagnol en LV II (2). Valls a cru opportun, voire nécessaire, de protester de son attachement à l'entité France aussi bien dans ses quelques mots en français et en castillan à Madrid que devant David Pujadas, également natif de Barcelone. Je constate que la Grande Nation traverse une phase de saoulographie cocardière assez navrante, de Jean-Luc Mélanchon avec son slogan "France, la belle, la rebelle" au FN en passant par les inepties de François Hollande souhaitant que, pour les jeunes issus de l'immigration, Français devienne le plus beau nom que puisse porter un citoyen du monde. Le mur du çon est franchi.

Manuel Valls a rappelé que pour lui et ses amis politiques l'immigration ne doit plus être "un chiffon rouge" agité "pour diviser les Français" (sic). Traduisez : débattre de l'immigration sud-nord et de ses conséquences doit rester, ou redevenir, un tabou, ce serait "prendre en otage" les immigrés. Autres rappels : il y aura régularisation de résidents illégaux appelés par litote "sans papiers", selon des critères qui seront les mêmes pour tous; et le Sinistre de l'Intérieur de souligner que, pour lui, l'intégration (3) est un sujet plus important, plus essentiel que les flux migratoires qu'il entend simplement "maîtriser", en luttant contre l'immigration clandestine (c'est bien la moindre des choses).

Les électeurs qui ne font pas le choix de la gauche, et qui font du beau Manuel leur ministre socialiste préféré doivent pourtant comprendre que le Sinistre de l'Intérieur :

-entend sortir l'immigration du débat politique : un prétendu consensus républicain devrait se dessiner autour de l'acceptation de la continuation et de l'amplification à moyen terme des flux migratoires sud-nord, et de politiques d'intégration ou "de la ville", quel qu'en soit le coût : ils (les immigrés) ont des droits sur nous et on a un devoir d'intégration à leur égard; une pluralité d'opinions sur la question n'est moralement et politiquement pas permise par la Gauche : ce serait une "prise d'otages" (sic);

-n'entend pas limiter le nombre d'illégaux régularisés : les critères de régularisation seront les mêmes pour tous, et c'est tout, et ce n'est pas rassurant;

-fera bénéficier les anciens "sans papiers", c'est-à-dire les résidents illégaux régularisés, des politiques d'intégration; donner des papiers à un sans papiers, c'est lui permettre de bénéficier des politiques spécifiques pour le logement, la formation professionnelle, l'emploi, l'éducation, le regroupement familial etc... L'expression "sans papiers" est trompeuse : les sans papiers ne se contentent pas de papiers; dès qu'ils ne sont plus "sans papiers", ils ont vocation à être vos voisins, les parents des camarades de classe de vos enfants, vos collègues, et demain vos concitoyens pour voter pour M. Valls et ses amis, et vous remplacer dans cette démarche si vous vous détournez de cette famille politique. Les régularisations de résidents illégaux qui deviennent ainsi nos voisins, collègues, concitoyens, on en a déjà eu, et d'ampleur massive : en 1981, en 1997. On a déjà donné.

Manuel Valls était encore maire de banlieue (4) ce 31 mai. Une partie de ses administrés a inventé de nouvelles formes d'expression, inspirées notamment des SMS ou textos. Pour maire d'Evry, on pourrait dire, sans trop d'iirévérence, merdévry. En s'inspirant simplement de cette culture, et aussi de Léon Daudet évoquant Edouard Herriot, le "merdelion". En matière de communication, Manuel Valls s'y connaît : il a été directeur de la communication de la campagne présidentielle de François Hollande.

Dans cette fonction, il a défendu Ségolène Royal lorsque celle-ci a prétendu que Nicolas Sarközy avait besoin d'être réelu pour échapper à la justice (recyclage d'un argument utilisé contre Silvio Berlusconi par ses adversaires politiques et des médiats locaux et internationaux). Si cette affirmation de Madame Royal n'est pas confirmée, Manuel Valls se sera associé à une campagne diffamatoire.


NOTES

(1) Manuel Valls avait proposé que le PS change de nom, abandonne le mot "socialiste", et se réfère simplement à la Gauche; c'était avant que Jean-Luc Mélanchon ne quitte le PS et ne fonde son propre parti, le Parti de Gauche; désigner Manuel Valls comme Sinistre, c'est satisfaire un de ses voeux;

(2) LV II = 2e langue vivante étrangère;

(3) Manuel Valls a bien eu tort de refaire brièvement allusion à ses origines en évoquant l'importance de l'intégration des personnes issues des flux migratoires sud-nord. Cela signifie : ça a réussi pour moi et ma famille, donc je veux que d'autres en bénéficient aussi. Je suis d'avis au contraire que le critère le plus sûr d'une intégration réussie est l'abandon de la référence à l'expérience migratoire (mais pas forcément à la culture héritée). L'ancien immigré bien intégré est celui qui, devant la perspective de nouveaux flux migratoires, va se demander quelles en seraient les conséquences pour la communauté entière, et pas seulement pour les immigrés déjà en place. La bonne intégration d'un Allemand de souche huguenote française, dont les ancêtres ont quitté la France suite à la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, peut se mesurer à ses réticences devant l'immigration extra-européenne aujourd'hui. Les Siciliens, les Calabrais et autres Italiens du Mezzogiorno qui ont fait souche dans le nord de l'Italie attestent de leur bonne intégration dans la communauté locale en soutenant la Lega Nord contre la perspective de nouveaux flux migratoires. Dire : je suis d'origine immigrée, mes parents ont été intégrés, ça a marché, et je veux que ça continue pour d'autres, c'est alimenter la méfiance, illustrer sa partialité;

(4) pour moi, la notion de banlieue a d'abord eu un tout autre sens : la banlieue, c'était les territoires desservis par des "trains de banlieue", c'est-à-dire des trains électriques, peu bruyants et ne dégageant pas de fumée; c'était un endroit où les maisons individuelles s'appelaient des pavillons; c'était un endroit où les maisons étaient vendues par l'intermédiaire d'agences immobilières et non directement par les notaires (comme dans l'Aisne d'où je venais); enfin, c'était un espace intermédiaire entre la grande ville, Paris en l'occurence, et la province proche. Il y a une dizaine de jours, un authentique "produit de banlieue" d'aujourd'hui qui voyageait comme moi sur la ligne C du RER transilien m'a intimé l'ordre de m'éloigner de lui et de son camarade si je voulais "rentrer chez (moi) en paix" (sic) : le camarade fumait dans le train et je lui avais demandé d'éteindre sa cigarette, en vain. Aux menaces, le "produit de banlieue" d'origine visiblement africaine ou afro-caribéenne, a ajouté l'explication contextuelle suivante : c'est Hollande qu'est passé, alors on s'en bat les couilles, tu peux plus nous faire chier (re-sic).



