mardi 2 avril 2013

Cahuzac : Non à Robesplenel Edwy !

Edwy Plenel (°1952) est à l'honneur : son site d'information de m.... en ligne, Mediapart, est encensé par les confrères et les zautorités morales pour son acharnement dans des campagnes visant un ancien président de la rép' et un ancien ministre du budget.

 Mais qui est Edwy Plenel ?

Le fils d'un ancien vice-recteur des Antilles qui fut limogé dans les années 1960 pour son appui à certains intellectuels et activistes de la cause d'Afro-antillais. Il en est resté à son fils une hyper-sensibilité à tout ce qui touche au prétendu racisme... dès lors qu'il serait le fait d'Européens.

 Edwy Plenel est aussi un ancien (?) trotskyste fidèle à ses amitiés et non guéri de leurs méthodes.

 Edwy Plenel était au journal Le Monde en 1997. Le Salon du Livre de Paris du mois de mars de cette année-là accueillait de nombreux éditeurs, dont l'éditeur de National-Hebdo, périodique aujourd'hui disparu, et qui passait pour être un des médiats du Front National. Le Monde, à la direction duquel appartenait Edwy Plenel, émit en première page une fatwa en forme de billet, dénonçant la présence de.... "l'extrêêêêême-droite" au Salon du Livre. Brrr... de quoi donner la chair de poule aux directeurs de conscience d'Arte TV. Las, les organisateurs du Salon n'obtempérèrent pas assez vite à l'exigence du Monde. C'est alors qu'intervint un romancier-émeutier du nom de Didier Daeninckx qui exécuta la fatwa du Monde : Daeninckx et une escorte de gros bras se rendirent au Salon du Livre où ils saccagèrent le stand de l'éditeur incriminé et y mirent le feu. Quelqu'un leur aura-t-il rappelé que quand on commence à brûler des livres, on finit par brûler des gens ? (voir le film de François Truffaut : Fahrenheit 451). Je n'ai rien entendu de tel. Par contre, les organisateurs du Salon et les éditeurs durent s'engager à ne plus accueillir à l'avenir de maison d'édition qui déplairaient au Monde et aux zautorités morales auto-proclamées.


Edwy Plenel, c'était, et c'est encore un chroniqueur de France Culture, radio du service public, où on lui a offert une tribune hebdomadaire du nom de "Lignes de fuite" (sic). De cette tribune, Edwy Plenel ne craignait pas de dénoncer la main-mise (sic) du pouvoir sur les médiats (alors que "le pouvoir", par direction de radio interposée, lui a offert ladite tribune), de se livrer à des appels à la censure, et de prononcer des oraisons funèbres en l'honneur de ses amis trotskystes.

Edwy Plenel utilisa notamment sa chronique "Lignes de fuite" pour dénoncer la publication "chez un grand éditeur", "dans une grande collection", d'un essai dont il ne donna ni le titre ni l'auteur pour ne pas leur faire de publicité. "Que nous est-il arrivé ? Mais que nous est-il arrivé pour que nous nous ne réagissions pas et laissions publier de tels écrits ?" s'emportait Edwy Plenel, la gorge serrée et la voix tremblante d'indignation. Appel à la censure, voire à la mise au pilon ou à l'autodafé du livre incriminé ? En tout cas, mise à l'index. De quoi s'agissait-il ? D'un essai de Richard Millet, publié chez Gallimard, dans je ne sais quelle collection. Dans quelques lignes de cet ouvrage, Richard Millet évoquait son expérience d'usager du R.E.R. francilien et constatait qu'à certaines heures, il pouvait avoir le sentiment d'y être le seul Européen. Simple constat. Mais pour l'ancien (?) trotskyste Edwy Plenel, l'expression publique d'un tel constat ouvre la voie à la stigmatisation de certaines populations qui ont sa préférence. En somme, selon Plenel, pour ne pas inciter à la discrimination, voire à la stigmatisation, ou à la haine envers certaines populations, il conviendrait de s'auto-censurer et de ne pas remarquer leur présence ... si ce n'est pas pour s'en féliciter. Et le Révérend Père Plenel de tonner de sa voix de prédicateur contre le retard de l'intelligentsia à dénoncer cette ... absence d'auto-censure chez un essayiste, son éditeur, son directeur de collection et le public en général. "Que nous est-il arrivé ?".

 Edwy Plenel est le promoteur et l'acteur d'un journalisme de délation, d'appels au lynchâge médiatique et à la censure.

Il n'est ni un chevalier blanc du journalisme, ni un héros. C'est un délateur, un censeur fanatique aux dangereuses méthodes. Il ne mérite pas l'honneur que de malheureuses affaires lui donnent l'occasion de recevoir ces temps-ci.

vendredi 22 mars 2013

Via Rasella : le terrorisme gratuit

In Memoriam : les victimes de la Via Rasella.

