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mardi 17 février 2015

Lutte contre l'antisémitisme : attention danger !

Au cours du mandat présidentiel 2007-2012 de Nicolas Sarközy, ses opposants de gauche, quelques-uns de ses faux amis politiques, les juges rouges (Syndicat de la Magistrature en tête), les mass merdias (Arte Journal, Libération, Le Monde etc....) lui reprochaient de répondre par de nouvelles lois répressives, voire à leurs yeux liberticides, à la survenance de crimes et de délits.

Des évènements récents, souvent tragiques, apparemment répétitifs et visant des communautés juives constituent comme une "divine surprise" pour les milieux saisis par des démangeaisons de censure au nom de la lutte contre l'antisémitisme. Ces milieux sont nombreux et influents dans les salles de rédaction, et pas seulement celles d'Arte Journal et de Télérama.

L'émotion soulevée par la profanation d'une nécropole en Alsace, venant après les tueries de Copenhague, de l'Est parisien va clairement être instrumentalisée pour faire passer de nouvelles limitations aux libertés d'opinion, d'expression et de recherche historique. En 1990, il avait fallu la profanation, jamais vraiment élucidée de façon convaincante, du cimetière de Carpentras en mai, pour faire passer à force d'intimidation, l'ahurissante loi Gayssot du 13 juillet . Et encore, cette loi était controversée au sein des communautés juives. Annie Kriegel avait mis en garde dès avril 1990 contre une "insupportable police juive de la pensée" qu'annonçait l'avant-projet de loi.

Le rabbin Moshe Lewin, très répandu ces jours-ci sur les plateaux, a pu accrocher la Hongrie au tableau de déshonneur de la non-lutte contre l'antisémitisme, sans que personne ne lui rappelle certaines spécificités historiques des communautés juives du pays de Kun Bela, et de Rakosi (alias de Roth) développées dans "Quand Israël était roi" des frères Tharaud. Il ne s'agit pas de justifier, mais d'expliquer : au cours des 95 dernières années, trop de Juifs se sont trouvés du côté des oppresseurs du peuple magyar. Non pas en tant que Juifs, mais en tant qu'adeptes du marxisme-léninisme. Enoncer ce fait historique devrait être aussi banal que celui de rappeler les compromissions de certains prélats catholiques romains avec les régimes autoritaires, voire dictatoriaux, de la péninsule ibérique et de l'Amérique Latine. Ils ne l'ont pas fait en tant que Chrétiens, même s'ils ont cru devoir le faire en tant que catholiques. Comme de trop nombreux Juifs se sont compromis avec les héritiers de Lénine en qui ils voyaient des agents d'émancipation. Un discrédit durable, souvent injuste, en est retombé sur les communautés juives. Moshe Lewin ne comprend pas qu'il le ravive en sommant le gouvernement hongrois de rentrer dans le rang en faisant chorus avec le régime national-hollandiste, le gouvernement Merkel etc...

Le Premier ministre d'Israël ne peut pas inviter les Juifs d'Europe à venir s'installer en Israël sans déclencher des polémiques, mais un Grand Rabbin élu de France (*) peut exhorter ses fidèles à être des "ambassadeurs d'Israël" sans être rappelé à l'ordre ou du moins invité fermement à la prudence et à la retenue dans ses propos. C'est bien joli de souhaiter que chaque Juif en France soit un ambassadeur d'Israël, mais après cette provocation en direction des ennemis d'Israël qui vivent aussi en France, on n'est pas fondé à reprocher aux Européens et aux Français d'Europe non juifs de ne pas être capables de protéger leurs concitoyens juifs. C'est un discours de pompier pyromane. Est-ce à nous de payer la facture en termes de battement de coulpes, de repentances, d'excuses, de restrictions des libertés concrètes (au nom des droidloms théoriques et abstraits), de mise en place d'une police encore plus zélote du Net, de la Pensée ?

On s'en prend à Roland Dumas pour avoir simplement paru acquiescer à une formulation provocatrice et simplificatrice de sa pensée concernant les influences s'exerçant sur le Premier ministre, et on a laissé un Grand Rabbin de France dire que tout Juif devrait être un ambassadeur d'Israël. Pauvre Roland Dumas dont le député U.D.I. Meyer Habib demande l'interdiction de facto sur les plateaux de télévision tout en réclamant d'y être plus souvent invité. Cherchez l'erreur...

