jeudi 18 février 2021
Ephéméride du vendredi 18 février 1966
dimanche 30 août 2020
Y'en a ma d'ine cétaine negwitude
Janvier 1961, suite à l'exécution du sinistre Patrice Lumumba (premier Premier ministre, déchu, du Congo-Kinshasa), l'ambassade de Belgique au Caire (République Arabe Unie, président : le colonel Nasser) est saccagée par des émeutiers.
La veuve de Lumumba visite les locaux de l'ambassade parmi les débris, en compagnie de sa marmaille.
Relatant l'événement, l'hebdomadaire Paris-Match, publie la photo de la visite, la veuve Lumumba étant vêtue....a minima (un truc blanc sur l'épaule, une sorte de pagne blanc lui tenant lieu de robe), à l'africaine, avec le commentaire : "déambulant parmi les débris de l'ambassade de Belgique mise à sac, Madame Lumumba redevient africaine et sauvage".
Ca, c'était du journalisme, en un temps où la liberté d'expression était plus large.
Comparer avec l'hystérie autour de l''offense" (il n'y a que la vérité qui blesse.....) faite à Miss Obono (photo ci-dessous, députée de Paris, d'origine gabonaise, du groupe La France Insoumise)
En 1961, on pouvait écrire que la veuve Lumumba redevenait africaine (par son costume) et sauvage (en s'associant à des émeutiers) en visitant les locaux dévastés de l'ambassade de Belgique. Sans que quiconque en fasse caca toute une pendule "antiraciste". "Raciste", moi ? Non, simplement je ne suis pas atteint du sida mental
samedi 11 février 2012
Fanatisme prétendument "antiraciste" contre Liberté d'expression : 0 - 1
Lecteur de Tintin au Congo, je ne m'étais jamais aperçu d'un quelconque "racisme" dans cet album qui était publié en swahili dans différents pays africains depuis des décennies sans que personne ne s'en émeuve. Peut-être cet album, parmi les premiers de l'auteur, était-il un peu plus "naïf" que d'autres qui ont suivi. Des amis congolais m'ont en outre dit que les illustrations ne donnaient pas une image exacte des paysages congolais. Soit.
Non seulement je n'avais pas perçu de "racisme" dans cet album ni dans l'oeuvre de Hergé en général, mais cette accusation me rappelle qu'au contraire la tendance de Tintin à se comporter en défenseur, sinon de "la veuve et de l'orphelin", du moins de quelques indigènes des pays dans lesquels se déroulait l'action (Le Lotus Bleu, Le Temple du Soleil,) m'avait étonné (j'aurais préféré qu'il se pose en protecteur de quelqu'un auquel je puisse plus directement m'identifier).
Il aurait suffi que Tintin fasse pour Coco (son boy dans Tintin au Congo) ce qu'il fait dans d'autres albums pour Zorrino ou pour Tchang, mais l'intrigue s'y prêtait moins bien. Le premier "méchant" qu'on trouve dans cet album est un Blanc (la passager clandestin du bateau qui amène Tintin au Congo).
Je comprends que certains aspects de la colonisation de son pays, du Congrès de Berlin à 1960, puissent inspirer du ressentiment à M. Bienvenu Mbutu Mondondo mais ce ressentiment n'a pas à s'exercer contre cet album, contre l'oeuvre de Hergé en général. L'appétit de censure, Bienvenu Mbutu Mondondo, serait bien avisé de le laisser à des gens comme Edwy Plenel, ancien du journal Le Monde, encore récemment chroniqueur à France Enculture "Ligne de Fuite", qui n'appellait à rien moins qu'à la mise à l'index d'un essai d'un auteur qui exprimait ses impressions de voyageur du RER dans des termes inacceptables pour le fils de l'ancien vice-recteur des Antilles, ponte de Mediapart, le médiat qui "balance".
Qui aurait pu imaginer que quatre-vingts ans après la parution de Tintin au Congo, un Congolais prétendrait imposer par voie judiciaire au public de son pays d'accueil la notion de ce qu'il devrait avoir le droit de lire, ou non, et à quelles conditions ? Il s'agit d'un rapport de forces et d'intimidation à prétention morale. Je n'en veux pas ! Honni soit qui mal y pense.