Ont été assassinés Via Rasella (Rome) le 23 mars 1944 :

Andergassen Karl, 30 ans,
Bergmeister Franz, 37 ans,
Dissertori Josef, 30 ans,
Eichner Georg, 31 ans,
Erlacher Jakob, 42 ans,
Fischnaller Friedrich, 41 ans,
Fischnaller Johann, 39 ans,
Frötscher Eduard, 31 ans,
Haller Vinzenz, âge non connu,
Kaspareth Leonhard, 29 ans,
Kaufmann Johann, 30 ans,
Matscher Anton, 31 ans,
Mittelberger Anton, 36 ans,
Moser Michael, 39 ans,
Niederstätter Franz, 36 ans,
Oberlechner Eugen, 35 ans,
Oberrauch Mathias, 43 ans,
Palla Paul, 28 ans,
Pescosta Augustin, 31 ans,
Profanter Daniel, 28 ans,
Raich Josef, 37 ans,
Rauch Anton, 33 ans,
Rungger Engelbert, 36 ans,
Schweigl Johann, 35 ans,
Seyer Johann, 39 ans,
Spiess Ignatz, 32 ans,
Spögler Eduard, 35 ans,
Stecher Ignatz, 32 ans,
Stedile Albert, 38 ans,
Steger Josef, 35 ans,
Tschigg Hermann, 32 ans,
Turneretscher Fidelius, 30 ans,
Wartbichler Josef, 36 ans.

Sept de leurs camarades sont morts plus tard des suites des blessures infligées lors de cet attentat.

Ont également perdu la vie :

Chiaretti Antonio (48 ans)
Zuccharetti Pietro (13 ans
).

Les assassins de ces hommes et de cet enfant étaient volontaires pour les tuer, ce que n'étaient aucune des victimes de ce crime qui, s'il a supprimé des vies, a été sans influence sur l'issue ultime de la guerre.

Les assassins de ces hommes et de cet enfant ont été honorés après la guerre pour leur crime dont les conséquences ont été les représailles des Fosses Ardéatines et, un demi-siècle plus tard, la condamnation irrégulière et l'incarcération du capitaine Erich Priebke, né en 1913, mort centenaire et prisonnier des héritiers des "partigiani" fusilleurs de 1943-1946.


Honte à l'abject Romano Prodi, président du Conseil italien, qui est descendu dans la rue pour protester contre une ordonnance de non-lieu rendue dans un premier temps par un tribunal militaire italien à l'égard d'Erich Priebke. Et c'est ce sinistre (dans tous les sens du terme) personnage qui a été ensuite choisi pour devenir président de la Commission Européenne. Si c'est ça un "Européen"....

N'oublions pas ! N'abandonnons pas !

jeudi 28 février 2013

Stéphane Hessel : indigné ou "indigne" ?

Stéphane Hessel, d'environ six mois le cadet de John F. Kennedy , vient de mourir tranquillement, le 27 février 2013, près de 50 ans après son illustre contemporain (1). L'image de Kennedy restera celle d'un jeune adulte, celle de Stéphane Hessel d'un très vieux monsieur.

On n'a pas l'intention ici et maintenant d'émettre un jugement sur des actions, des publications ou des déclarations de Stéphane Hessel. Le propos est de relever les privilèges dont bénéficiait ce monsieur. Si je portais un chapeau, je le lui tirerais pour avoir tenu les propos ci-après sans ..... indigner quiconque :

"Aujourd'hui nous pouvons constater ceci : la souplesse de la politique d'occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d'ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d'écouter Juliette Gréco. Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j'affirme ceci : l'occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l'occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement INOFFENSIVE, abstraction faite d'éléments d'exception (2) comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d'oeuvres d'art. Tout cela était terrible. Mais il s'agissait d'une politique d'occupation qui voulait agir POSITIVEMENT et de ce fait nous rendait à nous, résistants, le travail si difficile."

Stephane Hessel (entretien accordé à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, 21 janvier 2011).


Mis en musique, ça pourrait ressembler à un Steff Hessel Lied (3).


Pauvre Stéphane : ces salauds de nazis lui rendaient, ainsi qu'à ses camarades, la tâche difficile en se montrant.....  INOFFENSIFS. Comme je le plains ! J'en suis...indigné et les larmes me montent aux yeux. Euh, à propos, la LICRA, le MRAP, les assoces de Klarsfeld  et Cie, la FNDIRP (4) n'avaient-ils pas l'adresse de Stéphane ? On en connaît d'autres (5) qui ont été condamnés lourdement, notamment à des amendes pharamineuses et à des dommages-intérêts pour financer les associations citées dans la phrase précédente, pour avoir dit à peine le quart de ce qu'a dit Hessel.