Ni l'antisémitisme, ni la prétendue islamophobie ne sont les phénomènes les plus réels et les plus graves en Europe et dans ce qu'il est convenu d'appeler la république française aujourd'hui. Il faut plaindre plutôt les populations qui ne sont pas susceptibles de pouvoir se dire victimes de l'un ou de l'autre : les Goïms non musulmans. Ils sont implicitement placés sous surveillance.

L'académicien Alain Finkielkraut était le mardi 17 février MMXV l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur la chaîne d'info continue BFM TV. Il y a distillé lucidité et aveuglement. Lucidité lorsqu'il a estimé que ses petits-enfants et arrière petits-enfants n'auraient d'autre choix que d'émigrer en Israël si les flux migratoires intercontinentaux sud-nord vers l'Europe continuaient. Aveuglement lorsqu'il a nié l'existence d'une religion de la Shoah, tout en concédant qu'il puisse y avoir des abus du "devoir de Mémoire". Finkielkraut estime que la Shoah, ce ne sont pas des croyances, mais des faits, et que dans une société viable, il faut qu'il y ait consensus sur les faits.

Non, Monsieur l'Académicien, il n'y a pas consensus sur tous les faits relatifs aux persécutions de Juifs d'Europe pendant la première moitié des années 1940. Sur les politiques menées par le Reich et ses alliés. Sur les intentions. Sur le bilan quantitatif de ces tragédies. Îl y a interdiction légale de permettre l'émergence d'opinions dissidentes, c'est tout. Par des lois qui sont des lois anti-blasphème de l'aveu même de l'avocat activiste Arno Klarsfeld selon lequel on pourra abolir ces lois, la loi française du 13 juillet 1990 en tout cas, après la mort du dernier descendant à la première génération des déportés juifs de France. Oui, il y a bien une religion de la Shoah, un shoacentrisme qui rend fou. Qui a relevé que la relation de la "libération" du camp d'Auschwitz en janvier 1945 par l'Armée Rouge, dans La Pravda, faisait de la mort par projection des victimes sur des barbelés électriques un mode d'exécution de masse ? Certes, La Pravda n'a jamais été réputée pour sa fiabilité. Mais ça devrait amener le public à s'interroger.

Le régime national-hollandiste pourra compter sur l'appui de salauds utiles, à qui l'on donnerait le bon dieu dans confession, dans son entreprise d'apaisement des communautés juives par le moyen d'une nouvelle limitation des libertés d'opinion (des opinions seront nommées crimes et délits), d'expression (l'expression du doute, de l'incroyance sera assimilée à une négation, et celle-ci à un discours de haine antisémite) et de recherche historique (que ma Shoah demeure, telle que fantasmée par Elie Wiesel, imposée par les Klarsfeld). Le député-maire UMP de Coulommiers, Franck Riester, un médiatique quadragénaire ayant bonne presse depuis qu'il a voté en faveur de la loi sur "le mariage pour tous" a déposé un projet de loi alourdissant les peines (amendes astronomiques, emprisonnemment) attachées à l'expression publique de l'incroyance en la version officielle des crimes contre l'humanité que les vainqueurs de la seconde guerre mondiale ont attribués aux vaincus.

Les projets du régime national-hollandiste vont encore amoindrir les libertés fondamentales....au nom des "droits de l'Homme", de la lutte contre l'antisémitisme et l'islamophobie (et les autres, les Goyim non musulmans ?), vont entretenir au contraire la judéophobie par les exceptions qu'ils créent.

En 2005, une "police juive de la pensée" (Annie Kriegel) ne sera pas plus supportable qu'en 1990, et sera encore davantage contre-productive : les libertés concrètes seront amoindries au nom de l'abstraction droit-de-l'-hommiste. Et l'antisémitisme ne sera pas désarmé pour autant, mais au contraire renforcé.


Nous seront tous perdants.

N O T E S

(*) Rien ne justifie les violences antisémites, mais elles peuvent s'expliquer par certains propos
et certaines attitudes qui ne sont jamais relevés. Comment l'ancien Grand Rabbin de France
Joseph Sitruk pouvait-il ignorer qu'en exhortant les Juifs de France à être des "ambassadeurs
d'Israël" (sic), il les désignait comme des cibles ? Les adversaires et les ennemis de l'Etat
d'Israël ont pu prendre pour un constat ce qui n'était qu'une exhortation : chaque Juif peut être un
ambassadeur d'Israël. Et quand on a des griefs contre un Etat, on s'en prend à ses représentants
quand on ne se contente pas de venir manifester devant son ambassade. Ces propos de Joseph Sitruk étaient d'autant plus irresponsables que le Grand Rabbin de France est un élu. C'est donc
un représentant élu, donc supposé représentatif qui exhortait son public à être les ambassadeurs
d'un Etat, dont le comportement, la politique, sont, à tort et/ou à raison, très controversés de par
le vaste monde.