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mardi 29 mai 2012

Magouilles PS à Palaiseau : comment faire sortir ... l'ami du bois ?

Rentrée scolaire 2006-07 : le Premier Secrétaire (ou futur Premier Secrétaire) de la section PS d'une sous-péfecture de grande banlieue francilienne est nommé Proviseur stagiaire dans un lycée. Au bout d'un an, il n'est pas confirmé. Un autre Proviseur ayant été nommé pour lui succéder, il fait, ou laisse intervenir ses amis de l'association locale FCPE de parents d'élèves, animée par des militants PS, pour demeurer sur son poste, et qu'au besoin on donne à son successeur un autre poste. C'est gros, et pire que ça !

Le nouveau Proviseur devra accepter qu'on vote en Conseil d'Administration du Lycée une motion proposant son départ et le retour de son prédécesseur non confirmé à l'issue d'une année de stage. C'est hénaurme !

Cet épisode aberrant, heureusement limité au microcosme d'une sous-préfecture de grande banlieue, augure mal de la prétendue "république exemplaire" promise par François Hollande.

Le Rectorat d'Académie ne se laisse pas dicter sa conduite, mais, prudent, comme l'intéressé est un militant PS dans une commune administrée par le PS, le maintient dans cette commune en le nommant Principal du Collège situé à une centaine de mètres du Lycée. On ne sait jamais, en prévision d'une possible alternance politique....Il y a des gens à ménager. Bon, le hasard a bien fait les choses : le poste de Principal de ce Collège s'est trouvé vacant juste au moment où il fallait recaser le Proviseur stagiaire non confirmé. De préférence dans le coin. Il y a donc une Providence laïque... Alleluia, Alleluia ! Dans l' Education nationale, la gauche est, paraît-il, hégémonique. On n'est jamais trop prudent, dès 2007... Parce que tout ceci se passe sous la mandature de Nicolas Sarközy, avec Xavier Darcos comme ministre de l'Educ'Nat'. L'hégémonie de ce qu'il est convenu d'appeler la gauche, et en premier lieu du PS, est telle dans cette administration que le clientélisme de gauche (ici entre association de parents d'élèves FCPE et PS avec pressions sur le Rectorat d'Académie), peut s'y pratiquer en tout temps.

Une république exemplaire, vous a-t-on dit !

Dans son Collège, notre bonhomme s'applique à cacher une partie de ses multiples prétendues qualités humaines et professionnelles, par modestie probablement. Celles-ci ont pourtant été vantées dans Palaiseau Mag, le mensuel de la municipalité de Palaiseau sous la mandature PS. Il donne toute la mesure de sa conception de la gestion des ressources humaines, de son aptitude à l'écoute et au dialogue, comme on dit; on travaille mieux entre gens qui ont les mêmes idées, donc mieux vaut s'en entourer, non ? Les parents d'élèves sont d'abord des électeurs. Et malheur aux isolés, qu'ils soient professeurs ou appartiennent à une autre catégorie de personnel : recours au harcèlement moral, à l'intimidation, à la culpabilisation. D'où des départs involontaires (mutations contraintes, mise en congé de longue maladie etc...) : vous vous soumettez, ou on vous "casse". Et puis, il y a des "balances" parmi le personnel de service. A tort ou à raison, elles s'imaginent, en raison du climat créé, que dénoncer les faits et gestes de professeurs ou de collègues non appréciés par le Principal leur vaudra d'être bien notées par lui. Et notre bonhomme d'user d'un discours moralisateur (l'intérêt supérieur des élèves) et culpabilisateur, en se servant des parents d'élèves comme d'un bouclier : "leurs plaintes pleuvent comme à Gravelotte" contre les personnels qu'il n'apprécie pas, dit-il tout en faisant montre à cette occasion de sa riche culture historique.

Le bonhomme est très attaché à l'image, au prestige de son bahut, et donc à sa propre image : prêt de locaux du collège à des associations, accueil de manifestations pour la Semaine de la Science.

C'est hénaurme et dégoûtant. Le Canard Enchaîné ne vous l'a pas raconté. C'est lui qui aurait dû le faire.

Lorsque l'association de parents d'élèves qui a voulu protéger, promouvoir ce monsieur fera disparaître de son site cette lettre grossière au Médiateur de l'Education, montrant ainsi qu'elle n'en est plus fière, ou qu'elle tourne la page, j'effacerai également ce message de mon blog :

http://claudel.fcpe-palaiseau.com/conseil_local/actions/70613_lettre_mediateur.pdf

En 2015, le bonhomme a été muté à sa demande à la tête d'un collège d'une commune de la vallée de l'Yvette.

lundi 28 mai 2012

Taubira : Soeur Christiane, madonne de la République

La nomination de Christiane Taubira comme Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, comportait un aspect provocateur, comme celle de Robert Badinter (1) dans les mêmes fonctions après les élections législatives de juin 1981. Sa personnalité n'a rien de consensuelle, mais est au contraire "clivante". Il était dans l'ordre des choses qu'elle fasse l'objet d'attaques. Ceux qui l'ont nommée l'ont fait exprès, pour créer la polémique et pouvoir dénoncer ensuite la noirceur d'âme de celles et ceux qui la critiquent : femme, noire, ultra-marine, de gauche, soeur en loge, elle doit être intouchable.