N O T E S

(1) John Fitzgerald Kennedy (°1917 Boston - °1963 Dallas) et Stéphane Hessel (°1917 Berlin - °2013 Paris) sont tous deux nés en 1917;

(2) Pour Hessel, les actes cités ne sont pas représentatifs, c'est pourquoi il parle d'"éléments d'exception", de l'occupation allemande en France entre 1940 et 1944; et pourtant, il en aurait été victime, soumis à la torture; interrogé un jour et ailleurs sur sa possible rancune à la suite de cette expérience, il a répondu qu'il ne gardait aucune rancune à ses tortionnaires parce que ces derniers avaient cru faire leur devoir et parce que, placé dans les mêmes circonstances, il aurait pu agir comme eux; dont acte;

(3) allusion au chant du mouvement des jeunesses nationales-socialistes (HitlerJugend) : Horst Wessel Lied; Horst Wessel (1907-1930), membre du mouvement a été assassiné par un communiste avant l'accession de Hitler à la Chancellerie;

(4) les officines citées sont spécialisées dans le racket des personnes poursuivies et condamnées pour de prétendues infractions : négation de crimes contre l'humanité (il suffit de dire publiquement qu'on ne croit pas à la version officielle des circonstances dans lesquelles ces crimes auraient été commis, du mode opératoire des crimes, de l'arme du crime etc...); apologie des mêmes crimes (il suffit d'en relativiser la gravité, le nombre réel des victimes, de les expliquer dans le contexte, d'attribuer les mêmes méfaits aux accusateurs, aux vainqueurs), incitation à la haine et à la discrimination (il suffit pour cela de critiquer un groupe de personnes identifiables par leur origine ethnique, leurs croyances religieuses etc..., d'exposer les problèmes que pose, que peut poser la cohabitation avec ces mêmes personnes); on peut très vite et sans s'y attendre, être poursuivi au titre de ces chefs d'accusation dont l'énoncé paraît énorme, et qu'on croit réservé à d'autres; mieux vaut le savoir à l'avance;

(5) c'est notamment le cas de Jean-Marie Le Pen, lourdement condamné et ostracisé pour avoir, en 1987, déclaré que la question de l'utilisation de chambres à gaz à des fins homicides pendant la Seconde Guerre Mondiale était un "point de détail" de l'histoire de cette guerre; puis pour avoir dit en 2005 que compte tenu de l'étendue du pays, du contexte général, l'occupation allemande en France entre 1940 et 1944 n'avait pas été "particulièrement inhumaine"; Stéphane Hessel peut dire à peu près la même chose sans être inquité. Il y a donc des poids et des mesures différents.

samedi 12 janvier 2013

Occupation de la Ruhr (1923) : Poincaré pousse-au-crime


Trois remarques :

1°) la participation de la Belgique : pour une partie du monde (4), l’évènement qui est à l’origine de la dimension mondiale du conflit ouvert en 1914 est le viol de la neutralité belge par l’Empire allemand, épisode à la suite duquel le Royaume-Uni, co-garant de la neutralité belge, est entré en guerre avec son Empire multicontinental (le futur Commonwealth) contre l’Allemagne ; l’occupation de la Ruhr fut décidée par le chef du gouvernement français, Raymond Poincaré (5), qui avait été président de la République pendant la Guerre ; la France est très isolée dans cette affaire, mais que le gouvernement Poincaré soit parvenu à s’assurer le concours de la Belgique (Premier ministre : Georges Theunis) relativise cet isolement d’un point de vue symbolique ;

2°) les matières premières disponibles et nécessaires à l’industrie sidérurgique (production d’acier) se trouvaient de part et d’autre des frontières : le fer en France et le charbon en Allemagne, notamment dans la Ruhr ; environ un quart de siècle plus tard, en 1950, le projet de Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (C.E.C.A.) voudra éliminer une cause possible de conflits par la mise en commun de ces ressources au sein d’un même marché sans frontières ; le concepteur de ce projet, Jean Monnet (6), avait été brièvement Secrétaire Général adjoint de la Société des Nations dans les premières années de cette organisation, poste d’où il avait pu observer les données du conflit et constater l’impuissance de la S.D.N. dans cette affaire ; le chef du gouvernement français qui a décidé en 1923 de faire occuper la Ruhr, Raymond Poincaré commenta cyniquement, à l'époque, son initiative : "Nous venons chercher du charbon, voilà tout".