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mardi 14 octobre 2014

Lettre ouverte à Chantal Barthélémy-Ruiz (PS)

Madame Chantal Barthélémy-Ruiz est conseillère municipale P.S. de Colombes (92700) et était jusqu'en juin 2017 suppléante du député P.S. des Hauts-de-Seine Sébastien Pietrasanta; elle aurait été appelée à siéger à l'Assemblée Nationale si, à la faveur d'un remaniement ministériel, si Sébastien Pietrasanta, rapporteur d'un récent projet de loi sur la lutte contre le terrorisme, était entré au gouvernement.

Jusqu'en mars 2014, Chantal Barthélémy-Ruiz était adjointe au maire de Colombes, la municipalité étant administrée depuis 2008 par une majorité de gauche dirigée par Philippe Sarre, actuel patron du PS pour les Hauts-de-Seine. En mars 2014, cette équipe n'a pas été reconduite. Une nouvelle municipalité, dirigée par Nicole Goueta (UMP), vice-présidente du Conseil Général des Hauts-de-Seine, et ancienne maire de Colombes de 2001 à 2008 a succédé à la municipalité dirigée par Philippe Sarre. De son côté, Sébastien Pietrasanta (PS) a perdu son siège de maire d'Asnières-sur-Seine.

Chantal Barthélémy-Ruiz, au nom du groupe socialiste au conseil municipal de Colombes, a adressé une lettre ouverte à la nouvelle maire Nicole Goueta pour l'interpeller sur la renonciation de la nouvelle équipe à renouveler les commémorations de la répression des manifestations et émeutes suscitées en octobre 1961 par le FLN algérien sur le territoire de la France d'Europe. La municipalité à direction PS de Philippe Sarre avait en effet institué des commémorations annuelles de ces évènements, dont Colombes fut un des théâtres, de la répression conduite par le Préfet de Police Maurice Papon. En 2012, ces commémorations municipales ont notamment bénéficié de la participation de ministricules du gouvernement algérien. Dans sa missive, Chantal Barthélémy-Ruiz, évoque la présence en 2014 de 9000 citoyens bi-nationaux franco-algériens à Colombes (porteurs de la carte d'El Ekteur...), et celle de conseillers municipaux d'origine algérienne au sein de la majorité municipale de Nicole Goueta. Chantal Barthélémy-Ruiz somme Nicole Goueta de s'exprimer sur ces évènements, sur l'absence de commémorations municipale officielles et la met en garde contre le "négationnisme"(sic) en matière de répression des menées du FLN algérien en France d'Europe en octobre 1961.

Le texte de la missive de Chantal Barthélémy-Ruiz est consultable sur la page Facebook de Colombes Pour Tous.


Je ne suis plus résident de Colombes, mais je l'ai été, notamment à l'époque où se sont déroulés ces évènements. J'ai reçu comme une expression de mépris les commémorations à Colombes en présence de représentants de la dictature de Bouteflika. La référence aux 9000 Colombiens de souche algérienne qui auraient droit à la commémoration officielle d'un des épisodes de la lutte de libération nationale du peuple algérien, m'est apparue négatrice et communautariste. Négatrice de la guerre civile algéro-algérienne alors en cours en France d'Europe. Négatrice du terrorisme FLN. Négatrice de l'insécurité dans laquelle vivaient la population non algérienne de France d'Europe, dans sa diversité relative, notamment à Colombes et à cette époque.

Je me suis permis d'adresser à mon tour une "lettre ouverte" à Chantal Barthélémy-Ruiz, d'abord sur la page Facebook de Colombes Pour Tous. On en trouvera ci-après le texte :




 
Chère Chantal,
 
Je ne suis pas le destinataire de cette lettre, mais comme vous avez choisi de la laisser ouverte, permettez-moi de vous adresser, à vous et au groupe qui vous a mandaté, plusieurs observations.

Assimiler les manifestants et émeutiers du FLN d'octobre 1961 à un groupe de "manifestants pacifiques" relève d'un révisionnisme de très mauvais aloi. Les Stora et les Mandelkern ont leurs raisons d'être complaisants avec certains groupes de populations. Il est permis de ne pas les partager.

En octobre 1961, il y a eu un acte de guerre du FLN sur le territoire de la France d'Europe, pour prendre la mesure de son influence auprès de la communauté algérienne, la renforcer, s'imposer face à son rival MNA sur le déclin mais conservant localement en France d'Europe une certaine audience, et au gouvernement français.
  