La procédure n'est pas terminée : Maître Ahmed L'Hedim, avocat de Bienvenu Mbutu Mondondo va faire appel de ce jugement. A suivre.
dimanche 15 janvier 2012
Maltraitance de prisonniers de guerre
(Source : les mass-media, janvier 2012)
C'est moche. Mais on a vu pire, bien pire.
Dans l'immédiat après-2nde guerre mondiale, en France ou en Belgique,
des gens ont libéré leur haine en urinant depuis des ponts, sur des convois
de prisonniers de guerre allemands, transportés sur des péniches,
donc des hommes vivants, vaincus, sans défense, à humilier sans
prendre de risques (*).
L'un de ces prisonniers l'a relaté dans une émission de France 3 déjà
ancienne, diffusée à une heure très tardive. C'est au cours de cette
émission que la fausse autorité morale Raymond Aubrac, interpellé sur
son recours illégal et meurtrier à des prisonniers de guerre allemands
pour des opérations de déminage dans les Bouches du Rhône, a eu ce
trait qui le disqualifie forever : "oui, bon, mais ces conventions
(sur les prisonniers de guerre), vous comprenez, il fallait les
interpréter".
Interrogé sur le point de savoir s'il éprouvait de la
haine, Raymond Aubrac a répondu que non, mais que, peut-être, il ne
cherchait pas bien.
Salopard !
Et ce sont des gens comme ça qu'on invite dans les écoles, à rencontrer des jeunes élèves, dont on donne le nom plus tard à des établissements d'enseignement !
(*) Les talibans sur les restes desquels on a uriné étaient morts et on n'est
pas taliban sans être volontaire, alors que les prisonniers de guerre
victimes de la "libération" de la haine en 1944 ou 1945 étaient des
conscrits, des appelés, des gens amenés à porter tel uniforme parce
qu'ils appartenaient à une classe d'âge et étaient ressortissants d'un
pays en guerre. Le geste des libertadors de 1944 ou 1945 envers eux
est incomparablement plus grave que celui de ces US Marines.
jeudi 2 juin 2011
La reddition de Breda (5 juin 1625) : l'Histoire et l'image
Velazquez a reçu commande du tableau en 1634 et l’a achevé en 1635, soit dix ans après l’évènement qu’il illustre. Âgé de 35 ans, Velazquez est déjà une peintre célèbre. Il n’a pas assisté à la reddition de Breda, ne s’y est jamais rendu, mais a rencontré un des acteurs principaux de l’évènement, Ambroise Spinola, représenté sur le tableau : ils ont même effectué ensemble la traversée de la Méditerrannée occidentale entre Barcelone et Gênes en 1629 lors d’un voyage de Velazquez en Italie.
LE SIEGE ET LA REDDITION DE BREDA : LE CONTEXTE HISTORIQUE
La reddition de Breda est un épisode du conflit généralement désigné en Belgique et aux Pays-Bas sous le nom de Guerre de Quatre-Vingt Ans (1566 ou 1568-1648), qui oppose des provinces qui se désignent à partir de 1581 sous le nom de Provinces-Unies, gagnées largement à la Réforme calviniste d’une part (en gros l’actuel Royaume des Pays-Bas), et des provinces situées au sud des premières (en gros l’actuel Royaume de Belgique agrandi d’une partie du nord de la France, mais diminué du pays de Liège), administrées depuis Bruxelles par un gouverneur pour le compte du roi Habsbourg d’Espagne, d’autre part. Les provinces du Nord se sont unies en 1579 par l’Union d’Utrecht à l’instigation de nobles locaux (on dit "naturels") dont Guillaume d’Orange, dit Guillaume le Taciturne ; elles ont pris le nom de Provinces-Unies deux ans plus tard (Acte de La Haye, 25 juillet 1581), et se sont ainsi séparées des autres provinces qui ont maintenu leur allégeance envers la couronne d’Espagne et leur adhésion à la foi catholique romaine (Union d’Arras, 1579). Les causes de cette séparation sont complexes et multiples (religieuses, fiscales, commerciales, relatives à la culture politique : les nobles locaux restent attachés au modèle d’origine féodale de l’héritage bourguignon, tandis qu’à partir de Philippe II la couronne d’Espagne évolue vers la monarchie absolue et une forme d’Etat-nation). Le Sud ne reconnaît pas la sécession du Nord qui ne sera entérinée qu’en 1648 par l’un des Traités de Westphalie.