Je ne connais de Madame Taubira que ce que les médiats en rapportent, ce qui a filtré de ses campagnes électorales.

En 2002, elle s'est affichée, au sens propre, penchée à gauche (évidemment) avec la légende "Pour une République qui vous respecte". Ce qui ne veut rien dire. La nomination de Madame Taubira au Ministère de la Justice ne respecte pas la sensibilité d'un secteur important, probablement majoritaire, de l'opinion publique. Cette nomination est une prérogative du chef de l'Etat et du Premier ministre, mais leurs amis, eux-mêmes et l'intéressée sont mal venus de jouer les vierges effarouchées ou les humanistes scandalisés si la ministre est attaquée. Il leur faut assumer.

J'ai lu qu'elle avait annoncé qu'en tant que femme noire, elle aurait "200 ans d'avance" pour parler de la République. C'est une formule tellement c...., ou tellement codée à l'intention des loges maçonniques, qu'il m'est arrivé de douter qu'elle ait pu vraiment proférer cette sottise provocatrice.

Elle a tenu un meeting de campagne à Evry devant un auditoire composé presque exclusivement d'Africains ou d'Afro-Caribéens (probablement Français de nationalité en majorité). On me dira que c'est l'effet de son charisme, et de la sensibilité de ces publics devant ce charisme.

Elle a fait campagne pour le non au referendum de mai 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen. L'année précédente, aux élections européennes, elle avait conduit une liste dont le programme recommandait l'acceptation de la candidature de la République de Turquie à l'Union européenne au nom du "respect des engagements" pris par les Européens envers cet Etat. Pris par qui, au nom des Européens, et avec quel mandat ? Et où ? En loge ?

Elle a fait campagne pour l'abrogation de la loi recommandant la prise en considération des aspects positifs de la colonisation dans les programmes scolaires, tout en étant elle-même à l'origine d'une loi mémorielle et tout en défendant la loi 90-615 du 13 juillet 1990, dite loi Fabius-Rocard-Gayssot. Madame Taubira appelle, suscite la polémique, engendre nécessairement des clivages par de telles prises de position.

Je ne puis m'empêcher de penser que la position de Madame Taubira envers la délinquance des mineurs est liée à l'origine ethnique, extérieure à la France d'Europe, de la plupart d'entre eux (2). Pierre Joxe, l'ancien ministre socialiste, désormais septuagénaire et en retrait de la polique active (tant mieux !), s'était récemment fait une spécialité d'intervenir dans les médiats pour réclamer un traitement moins répressif de cette délinquance spécifique.

Madame Taubira aurait été, voire serait encore, partisan(e) de l'autonomie, voire de l'indépendance de la Guyane. Je ne sais pas si cela correspond à ses vues actuelles. De toute façon, je ne le lui reprocherais pas. Je souhaite l'indépendance, la sécession des départements et territoires d'outre-mer non peuplés majoritairement de Français d'Europe ou de leurs descendants (3). On rapporte que Franco Frattini, ministre des Affaires Etrangères du gouvernement de Silvio Berlusconi, déplorait de devoir gouverner avec des gens qui "n'aimaient pas l'Italie". Je suppose qu'il faisait allusion à la Lega Nord (4), parti de la majorité gouvernementale de Silvio Berlusconi. Moi non plus, je n'aime pas ce qu'il est convenu d'appeler "la république française une et indivisible", Etat nation jacobin et multicontinental. J'aurais trouvé très positif que l'Etat français soit gouverné par une majorité comprenant des nationalistes corses, basques etc...qui soient, en même temps que citoyens français, des fédéralistes et nationalistes européens opposés à l'Europe-Monde. Le premier parti, autonomiste ou indépendantiste, de Madame Taubira portait un nom qui peut évoquer beaucoup de choses : Walwari (5), ou l'éventail. Puis Madame Taubira, élue députée à l'Assemblée nationale en 1993, commença par voter la confiance au gouvernement d'Edouard Balladur. Mais ceci est une autre histoire.

Madame Taubira m'est hyper-antipathique. C'est par ailleurs une dame très courtoise : il fallait la voir saluer François Fillon.



NOTES

(1) Robert Badinter était hostile à la peine de mort, que sa famille politique avait allégrement appliquée trente-cinq ans plus tôt ("C'est de l'auto-épuration" pouvait-on lire dans Le Populaire, organe du Parti socialiste, à propos du suicide de Drieu La Rochelle) à un moment où ce débat traversait toutes les familles politiques (un député PS de Haute-Garonne portant un nom à consonance flamande était notoirement hostile à l'abolition de la peine capitale) et où, paraît-il, l'opinion publique était encore majoritairement favorable à son maintien; sa dénonciation d'Alfred Fabre-Luce, étiquetté "antisémite distingué" et auteur d'un essai intitulé "Pour en finir avec l'antisémitisme", ou quelque chose comme ça, et qui lui avait déplu, en faisait un personnage assez, disons, abrasif;

(2) empruntant la ligne C du RER francilien entre Choisy-le-Roi et Juvisy-sur-Orge tout récemment, je n'ai pu obtenir de deux "jeunes" d'origine ethnique extérieure à la France d'Europe que l'un d'entre eux veuille bien éteindre sa cigarette : le fumeur a refusé, et son camarade m'a enjoint de m'éloigner si je voulais "rentrer en paix chez (moi)", ce qui s'appelle des menaces; et il a explicité sa position par l'annonce suivante : c'est Hollande qu'a été élu, alors t'as plus le droit de nous faire chier (sic); la majorité des autres voyageurs, peu nombreux ce jour férié, étaient de même origine que l'auteur des menaces; ils ne sont pas intervenus dans l'altercation, mais ils l'ont suivi avec attention et tension; le sourire amusé de plusieurs d'entre eux semblaient indiquer une certaine admiration envers le "cran" (c'est le cas de le dire) des deux trublions qui m'auraient légitimement remis à ma place pour avoir manqué de crainte et de déférence envers ces représentants de la France d'aujourd'hui et de demain;