J'habitais Colombes à cette époque, dans ce qui est maintenant le quartier Agent Sarre. Le FLN à Colombes, on avait connu : assassinat d'un notable algérien musulman qui venait de saluer le président Coty à la sortie du Stade de Colombes, par un jeune fellagha commandité par le FLN en 1957, assassinat du gardien de la paix Robert Dufour en avril 1959 (je me souviens, arrivant de la rue Victor Hugo, davoir vu le terre-plein central de l'espace au nord de la gare de Colombes noir de monde au moment de l'arrestation de l'assassin, et devoir le contourner). Sans compter les réglements de comptes entre FLN et MNA dans les banlieues, le racket FLN sur les commerces et cafés.
 
A cette époque, Le Parisien Libéré n'hésitait pas à titrer : ["passe moi ta caisse ou je t'abats comme un chien", lance le client FLN à l'épicière MNA]. Pour aller des 4 Routes (Asnières, Colombes, Bois-Colombes) vers la Porte de Champerret en bus, on évitait le 140, utilisé par une nombreuse clientèle nord-africaine susceptible de répondre à des mots d'ordre du FLN, et on lui préférait le 165. On avait l'impression de vivre dans une certaine mesure en "territoire occupé". A Nanterre, c'était peut-être pire encore.
 
Je n'étais pas en âge de voter, mais je comprenais l'adhésion massive de l'électorat aux politiques de décolonisation comme une aspiration à se libérer de cette présence massive de populations acquise à la sécession des départements algériens dont elles-mêmes ou leurs parents étaient originaires. Option qui ne me posait aucun problème. Raymond Cartier (Paris-Match, Radio Luxembourg) nous présentait cette décolonisation comme la libération d'un fardeau matériel, humain et sécuritaire, tandis que le Doyen Georges Vedel expliquait à ses étudiants que le maintien de l'Algérie dans la République impliquerait la présence de 120 à 150 députés arabo-musulmans au Palais Bourbon pour satisfaire au principe "one man, one vote". En disant "oui" à cette décolonisation, on disait "non" à cette perspective cauchemardesque. Un conseiller municipal de Paris proposait d'envoyer vers l'Algérie par rafiots les émeutiers arrêtés (Lampedusa à l'envers).
 
Le FLN s'est servi des Algériens présents en France d'Europe et en a envoyé certains au casse-pipe. Ca ne m'a pas fait, ni ne me fait particulièrement de peine : si j'avais eu dix ans de plus j'aurais été soldat en Algérie où j'aurais pu être tué ou estropié par les combattants du FLN. La répression des agissements de cette organisation en octobre 1961 m'a rassuré, et j'ai ressenti du soulagement lorsque l'Algérie est devenue indépendante. Et je n'ai pas changé d'avis depuis lors.
  
En 1971, Dominique Frélaut a dû se séparer dès le début de son second mandat d'une adjointe PSU notamment habitée par des fantasmes nés de ces évènements : elle voyait encore des chaussures flotter sur la Seine. Les commémorations colombiennes de ces évènements, à l'initiative de l'équipe de Monsieur Sarre (imagine-t-on les Le Savouroux, camarades de parti de Robert Lacoste et de Max Lejeune, commettre un tel geste, insultant pour les Colombiens de l'époque et leurs descendants ?), en présence de sous-ministres de la dictature de Bouteflika, issue du FLN, dont j'ai appris la tenue lors d'un retour à Colombes il y a deux ans, ont été une agression contre la Mémoire que je partage avec d'autres, une expression de mépris.
  
Le seule commémoration acceptable de ces évènements doit être limitée aux locaux du Consulat algérien dont relève le territoire de la commune. La municipalité n'a pas à y participer. Ce serait nous cracher au visage.Les manifestations de Nord-Africains initiées par le FLN étaient une provocation qui a reçu la réponse qu'elle appelait. Il n'y a pas lieu à repentance ni à réparations, sinon pour ces dernières auprès des responsables FLN de la France d'Europe (la Wilaya 4 ?) qui a instrumentalisé les manifestants et émeutiers. S'abstenir de cette provocation n'aurait ni empêché ni retardé l'accession de l'Algérie à l'indépendance l'année d'après. Le FLN voulait compter ses troupes et que ça saigne. Il a été hélas été servi.
 
Recevez, chère Chantal, l'expression de mes meilleurs sentiments.  
Jean-Marie Lallau (jean-marie.lallau@laposte.net)

jeudi 28 février 2013

Stéphane Hessel : indigné ou "indigne" ?