Breda est une ville du nord du Brabant historique, actuellement située dans le Royaume des Pays-Bas.
Les troupes des Provinces-Unies y tiennent garnison dans ce premier quart du 17e siècle.. Le gouverneur de la ville est, depuis 1601, Justin de Nassau, fils illégitime de Guillaume d’Orange, dit le Taciturne. On attribue à cette place de Breda une grande importance stratégique.
Depuis 1602, le roi d’Espagne a à son service un aristocrate gênois, Ambroise Spinola, qui a le double mérite de faire partiellement la guerre à ses frais, et de maîtriser la technique des sièges de places fortes. En août 1624, Ambroise Spinola décide d’entreprendre le siège de Breda, défendue par Justin de Nassau.
Ce dernier compte sur l’intervention d’alliés et de ses demi-frères pour dégager Breda. Ces secours ne lui étant pas apportés, Justin entreprend de négocier la capitulation de la place de Breda. Le 2 juin 1625, l’accord se fait sur les termes de la reddition : Justin sera autorisé à quitter la ville le 5 avec ses officiers et les survivants de la garnison et à se retirer librement avec eux vers le nord "selon les coutumes de la guerre, [...] drapeaux déployés, au son des tambours". Ambroise Spinola garantit en outre que les habitants de Breda seront traités avec clémence et que toute violence, tout pillage à leur encontre sont interdits sur son commandement, engagement qui sera tenu.
Le récit d’un témoin oculaire :
Un contemporain anglais, Gerrat Barry, qui a assisté à la scène, la décrit ainsi : " Spinola, accompagné par un groupe important de nobles et d’officiers [...] salua courtoisement tous les capitaines à leur arrivée et d’abord le gouverneur Nassau, vénérable par ses cheveux gris, sa femme et ses enfants, le fils d’Emmanuel de Portugal et les deux bâtards du prince Maurits (2). Ceux-ci, sans perdre leur contenance, [...] le saluèrent en inclinant modestement leurs bannières. On n’entendit de part et d’autre aucun cri ignominieux, nulle provocation, et tous sourirent en conservant une expression aimable" (3)
Et voici l’interprétation d’un poète, l’année même de la reddition de Breda :
Le dramaturge castillan (d’origine partiellement wallonne) Pedro Calderon de la Barca a écrit dès 1625 une pièce, intitulée El sitio de Breda, qui fut jouée dans les théâtres de Madrid, et dans laquelle il prête à Spinola, s’adressant à Justin, les propos suivants :
Justino, yo las recibo
Y conozco que valiente
Sois. Y el valor del vencido
Hace famoso al que vence.
Autrement dit :
Justin, je les (les = les clés) reçois
Et je reconnais que vaillant
Vous êtes. Et la valeur du vaincu
Rend célèbre celui qui vainc.
Après le mémorialiste et témoin oculaire (Gerrat Barry), puis le poète (Calderon de la Barca), voici comment, dix ans après l’évènement, Velazquez en rend compte :
http://www.safran-arts.com/42day/art/art4aug/velasqez/breda.html
Sur la gauche du tableau, les "Hollandais" ; à droite, les "Espagnols" et les "Bourguignons" (4).
On examinera ci-après le tableau, par "détails" et tout d’abord, au centre, entre les deux groupes, les commandants respectifs, acteurs de l’évènement :
http://les.tresors.de.lys.free.fr/grenier_du_3mars2006/peintres/velasquez/galerie4_rdition_de_breda__1634_1635/0404vela.jpg
A droite, Ambroise Spinola, 36 ans, le commandant "espagnol" ; son insigne de commandement est l’écharpe rose rouge (en espagnol, le fajin, avec un accent aigu sur le i) qui va de son col à l’arrière en passant par la ceinture ; il est descendu de cheval pour se mettre au même niveau que son adversaire malheureux et ne pas l’humilier ; il tient chapeau et bâton de commandement de la main gauche pour conserver libre la main droite qu’il pose sur l’épaule de son adversaire vaincu pour le réconforter et l’empêcher de s’agenouiller ;
à gauche, Justin de Nassau, 46 ans, commandant "hollandais", gouverneur de Breda, demi-frère de Guillaume d’Orange, tend les clefs de la ville à son vainqueur magnanime qui, en cet instant, paraît les dédaigner.