(3) je suis partisan de l'indépendance immédiate, au plan sportif international, de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de La Réunion, pour que ces territoires aient le même statut qu'ont le Pays de Galles, l'Ecosse, l'Irlande du Nord, Gibraltar etc... dans les compétitions sportives internationales; Saint-Pierre & Miquelon, Saint-Barthélémy dans les Iles de la Guadeloupe sont notoirement peuplés des Français d'Europe, ou de descendants de ceux-ci;

(4) la Lega Nord est en principe pour l'indépendance de la Padanie, du nord de la péninsule italienne, à terme, et pour la fédéralisation à plus court terme de l'Etat italien; dans ce qu'il est convenu d'appeler la république française, la participation d'un tel parti à une majorité gouvernementale serait impensable, sacrilège, blasphématoire;

(5) Walwari signifie éventail dans une langue amérindienne des Guyanes; l'éventail peut évoquer les contraintes engendrées par le climat tropical, le raffinement des sociétés coloniales d'antan, mais c'est aussi avec cet objet qu'un Dey d'Alger aurait frappé un Consul de France, déclenchant la calamiteuse conquête de l'Algérie dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences à très long terme.

jeudi 24 mai 2012

Le cas Montebourg : la diffamation n'est pas contraire aux "faleurs de la répuplique"

Selon le Premier Sinistre Jean-Marc Ayrault, son ministre Arnaud Montebourg, reconnu coupable de diffamation, n'a rien fait qui soit contraire aux prétendues valeurs de la République, et n'aurait pas à quitter son gouvernement.

Dont acte.

Je savais, d'expérience personnelle, que la diffamation, non seulement n'est pas contraire à ces prétendues valeurs, mais peut être un instrument à leur service.

1998 : le gouvernement est dirigé par le socialiste Lionel Jospin;  je suis professeur documentaliste dans un grand lycée public du sud de l'Essonne (1); je représente un syndicat de personnels de l'Education nationale au comité d'hygiène et de sécurité pour cette administration dans le département; le procès de Maurice Papon, les campagnes du gang Klarsfeld sont un des thèmes de l'actualité du moment; je fais à la maison, après le service, mes premiers pas d'internaute et il m'arrive de commenter l'actualité sur des forums Usenet, en dénonçant notamment la loi 90-615 Fabius-Rocard-Gayssot du 13 juillet 1990 (2).

Vers la fin mai, je reçois un coup de téléphone alarmé d'un responsable de mon syndicat. Une délégation de ce syndicat a été reçue à Evry par l'Inspecteur d'Académie, Monsieur D. La conversation a porté sur les personnes qui, dans le département, rencontrent des difficultés de carrière et que défend ce syndicat. Mon nom est évoqué par la délégation syndicale. L'Inspecteur d'Académie lui annonce que je vais être très rapidement suspendu de mes fonctions (3) compte tenu de l'urgence et de ma dangerosité : dans le cadre de mes fonctions, je me livrerais à de la propagande négationniste sur Internet. L'Inspecteur d'Académie dispose sur son bureau d'un volumineux dossier dont il donne lecture de morceaux choisis à son auditoire, pour lui donner la chair de poule. Surprise et embarras de la délégation syndicale dont un membre va poser la bonne question : Monsieur Lallau est-il au courant de la procédure qui serait déclenchée contre lui ? A son tour, l'Inspecteur d'Académie est embarrassé : il reconnaît n'en savoir rien. Le syndicat comprend ceci : je suis maintenu dans l'ignorance de ce dont je suis accusé, et c'est lui qui m'informe.

Les semaines passent, et aucune procédure n'est déclenchée. Mon syndicat rencontre des responsables du Rectorat à Versailles. Ils doivent concéder : a) que je n'ai enfreint aucune loi; b) que cette participation à des forums de discussion sur Internet était une activité privée, à laquelle je me livrais dans les limites de la loi en dehors des heures et lieu de service. On m'a diffamé pour m'intimider, et dissuader mon syndicat de me défendre et de me conserver sa confiance.

L'Inspecteur d'Académie disposait bien d'un dossier comportant des extraits de mes interventions sur les forums Internet puisqu'il en a donné lecture de certains passages à la délégation syndicale. Il existe donc bien un dossier occulte me concernant puisque le Rectorat a assuré le syndicat que mon dossier administratif et pédagogique ne comportait aucune pièce relative à mes interventions sur Internet.

Je porte plainte contre X pour dénonciation calomnieuse; je dois avancer 6000 francs de frais de consignation, payer les honoraires d'un avocat. Au bout de quelques mois, la juge rend une ordonnance de non-lieu : l'Inspecteur d'Académie ne peut identifier et désigner ses informateurs. Mon avocat me dissuade de porter le non-lieu devant la chambre d'accusation (c'est la "gauche caviar", me dit-il, vous n'aurez aucune chance). Et puis j'ai besoin de récupérer mes 6000 francs et suis peu enclin à repartit dans une nouvelle procédure avec versement de nouveaux honoraires à un avocat qui doute de la suite favorable de cette nouvelle procédure.

Je reste en place, dans le syndicat et dans l'Education nationale. L'Inspecteur d'Académie et le Proviseur aussi. Le premier va même bénéficier d'une promotion et quitter l'Essonne pour un grand département dont le chef-lieu à pour maire la fille Delors.

Non, la diffamation n'est pas contraire aux valeurs de la République, même pas à celle de son Ecole, et elle peut même, surtout avec le P.S., être un des outils employés pour la défense et la promotion de ces valeurs et des institutions.