Stéphane Hessel, d'environ six mois le cadet de John F. Kennedy , vient de mourir tranquillement, le 27 février 2013, près de 50 ans après son illustre contemporain (1). L'image de Kennedy restera celle d'un jeune adulte, celle de Stéphane Hessel d'un très vieux monsieur.

On n'a pas l'intention ici et maintenant d'émettre un jugement sur des actions, des publications ou des déclarations de Stéphane Hessel. Le propos est de relever les privilèges dont bénéficiait ce monsieur. Si je portais un chapeau, je le lui tirerais pour avoir tenu les propos ci-après sans ..... indigner quiconque :

"Aujourd'hui nous pouvons constater ceci : la souplesse de la politique d'occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d'ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d'écouter Juliette Gréco. Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j'affirme ceci : l'occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l'occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement INOFFENSIVE, abstraction faite d'éléments d'exception (2) comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d'oeuvres d'art. Tout cela était terrible. Mais il s'agissait d'une politique d'occupation qui voulait agir POSITIVEMENT et de ce fait nous rendait à nous, résistants, le travail si difficile."

Stephane Hessel (entretien accordé à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, 21 janvier 2011).


Mis en musique, ça pourrait ressembler à un Steff Hessel Lied (3).


Pauvre Stéphane : ces salauds de nazis lui rendaient, ainsi qu'à ses camarades, la tâche difficile en se montrant.....  INOFFENSIFS. Comme je le plains ! J'en suis...indigné et les larmes me montent aux yeux. Euh, à propos, la LICRA, le MRAP, les assoces de Klarsfeld  et Cie, la FNDIRP (4) n'avaient-ils pas l'adresse de Stéphane ? On en connaît d'autres (5) qui ont été condamnés lourdement, notamment à des amendes pharamineuses et à des dommages-intérêts pour financer les associations citées dans la phrase précédente, pour avoir dit à peine le quart de ce qu'a dit Hessel.




N O T E S

(1) John Fitzgerald Kennedy (°1917 Boston - °1963 Dallas) et Stéphane Hessel (°1917 Berlin - °2013 Paris) sont tous deux nés en 1917;

(2) Pour Hessel, les actes cités ne sont pas représentatifs, c'est pourquoi il parle d'"éléments d'exception", de l'occupation allemande en France entre 1940 et 1944; et pourtant, il en aurait été victime, soumis à la torture; interrogé un jour et ailleurs sur sa possible rancune à la suite de cette expérience, il a répondu qu'il ne gardait aucune rancune à ses tortionnaires parce que ces derniers avaient cru faire leur devoir et parce que, placé dans les mêmes circonstances, il aurait pu agir comme eux; dont acte;

(3) allusion au chant du mouvement des jeunesses nationales-socialistes (HitlerJugend) : Horst Wessel Lied; Horst Wessel (1907-1930), membre du mouvement a été assassiné par un communiste avant l'accession de Hitler à la Chancellerie;

(4) les officines citées sont spécialisées dans le racket des personnes poursuivies et condamnées pour de prétendues infractions : négation de crimes contre l'humanité (il suffit de dire publiquement qu'on ne croit pas à la version officielle des circonstances dans lesquelles ces crimes auraient été commis, du mode opératoire des crimes, de l'arme du crime etc...); apologie des mêmes crimes (il suffit d'en relativiser la gravité, le nombre réel des victimes, de les expliquer dans le contexte, d'attribuer les mêmes méfaits aux accusateurs, aux vainqueurs), incitation à la haine et à la discrimination (il suffit pour cela de critiquer un groupe de personnes identifiables par leur origine ethnique, leurs croyances religieuses etc..., d'exposer les problèmes que pose, que peut poser la cohabitation avec ces mêmes personnes); on peut très vite et sans s'y attendre, être poursuivi au titre de ces chefs d'accusation dont l'énoncé paraît énorme, et qu'on croit réservé à d'autres; mieux vaut le savoir à l'avance;

(5) c'est notamment le cas de Jean-Marie Le Pen, lourdement condamné et ostracisé pour avoir, en 1987, déclaré que la question de l'utilisation de chambres à gaz à des fins homicides pendant la Seconde Guerre Mondiale était un "point de détail" de l'histoire de cette guerre; puis pour avoir dit en 2005 que compte tenu de l'étendue du pays, du contexte général, l'occupation allemande en France entre 1940 et 1944 n'avait pas été "particulièrement inhumaine"; Stéphane Hessel peut dire à peu près la même chose sans être inquité. Il y a donc des poids et des mesures différents.