Dans la partie supérieure du tableau, à droite, on peut voir :
http://les.tresors.de.lys.free.fr/grenier_du_3mars2006/peintres/velasquez/galerie4_rdition_de_breda__1634_1635/0405vela.jpg
un alignement de lances (5) ou de hallebardes espagnoles ou "bourguignonnes" : il y en aurait 29 tandis qu’on n’en dénombre que 5 en haut et à gauche du tableau, du côté "hollandais" ; à droite de Spinola, et par dessus son cheval , on reconnaît des officiers espagnols ou "bourguignons" portant la fraise ; deux d’entre eux semblent regarder le spectateur comme pour le prendre à témoin ; le visage de l’un d’eux, fortement éclairé, n’a pu être identifié, mais il s’agit d’un officier de haut rang, comme en témoigne son "fajin" rose rouge : on a avancé quelques noms : le prince de Neubourg, Albert d’Arenbergh, Gonzalo de Cordoue, ou Carlos Coloma, sans pouvoir trancher ; le "drapeau" à carreaux blancs et bleus est celui des vainqueurs.
Sur la gauche du tableau, dans sa partie inférieure et centrale, on peut voir :
http://les.tresors.de.lys.free.fr/grenier_du_3mars2006/peintres/velasquez/galerie4_rdition_de_breda__1634_1635/0403vela.jpg
quelques combattants "hollandais", dont un jeune porteur de mousquet en habit vert qui semble regarder le spectateur pour le prendre à témoin, et fait ainsi pendant à l’officier à "fajin" non identifié dont il était question au paragraphe précédent.
Et en haut, à gauche,
http://les.tresors.de.lys.free.fr/grenier_du_3mars2006/peintres/velasquez/galerie4_rdition_de_breda__1634_1635/0402vela.jpg
Est-ce l’écuyer de Justin qui porte une chemise blanche ornée de motifs de couleur orange, bleue ou verte, et s’adresse à des compagnons en appuyant son propos d’un mouvement de la main droite, l’index levé ?
LE TABLEAU DE VELAZQUEZ ET LA REALITE DE L’EVENEMENT
On a vu que Velazquez n’avait pas été témoin oculaire de la reddition de Breda, ne s’était jamais rendu sur les lieux, et a peint cette huile sur toile dix ans après l’évènement, mais qu’il a longuement rencontré Ambroise Spinola, notamment lors d’une traversée entre Barcelone et Gênes.
Le relief brabançon est plus marqué sur le tableau qu’il ne l’est naturellement.
La fatigue et les marques des épreuves endurées par les assiégeants vainqueurs n’apparaissent pas sur le tableau.
Les différences entre la réalité historique et géographique et la représentation de l’évènement à travers le tableau de Velazquez portent essentiellement sur deux points : le relief est plus accentué sur le tableau qu’il ne l’est dans la réalité ; le tableau, visant à illustrer la grandeur et la puissance espagnoles, montre "Espagnols" et "Bourguignons" avec des tenues et des attitudes qui permettent de les identifier comme les incontestables vainqueurs (nombre de lances, expression des visages, qualité des tenues), alors que les contemporains témoins de la reddition avaient relevé les marques des épreuves dans l’attitude et la tenue des vainqueurs après plus de 9 mois de siège, tandis que les "Hollandais" apparaissaient relativement moins éprouvés qu’on aurait pu s’y attendre au sortir de ce siège.
Dans le lointain, on aperçoit des fumées d’incendies, des restes de fortifications, et la présence de l’eau, provenant d’inondations provoquées par des ruptures volontaires de digues : ces derniers éléments sont historiquement attestés. Le siège est fini, mais les traces des hostilités sont encore visibles.