Voir aussi :

http://jeanmarielallau.blogspot.fr/2012/05/clientelisme-ps-dans-leducnat.html


NOTES

(1) j'y ai succédé à un collègue qui était militant anti-apartheid; on n'a sans doute pas pu ne pas se demander dans quelle mesure j'étais apte, ou disposé à lui succéder aussi dans cet engagement ou dans un engagement semblable; on m'a observé, évalué, comparé à ce collègue-citoyen et certains n'ont pas aimé;

(2) le Proviseur du  lycée est un des animateurs locaux du groupuscule chevènementiste, le Mouvement des Citoyens.; l'établissement est certes "laïque", mais un codicille implicite prescrit que la cohésion de la prétendue communauté éducative repose sur un consensus portant sur les questions sociétales, les soi-disant valeurs de l'école de la République : égalitarisme à tout crin, féminisme, tiers-mondisme. Ca marche plus ou moins bien : le Proviseur fonctionne en opposant les gens entre eux, y compris ses adjoints, à tour de rôle, et une solidarité de fait s'établit naturellement entre les personnes qui sont ses clients, au sens romain du terme, et une solidarité parallèle et contraire se noue entre ceux qui sont, ou ont été les victimes de ce système.


(3) l'énormité de la tentative de stabilisation ou de mise à l'index m'a étonné : je pensais qu'au fil des années on avait fini par se résigner à ma présence, à défaut de pouvoir l'accepter; j'avais tort : la structure dans laquelle je travaille à l'intérieur du lycée, le C.D.I. (Centre de Documentation et d'Information), comporte une majorité de personnes de sexe féminin dont une soixante-huitarde autoritaire et sectaire. Je travaille loyalement avec mon environnement professionnel, mais cette collaboration est parasitée par le degré de méfiance dont je suis l'objet du fait de mon refus de faire allégeance, de mes silences ironiques lorsque certaines questions de société sont évoquées entre collègues; je représente un syndicat confédéré mais micro-minoritaire dans l'Education nationale; j'ai pris involontairement la place de la "meilleure amie" de la collègue autoritaire et sectaire ( et qui est ainsi au nom de l'anti-autoritarisme et de l'ouverture d'esprit) et ai mis fin à la collaboration et aux contacts quotidiens sur le lieu de travail entre ces deux femmes que liait apparemment une tendre amitié quasi fusionnelle; je suis sous-, et mal noté par le Proviseur, sur le fondement des informations et impressions que lui communique ma collègue à la forte personnalité; dans ce contexte, j'aurais dû m'attendre à ce genre de coups bas.

samedi 19 mai 2012

Croissance versus Austérité : l'intox hollandiste

François Hollande n'est pas installé depuis une semaine dans ses fonctions que l'intoxication médiatique fonctionne à plein, et efficacement. L'un des "trucs" les plus géniaux de cette campagne consiste à en faire le champion de la croissance contre l' austérité. Je sais bien que l'analyse économique est une discipline complexe qu'il faut simplifier pour qu'elle soit supportable pour le grand public. Mais la ficelle est grosse : qui pourrait être contre la croissance, sinon Yves Cochet (EELV) qui pronait naguère la décroissance, et qui est pour l'austérité ... pour lui-même (pour les autres, ceux qu'on croit pouvoir envier, c'est autre chose) ?

Ce simplisme permet aux médiats de faire trop rapidement de François Hollande, sans rire, le Roosevelt européen. Et, par contraste, la méchante Angela Merkel serait de plus en plus isolée. Georges Sörös n'a-t-il pas appelé à son départ ? Je crois que le péché de Mme Merkel est d'avoir constaté publiquement l'échec des politiques d'intégration des personnes issues des flux migratoires sud-nord, et d'être opposée à l'adhésion de la République de Turquie (qui n'est qu'une partie du monde turc) à l'Union européenne.

La personne, la personnalité de François Hollande, me sont indifférentes. La politique qu'il annonce vouloir mener est dangereuse, néfaste. Son discours patriotard, cocardier aggrave l'ensemble du tableau. C'est malheureusement tellement populaire en ce moment que ça en devient populiste (1).

Tout le monde (sauf peut-être Yves Cochet) est pour la croissance, et personne n'est pour l'austérité pour l'austérité. Le débat porte sur le degré nécessaire d'austérité pour revenir à la croissance.

Ca me rappelle la première moitié des années 1970 au cours desquelles certains prétendaient se mobiliser pour lutter contre la guerre du Vietnam, c'est-à-dire en fait contre la résistance du Sud-Vietnam et des Américains à la guerre menée par les communistes pour contrôler tout le Vietnam. Les adversaires de la guerre du Vietnam, parfois désignés comme partisans de la "paix au Vietnam", étaient tout simplement les alliés des communistes Vietcong dans leur guerre contre Saïgon et les Américains pour gouverner l'ensemble du Vietnam. Mais c'était un coup de génie de présenter leurs activités comme hostiles à la guerre (qui pourrait être pour ?) et pour la paix (qui pourrait être contre ?) (2).


NOTES

(1) à l'adresse des résidents issus des récents flux migratoires sud-nord, François Hollande proclame vouloir que le nom "Français" soit le plus beau que puisse porter un citoyen du monde. Quel c.. !;
il sait faire le fier à bras (comme pour défendre Valérie Massonneau, prétendument visée par des allusions discourtoises) en déclarant que l'accélération du retrait des troupes combattantes d'Afghanistan est une décision relevant de la "souveraineté française"; souveraineté, le mot magique est prononcé, clin d'oeil à ce qu'il peut y avoir de plus bête dans l'opinion publique : la sacralisation de l'Etat-nation.
Dommage que François Hollande n'étende pas sa fermeté aux rapports algéro-français : la souveraineté française n'est-elle pas plus que compromise par les nationalités multiples de tant et tant de petits-fils et arrière petits-fils de fellaghas, citoyens français aux références historiques, à la mémoire spécifiques ?

(2) dans les années 1970, un correspondant aux Etats-Unis de la radio d'Etat France Inter (un des organes de la voix de la France, selon Georges Pompidou) couvrait une manifestation pro-Vietcong ( = pro-communistes vietnamiens, pour "la paix au Vietnam") et relatait les réactions de contre-manifestants, les désignant comme de "jeunes néo-nazis, euh, du moins des partisans de l'intervention militaire américaine au Vietnam".

mercredi 16 mai 2012

François Hollande : des orientations positives ?

Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, et Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, avaient raison : l'application du programme de François Hollande provoquerait des dommages équivalents à ceux d'une guerre (1). Mais on peut encore, jusqu'aux élections législatives de juin 2012, le priver des moyens d'appliquer ce programme dévastateur. Et il se peut aussi qu'il doive réviser ledit programme : dans ce cas, il aggraverait dramatiquement la désaffection des électeurs de ce qu'il est convenu d'appeler la république française envers la politique, et le discrédit attaché aux hommes politiques.

Y a-t-il, dans les orientations annoncées par François Hollande, des éléments positifs ?

Oui, apparemment, dans deux domaines : une relance de la décentralisation (2), l'engagement dans la transition énergétique (3).

Aucun de ces deux aspects n'était, et n'est de nature à influencer mon vote pour les élections présidentielles et législatives.

Si ces orientations étaient confirmées et connaissaient un début de concrétisation, ça présenterait en plus l'avantage de frustrer encore un peu plus le groupuscule de Chevènement, bien fait pour sa g..... !


NOTES

(1) Nicolas Sarközy a bien eu tort de concéder à Martine Aubry qu'elle avait raison de rejeter comme abusive la critique de Bernard Accoyer;

(2) il s'agit de renouer avec la politique décentralisatrice menée par Nicolas Sarközy, ministre de l'Intérieur, jusqu'en 2003 et le rejet du statut de la Corse par les électeurs de l'île de Beauté; espérons que l'alternance jouera dans la plupart des régions lors du prochain renouvellement des conseils régionaux et que la relance de la décentralisation annoncée par François Hollande ne profitera pas à ses amis politiques qui cumulent déjà des pouvoirs métapolitiques : médiats, monde de la culture, autorités morales autoproclamées etc...;

(3) ce sera la rupture avec le nationalisme économique appuyé sur l'hégémonie de l'industrie nucléaire française, dont chacun sait qu'elle produit une énergie "bon marché", "sûre", "fiable" etc...


mardi 15 mai 2012

François Hollande à Berlin : muflerie en direct

Au cours de la conférence de presse qu'il a tenue à Berlin le 15 mai 2012, conjointement avec Angela Merkel, François Hollande a fait montre d'une muflerie discourtoise et fort peu présidentielle.

Il a martelé qu'il venait d'hériter, quelques heures seulement auparavant, d'une situation des finances publiques dont l'évaluation de la gravité allait devoir être confiée à la Cour des Comptes : c'est ce qui s'appelle mettre grossièrement en cause son prédecesseur par la grâce duquel la première présidence de la Cour est assurée par un socialiste, un ami politique de Hollande (1).

Il s'est crispé lorsqu'il a été amené à évoquer les relations entre dirigeants des deux pays, parfois de même sensibilité politique, refusant de commenter cette situation et appuyant son refus d'un regard dans la direction d'Angela Merkel : Monsieur Hollande est "de gauche", il a donc le droit de se faire soutenir lors d'un meeting de campagne à Lille par le Premier ministre socialiste Elio di Rupo (Belgique) (2); par contre, le soutien -qui n'est finalement pas allé jusqu'à une présence dans un meeting- d'Angela Merkel à Nicolas Sarközy est un épisode qu'il a très mal vécu, et il le rappelle avec une hargne mal contenue. François Hollande pose à nouveau à la victime : il a été maltraité. Il croit que, médiatiquement et politiquement, ça lui donne une légitimité à attaquer.

Les conclusions de la Cour des Comptes vont rapidement rabattre le caquet de ce sinistre (au sens italien du terme) président de ce qu'il est convenu d'appeler la république française. Qu'il se rassure, les salles de rédaction des médiats votent à 85% à gauche, et feront en sorte de formater l'opinion pour qu'elle accepte qu'il ne tienne pas ses promesses en matière économique et socialece sera la faute à Nicolas Sarközy et à son héritage. En 1981, la "gauche" avait eu sa "commission du bilan" (3) : il s'agissait de mettre la situation économique au passif de Valéry Giscard d'Estaing. Pour Hollande ça passera à condition qu'il tienne ses promesses en matière sociétale : remise en cause de la politique en matière de flux migratoires sud-nord des gouvernements précédents, ouverture du mariage aux personnes de même sexe etc.... Il ne faudrait pas que l'expérience Hollande dure trop longtemps quand même. Ce 16 mai au matin, ça fait déjà un jour de trop.


NOTES


(1) Nicolas Sarközy a nommé à la tête de la Cour des Comptes le député socialiste de l'Isère Didier Migaud; à part cela, François Hollande a dénoncé la culture politique du mandat de Nicolas Sarközy comme celle d'une droite dure (sic) dont il se démarquerait par une attitude.......non sectaire; et voilà que par la grâce du sectarisme de la droite dure pratiqué sous, et par Nicolas Sarközy, François Hollande va pouvoir demander à une organisme présidé par un de ses camarades un rapport lui permettant de mettre en cause la situation économique que lui a laissé Nicolas Sarközy;

(2) lors de sa campagne présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait bénéficié du soutien public de Jose Luis Rodriguez Zapatero, président (socialiste) du gouvernement espagnol venu assister à un de ses meetings à Toulouse; cela n'avait choqué personne; c'est "la gauche" qui a monté médiatiquement le quasi-scandale du soutien public d'Angela Merkel à Nicolas Sarközy, en jouant sur une corde pseudo-nationaliste; un soutien d'un chef de gouvernement socialiste étranger, espagnol ou belge, ou ce que l'on voudra, à un socialiste français, c'est de l'internationalisme de bon aloi; un soutien d'une dirigeante de gouvernement membre du Parti Populaire Européen à un candidat français membre du même parti transnational (le P.P.E.), c'est la soumission du second à la première;

(3) la "commission du bilan" de 1981 était présidée par François Bloch-Lainé, ancien directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, petit-neveu de Léon Blum.

Notre-Dame des Landes, priez pour J.-M. Ayrault !

Le député-merdenantes (1) Jean-Marc Ayrault vient d'être nommé  Premier ministre par F. Hollande. Le nouveau locataire de l'Hôtel de Matignon a présidé pendant 3 législatures le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, soit de 1997 à 2002 dans la majorité gouvernementale, et de 2002 à 2012 dans l'opposition.

Notre-Dame des Landes, priez pour lui !

Le merdenantes s'est illustré par son fanatisme idéologique.


                                     "Hou la la, vous commencez à me prendre la tête"


Opposé à une candidate RPR, Elisabeth Hubert, à je ne sais plus quelle élection, il a cru élégant de la dénoncer comme "fille de militaire" (2) et homophobe (3). Que voilà des tares rédhibitoires !

De la présidence du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault a conduit ou accompagné les outrances des députés de son groupe : pour l'abolition de la loi recommandant aux programmes scolaires d'Histoire de prendre en compte les aspects positifs de la colonisation (4), pour le retrait de l'amendement Mariani autorisant le recours à des tests ADN pour l'établissement de preuves en matière d'état-civil; il a plus récemment accompagné, de par ses fonctions, les outrances verbales du député guadeloupéen Letchimy à l'encontre de déclarations, pourtant modérées et de bon sens, du ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Il a fait de sa commune un lieu de mémoire de l'esclavage et de la traite négrière...pour que les Français d'origine antillaise et africaine se sentent mieux intégrés. Pour lui, débattre de l'immigration, c'est.....prendre les personnes issues de l'immigration en otage. C'est un sujet sur lequel tout le monde doit être d'accord : les flux migratoires sud-nord, c'est bien, c'est bon (5), c'est excellent, c'est utile et même nécessaire. Si vous parlez d'immigration pour en dire autre chose, vous êtes un preneur d'otages.

Jean-Marc Ayrault peut bien, après F. Hollande, appeler au rassemblement, à l'unité "nationale", ses propos ne doivent tromper personne : c'est un fanatique de la correction politique que le président de ce qu'il est convenu d'appeler la république française vient d'installer à l'Hôtel de Matignon. Son comportement d'opposant l'atteste.

Jean-Marc Ayrault a confirmé son fanatisme idéologique en esquivant des questions de journalistes sur l'apparente tension qui aurait marqué la passation de pouvoirs entre Nicolas Sarközy et F. Hollande : il a renvoyé ses interlocuteurs à la cérémonie du Huit Mai à laquelle le président en exercice et son successeur participaient côte à côte. En 1975, Valéry Giscard d'Estaing avait eu le grand mérite de supprimer la commémoration nationale de la "victoire" du 8 mai 1945, rétablie par François Mitterrand en 1981. Le 8 mai 1945, le général Leclerc faisait fusiller, ou laissait fusiller plusieurs jeunes prisonniers, combattants français de la Waffen SS, à Bad Reichenhall, en Bavière. Fêter la "Victoire" du 8 mai 1945, c'est s'inscrire dans la continuité de la guerre civile européenne. J'admire Silvio Berlusconi, honni des grands médiats et des prétendues autorités morales, pour avoir constamment refusé, même comme chef du gouvernement, de participer aux cérémonies du 25 avril commémorant la "libération" de l'Italie, c'est-à-dire la victoire d'un  camp sur un autre dans une atroce guerre civile dont seuls les vaincus sont accusés de crimes, les vainqueurs étant par vocation exempts de crimes.

La présidence du groupe socialiste (et satellites) à l'Assemblée nationale va être vacante du fait de la promotion de Jean-Marc Ayrault à l'Hôtel de Matignon. Il est question d'un dénommé Bruno Le Roux pour lui succéder. Le personnage, député PS de Seine Saint-Denis, mérite le détour. Il s'est illustré par la vulgarité de ses attaques à l'Assemblée, appuyée par ses mimiques et expression corporelle, notamment lors des mises en cause de Michèle Alliot-Marie.

Les adversaires politiques de Jean-Marc Ayrault vont évoquer des procédures judiciaires dont il a été l'objet il y a quinze ans. Est-ce en soi si important ? Oui, mais uniquement si c'est pour confronter le président de la république à certaines de ses promesses (prétendue moralisation de la vie politique). Je me méfie des incantations à la vertu surtout quand elles viennent de républicains français : ça a donné Robespierre. Et puis quelles auraient été les réactions, les campagnes du P.S., des amis de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault si Nicolas Sarközy avait nommé un ministre ayant fait l'objet des procédures ayant visé Ayrault ? Les adversaires de Hollande et d' Ayrault leur font ingurgiter un peu de la liqueur ou de l'huile de ricin dont ceux-ci les ont tant de fois abreuvés à propos du ministre Gaymard, de Michèle Alliot-Marie, de Jean Sarközy, d' Eric Woerth etc.... L'arroseur socialiste est arrosé, et c'est bien son tour.


NOTES

(1) l'inventeur de ce type de formule est Léon Daudet qui avait parlé de merdelion à propos d'Edouard Herriot; pour moi, elle s'applique aux idées de la personne visée, non à elle-même;

(2) Ségolène Royal était, elle aussi, fille de militaire, et même d'un général; si vous êtes "de gauche" ça passe, sinon c'est une tare;

(3) Edth Cresson, prédécesseure de Jean-Marc Ayrault à Matignon de 1991 à 1992, également socialiste, s'était laissée aller à des propos qui auraient pu passer pour homophobes dans la bouche d'une personne qui n'aurait pas été "de gauche" : "l'hétérosexualité, c'est mieux", et évoquant une homosexualité latente dans les cultures d'Outre-Manche et d'Outre-Rhin; mais elle est socialiste, donc elle ne pèche pas contre les prétendues valeurs républicaines; c'est de l'homophobie licite; celle attribuée à Elisabeth Hubert était illicite : elle n'était pas "de gauche";