Il est un tableau du Musée du Prado qui reflète plus fidèlement la réalité des lieux : celui du peintre flamand Pieter Snayers ; il représente l’infante et archiduchesse Isabelle, venue à Breda depuis Bruxelles pendant le siège, soit entre août 1624 et juin 1625, pour suivre le déroulement des opérations :
https://www.museodelprado.es/coleccion/obra-de-arte/isabel-clara-eugenia-en-el-sitio-de-breda/242dc4ce-76dc-455a-ba51-70ae3a49
Un autre tableau, du peintre lorrain Jacques Callot, est exposé au Musée d’Art de l’Université de Princeton (Etats-Unis) : il représente un instant de la reddition de Breda postérieur a celui qu’a immortalisé Velazquez : Spinola assiste au départ de la garnison "hollandaise" qui défile devant lui en direction du nord, Justin de Nassau et sa famille se trouvant dans une voiture en tête de la colonne. Jacques Callot n’a pas assisté à l’évènement, mais s’est rendu sur les lieux pour les étudier. Il a exécuté ce tableau pour l’infante et archiduchesse Isabelle en 1627, deux ans après la reddition et bien avant que Velazquez ne reçoive commande du sien en 1634.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Siege_of_Breda.jpg
LA PLACE DE "LA REDDITION DE BREDA" DANS UN PROJET ICONOGRAPHIQUE ROYAL
Le tableau a été commandé à Velazquez pour décorer, avec d’autres tableaux, le Salon des Royaumes du Palais du Buen Retiro, à Madrid (inauguration du palais : 5 et 6 décembre 1633). Il s’agissait d’attester du début glorieux du règne de Philippe IV (6), surnommé le Roi Planète, voire Hercules Hispanicus, par douze tableaux (comme les douze travaux d’Hercule) immortalisant des victoires espagnoles survenues entre 1622 (seconde année du règne de Philippe IV) et 1633 (inauguration du Palais du Buen Retiro). La Reddition de Breda était l’un d’eux, parmi d’autres dont La Reddition de Juliers, la Bataille de Fleurus etc...Au-delà de la réalité historique, le tableau de Velazquez entend célébrer la force et la magnanimité de l’Espagne, illustrer une conception chrétienne de la conduite de la guerre. L’image du souverain espagnol vainqueur et magnanime vient de plus loin que de la Guerre de Quatre-Vingt Ans : en 1492, à la fin de la Reconquista, lors de la prise de Grenade par Ferdinand et Isabelle, le premier avait refusé que Boabdil, le dernier roi maure, descendît de cheval pour lui remettre les clefs de la ville (pour que son adversaire vaincu demeure à son niveau et ne s’humilie pas). Cette image, attestée par des témoins de la reddition de Grenade, devait être connue de Velazquez et de ses contemporains, et avoir "fait son chemin" dans l’imaginaire des illustrateurs des hauts faits de l’histoire de l’Espagne.
Gerrat Barry (3) relevait : "Spinola se montra sage en préférant établir une réputation de clémence plutôt que de sévérité [...]. Il fit plus de cas du gain de temps ainsi obtenu que des dépouilles possibles de Breda, au vrai peu importantes. En vérité, il jugea profitable de préférer la majesté et la clémence de son roi, dont il était ici le représentant, que de donner libre cours à un appétit de gloire et à un désir de revanche"
Breda sera reprise par les Hollandais en 1639, soit quatorze ans après la reddition de Justin de Nassau et quatre ans après l’achèvement du tableau par Velazquez. La ville sera donc au pouvoir des Hollandais en 1648 lors de la conclusion des Traités de Westphalie qui marqueront la fin de la Guerre de Quatre-Vingt Ans, et la reconnaissance de la sécession des Provinces-Unies par les Habsbourg qui conserveront les provinces du sud.