(4) cette recommandation ne fut pas appliquée; elle n'avait rien de contraignant ni d'abusif compte tenu de l'orientation de la plupart des auteurs de manuels scolaires; elle était insupportable à une partie de la clientèle du Parti socialiste, instrumentalisée pour l'occasion : personnes d'origine africaine et antillaise, petits-fils ou arrière petits-fils de fellaghas etc...; le rejet de cette recommandation à l'origine de laquelle se trouvait d'ailleurs un Français d'origine nord-africaine, la campagne qui a été menée par le P.S. et ses protégés était d'autant plus outrancière et indécente qu'il existe des lois criminalisant la mise en question de ce qu'il est convenu d'appeler la Shoah, dans sa version klarsfeldienne, et que ce sont la plupart du temps les mêmes qui ont voté cette loi (loi Fabius-Rocard-Gayssot du 13 juillet 1990), perçoivent les dommages-intérêts résultant de la répression qu'elle engendre, et qui ont exigé et obtenu l'abrogation de la loi recommandant la prise en compte des aspects positifs de la colonisation;

(5) et en plus, ça amène de nouveaux électeurs au Parti socialiste.

samedi 5 mai 2012

L'enjeu du scrutin du dimanche 6 mai : cumul ou non cumul ?

Selon la loi, la campagne électorale pour le scrutin qui se tient le dimanche suivant cesse le vendredi précédent à minuit. Ce samedi 5 mai 2012, au journal de France 24 (chaine satellite), la présentatrice rappelait que c'était "silence radio" (sic) pour les deux candidats au second tour de l' élection du président de la république.

Pour eux peut être, mais assurément pas pour les partisans de François Hollande dans les médiats.

Samedi matin, 5 mai, journal de la rédaction de France Culture (radio d'Etat) : le présentateur annonce l'ouverture de bureaux de vote dans certains territoires étrangers ou d'outre-mer en rappelant qu'au premier tour les électeurs inscrits dans ces bureaux de vote avaient "plébiscité" (sic) François Hollande; si on n'éteint pas la radio tout de suite, on apprend que l'abstention avait été particulièrement importante, sinon massive, dans ces bureaux de vote et que les électeurs de l'étranger avaient placé en tête au premier tour soit Nicolas Sarközy, soit François Hollande. Où est donc le plébiscite de ce dernier ? Au sein de la rédaction de France Culture assurément !

Sur France Musique, (radio d'Etat) on a recours à un langage plus codé : un annonceur rappelle aux auditeurs que nonobstant la cessation de la campagne électorale, il faut savoir que la musique de jazz est liée ... aux valeurs humanistes et républicaines.

Samedi 5 mai, en milieu de journée, journal de la rédaction de France Culture, on y va encore plus fort que le matin; on en rajoute une louche : la radio enculturelle choisit de se pencher dans son court journal sur le cas d'un résident illégal, un Camerounais d'âge incertain (le passeur qui l'a fait entrer illégalement en France d'Europe lui aurait volé ses papiers -pour qu'ils servent à d'autres ?-) mais qui aurait entre 17 ans et demi et 20 ans. Qu'est-ce que ça a à voir avec la campagne électorale pour le second tour de l'élection présidentielle ? Ceci : ça permet de parler des camps de rétention où séjournent les résidents illégaux en instance d'expulsion ou de reconduite à la frontière. Et la question des camps de rétention a été évoquée au cours de la campagne électorale. Dans le cas de ce Camerounais, on apprend que l'ambassade de son pays en France d'Europe lui a fourni de nouveaux papiers (sur quelle base ?) lui permettant d'être reconnu comme mineur et ainsi d'échapper au placement en centre de rétention. La rédaction de France Culture a pris la peine (c'est dire l'importance qu'elle attache à cette affaire et combien elle la tient pour emblématique) de s'adresser à la préfecture de l'Essonne pour s'enquérir du cas du héros qu'elle vient d'adopter, et il est précisé à l'auditeur que ladite préfecture n'a pas souhaité répondre aux questions de la rédaction de France Culture. Comme il faut en finir et bien se faire comprendre, France Culture avertit : d'ici 5 jours, ce Camerounais pourrait être ... expulsé après avoir transité par un centre de rétention. Autrement dit : votez François Hollande pour avoir une chance de le garder sur le territoire de la France d'Europe.

En dehors de toute considération liée aux programmes politiques des candidats, l'enjeu du scrutin du 6 mai 2012 est le suivant :

Voter François Hollande le 6 mai 2012, ce serait permettre à la même nébuleuse politique de cumuler tous les pouvoirs : le pouvoir d'Etat au niveau central (qui lui échappe depuis une décennie), le pouvoir médiatique, le pouvoir culturel, l'hégémonie dans l'Education etc.... Mener une opposition à François Hollande serait très difficile puisque la majorité des médiats et du monde culturel, des "autorités morales", l'ont déjà plébiscité. Ces milieux, ces prétendues autorités ne permettront que des contestations de détail, ciblées, et rendront inaudibles, et illégitimes, les autres oppositions. Pour longtemps. François Hollande serait au bénéfice d'un état de grâce durable qui serait refusé de toute façon à son concurrent.

Voter Nicolas Sarközy le 6 mai 2012, c'est permettre le maintien d'une certaine séparation des pouvoirs : le pouvoir d'Etat au niveau central, gouvernemental, continuera à échapper à ceux qui détiennent déjà l'hégémonie dans l'Université, l'Education (je le sais, j'en viens), une partie de la magistrature, les médiats (y compris les médiats publics, d'Etat), le monde culturel, les autorités morales auto-proclamées C'est empêcher l'accaparement de tous les pouvoirs par le même camp politique et idéologique. Ce camp nous a administré la preuve que la contestation de la politique de Nicolas Sarközy, même excessive et systématique, et possible. Il l'interdirait à l'encontre de François Hollande.

Non à François Hollande !