NOTES
(1) on parlera de La Reddition de Breda avec un "R" majuscule au second mot pour désigner le tableau de Velazquez et de la reddition de Breda avec un "r" miniscule pour désigner l’évènement du 5 juin 1625 ;
(2) le prince Maurits (Maurice) est un demi-frère de Justin de Nassau ; il est mort peu avant la reddition sans pouvoir porter assistance à Justin qui avait auprès de lui, à Breda, ses deux neveux, enfants illégitimes de Maurits ;
(3) d’après Gerrat Barry, The Siege of Breda, publié à l’origine en latin et à Louvain en 1627 ;
(4) par "Bourguignons", on entend ici les personnes originaires des provinces de l’actuelle Belgique (moins le pays de Liège, mais avec en plus une partie de l’actuel nord de la France) ; ces provinces sont placées sous la suzeraineté des Habsbourg depuis le mariage de Marie de Bourgogne, fille du duc Charles le Téméraire, avec Maximilien d’Autriche (ou de Habsbourg) ; elles sont demeurées sous cette suzeraineté en 1579 par l’Union d’Arras ;
(5) "Les Lances" (Las Lanzas) est un autre nom du tableau de Velazquez "La Reddition de Breda" ;
(6) Le roi d’Espagne Philippe IV est le beau-père du roi de France et de Navarre Louis XIV, étant le père de Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV ; la première épouse de Philippe IV était la propre fille de Henri IV, roi de France et de Navarre ; il existe un portrait de ce monarque portant l’armure, réalisé par Velazquez :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Retrato_de_Felipe_IV_en_armadura,_by_Diego_Vel%C3%A1zquez.jpg
Bartolomé Bennassar : Les Lances de Breda de Velazquez, Armand Colin, 2008 ;
Arturo Perez Reverte : Le Soleil de Breda, Le Seuil, 2000 ;
Antonio Ortiz Dominguez et allii, Velazquez, Museo del Prado, 1990 ;
le site http://amis-arts.com/ ;
le site http://le.tresor.des.lys.free.fr/
le site http://www.safran-arts.com/
dimanche 15 mai 2011
La partitocratie franphoconne d'Outre Quiévrain saisie par l'abjection
provoqué par une proposition du VB relative aux épurés de l'après-
guerre, aux méfaits qui leur étaient imputés par leurs ennemis
politiques et aux dommages durables et disproportionnés subis par les
victimes de cette répression et leurs descendants, et aux réparations
que les injustices d'il y a deux tiers de siècle appellent.
Je garde présent à l'esprit que je ne suis pas ressortissant de l'Etat
belge (2), mais Européen d'abord puisque c'est à travers une des
acceptions de ce terme (3) que m'identifient les protégés du MRAP, du
MRAX, de SOS Désir, de la CIMADE et autres associations de
malfaisants.
Je ne suis pas juge, je ne suis pas historien, mais en tant
qu'observateur doté d'une mémoire, je ne peux éviter de mesurer le
mouvement en arrière de la concience politico-médiatique...Franphoconne
en Belgique en l'espace de trente-cinq ans environ.
Au milieu des années 1970, une proposition proche de celle des
sénateurs VB avait été avancée par un, ou des mandataires CVP. La
réaction n'avait pas du tout été la même : une élue bruxelloise du
FDF, qui s'appelait Mme Verdin me semble-t-il, estimait que "trente
ans après", on ne pouvait tout de même plus juger de ces questions
comme dans l'immédiat après-guerre. C'était du temps où Valéry Giscard
d'Estaing pouvait supprimer la commémoration nationale de la
"Victoire" (sic) du Huit Mai 1945. Des journaux francophones du type
Le Rappel, Vers l'Avenir, voire peut-être La Dernière Heure de M.
Brébart pouvaient fustiger les "super-patriotes rouges" possédés par
la rage resistantialiste et épuratrice, comme le professeur Perin
"rouge...de colère" au cours du débat ayant suivi le dépôt de cette
proposition qui fut rejetée.
35 ans plus tard, il n'y a plus de Madame Verdin, et le MR dont le FDF
est une des composantes hurle avec les loups, le sieur Reynders
évoquant l'origine "extréme-droite" de la proposition de 2011. Il
ferait bien de ne pas employer cette référence : dans ses meilleures
heures des années 1960, son parti a comporté une aile que certains
polémistes ont classé à l'extréme-droite (terme vague du champ lexical
de la polémique, appellation non contrôlée).
Plus on s'éloigne des évènements de la Seconde Guerre Mondiale, plus
la Mémouare phagocyte l'Histoire. Sur un forum de La Libre, un
internaute qualifie sans être censuré le VB de parti néo nazi (4).
De façon incompréhensible, l'accueil fait à une proposition d'amnistie
très souhaitable et bien tardive révèle un clivage communautaire
factice : je ne peux pas croire que la classe politico-médiatique
Franphoconne représente le pays réel des régions concernées. Groen se
déconsidère à mes yeux en se joignant à la dénonciation
"unanime" (sic) des Franphocons.
Vive l'amnistie ! Non aux Fisséfilles (spirituels) des tondeurs de
femmes, lyncheurs de prisonniers de guerre et fusilleurs de 1944 et
des années suivantes.
NOTES
(1) le JT méridien de la RTBF relayé par TV5Monde en début d'après-
midi du 13/05/2011 et le site de LaLibre;
(2) je suis seulement originaire de la Gallia Belgica de César, natif
de Chauny, commune jumelée avec Andenne qu'administre le sinistre,
dans tous les sens du terme, Claude Eerdekens;
(3) les Nord-Africains disent "Gaouri" (pluriel : "Gwères"), les Turcs
disent "Gevür", et les Négro-Africains "Toubab" ou "Babtou" en verlan;
ces mots désignent une catégorie ethnique que je traduis par Européen
(je ne peux pas dire "Français", parce qu'ils le sont aussi, pour la
plupart);
(4) il n'a donc pas vu Filip Dewinter visiter la ville d'Ashkelon avec
une délégation de l'"Alliance des partis européens pour la Liberté et
les droits civils" dont le VB est membre, et être reçu par le maire de
la ville et un représentant de Manhigut-Yehudit, une des factions du
Likoud.
vendredi 15 avril 2011
Quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites
Il a tout récemment donné un entretien à une chaîne de télévision flamande dans laquelle il exprime ses regrets, son incompréhension devant ce qu'il considère comme des égarements.
Devant la caméra, il n'a pas l'air accablé. Et c'est selon moi une bonne nouvelle : il s'est exilé, on lui a retiré sa charge, il est poursuivi, que voudrait-on de plus ?
Un député socialiste flamand, un dénommé Renaat Landuyt, élu de la province de Flandre Occidentale, dont Bruges est le chef-lieu, demande que Roger Vangheluwe soit privé de sa pension mensuelle de 2800 euros.Oui, 2800 euros. Simple certifié en documentation, je touche un salaire mensuel supérieur à ce montant très modique.
Roger Vangheluwe a occupé pendant vingt-cinq ans la charge d'évêque. Il a droit à une pension. Si le droit à pension est conditionné à l'absence de dossier disciplinaire (en l'occurence au sein de l'Eglise de Belgique) et de dossier pénal, on a dépassé certaines bornes et, comme disait le Sapeur Camember (cité, me semble-t-il, par Georges Pompidou), quand on a dépassé les bornes, y'a plus de limites. Vais-je toucher une pension ? Après tout, je suis professeur documentaliste dans une institution régie par une loi d'orientation (Jospin, puis Fillon) qui assigne à cette institution la promotion des "valeurs de la République"; or, en dehors du cadre professionnel j'exprime et même j'exhale mon incroyance dans lesdites valeurs. Si on suit la logique de Renaat Landuyt, je suis un pécheur contre les valeurs humanistes (en Belgique francophone, le parti chrétien-social s'est déconfessionnalisé et rebaptisé -si on peut dire- "démocrate humaniste"), et on ne voit pourquoi des actifs paieraient pour le salopard que je suis. Puis ce sera la Mutuelle qui ne remboursera plus les dépenses de santé. Le boycott, la mise à l'index, ça peut aller loin.
De plus, mon dernier supérieur hiérarchique est un camarade de Renaat Landuyt : il est le Premier secrétaire de la section du P.S. (français) de Palaiseau (91) où le Collège dont il est le Principal est implanté. Un triste sire, un [autocensuré]. Lui aussi, il entend frapper au portefeuille des gens qu'il a "dans le nez" : en novembre dernier, je tombe malade et ne suis pas en mesure d'assurer mon service, ce qui ne m'est que très exceptionnellement arrivé; je m'absente un premier jour, puis un second, attendant de voir si le troisième jour je pourrais reprendre mes activités ou si je devrais consulter un médecin; le Principal et camarade Premier secrétaire me téléphone à mon domicile le matin du deuxième jour pour me demander si je suis muni d'un arrêt de travail médical; je lui réponds par la négative, lui rappelant qu'il existe une coutume qui veut que les absences pour raisons de santé de moins de trois jours sont tolérées sans arrêt de travail médical, sur simple demande d'autorisation d'absence rétroactive. Le bonhomme me répond qu'il n'est pas lié par cette coutume, et s'adresse immédiatement au Rectorat, qui obtempère, pour me faire perdre deux jours de salaire pour "service non fait". Le troisième jour je suis allé consulter un médecin qui a spontanément considéré que je ne pouvais reprendre mes activités avant quelques jours. Mais notre camarade humaniste a pu savourer son plaisir de m'avoir fait perdre deux trentièmes de traitement. Le [autocensuré] !