3°) parmi les victimes de l’occupation de la Ruhr (7), le nom de l’une, Albert Leo , dit Leo Schlageter (8), originaire de la Forêt Noire, membre d’une organisation soutenue par le ministère allemand de la Défense, employé de commerce, est plus particulièrement passé à la postérité. Leo Schlageter surveillait les services de renseignements des armées d’occupation, et fut accusé d’avoir saboté des voies de chemin de fer afin d’empêcher le transport de charbon des mines de la Ruhr vers les pays des armées d’occupation. Il fut arrêté, condamné à mort par un tribunal militaire français, et fusillé au printemps 1923. Une pièce de théâtre dont le titre est simplement "Schlageter" fut écrite entre 1929 et 1932 et représentée en 1933. C’est dans cet ouvrage que se trouve une formule que l’on a prêté à tort à différents personnages historiques : "quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver" ou "Als ich das Wort Kultur höre, entsichere ich mein Browning". L’origine de cette formule n’est pas un mot historique, mais se trouve dans un ouvrage de fiction consacré à un personnage qui a existé. Elle est prêtée à un interlocuteur de Leo Schlageter : dans cette scène, Schlageter et son camarade de temps de guerre Friedrich Thiemann étudient pour préparer un examen d’université mais commencent à se disputer sur le point de savoir si cela vaut la peine d’étudier alors que la nation n’est pas libre. Thiemann affirme qu’il préfèrerait se battre plutôt que d’étudier, et c’est au cours de cet échange que Thiemann prononce la phrase (9).


L'occupation de la Ruhr à l'initiative du gouvernement français de Raymond Poincaré fera des dizaines de victimes surtout parmi des civils allemands (fusillade à Essen qui sera marquée par un deuil officiel au Reichstag, à Weimar, en présence du Président Ebert, chef de l'Etat); un officier des forces d'occupation sera assassiné et à cette occasion les passants et civils se trouvant sur le passage de son cercueil seront contraints de se découvrir : des images filmées à l'époque montrent des soldats des troupes françaises d'occupation arrachant de force les couvre-chefs de certains passants et giflant les récalcitrants. Ces images authentiques seront naturellement utilisées pour promouvoir un esprit de revanche contre les occupants et vainqueurs de 1918, illustrer l'impuissance du régime républicain de Weimar à protéger son territoire et sa population. Cet épisode tragique discréditera la république de Weimar et contribuera à l'ascension ultérieure du national-socialisme et de Hitler dont le pousse-au-crime Raymond Poincaré fut un propagandiste involontaire mais diablement efficace.


 En France, en dehors de l'extrême-gauche, peu de voix s'élevèrent contre cette politique de force (10) sinon celle de Marc Sangnier, inspirateur de la démocratie chrétienne, futur résistant et co-fondateur du M.R.P. (Mouvement Républicain Populaire) en France. Dans l'ensemble, l'opinion publique et médiatique en France apporta un soutien (10) temporaire et superficiel à la politique de force de Poincaré qui perdra les élections législatives de 1924 et devra se retirer.


N O T E S

(1) On trouve une carte de l’Europe en 1923, ou vers 1923 dans les manuels de 3e (Chaudron/Knafou), Belin, 2007 pp. 22 et 23, et (Martin Ivernel), Hatier, 2006, pp. 28 et 29 ;

(2) Traité de Versailles, voir : dossier pp. 30 et 31 du manuel de 3e (Chaudron/Knafou), Belin, 2007 / pp. 30 et 31 du manuel de 3e (Martin Ivernel), Hatier, 2006 ;

(3) Histoire de France illustrée, Larousse-Sélection du Reader’s Digest, 1995, tome : la Grande Guerre et ses lendemains : 1914-1935, pp. 118-119 : troupes françaises traversant la ville d’Essen dans la Ruhr le 15 janvier 1923 (Phot. E.C.P. - Armées) ;

(4) Ceci concerne surtout les parties du monde marquées par l’expérience britannique de la guerre de 1914-1918 ; en Irlande, les soldats enrolés dans les années britanniques étaient salués comme s’étant battus "for the freedom of Belgium and small nations" (pour la liberté de la Belgique et des petites nations) ;

(5) voir : Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d’Histoire, Bordas, 1983 : tome VI N-P, article Poincaré, pp. 3574 à 3576 ;

(6) Jean Monnet, Mémoires (1976), publié en Livre de Poche, chapitre IV : La Société des Nations, pp. 105 à 135 ; voir notamment la relation que fait Jean Monnet d’une conversation qu’il eut avec Raymond Poincaré sur la question des réparations (p. 134, 2e paragraphe) ;

(7) voir Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d’Histoire, Bordas, 1983 : tome VII Q-S, pp. 3966 et 3967, paragraphe "L’occupation de la Ruhr" (1923-1925) in article Ruhr ;

(8) voir article Schlageter Leo in Wikipedia en français (adresse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert...) ;

(9) source : article Hanns Johst in Wikipedia en français (adresse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hanns_Johst);

(10) il existe une superstition tenace selon laquelle une politique de force est a priori efficace et juste; cette superstition nationaliste réapparaît dans les périodes de difficultés et attribue celles-ci à l'absence d'une démonstration de force et de puissance de la part des gouvernants dans les épisodes précédents d'une crise;

 dans le cas de la France, la dénonciation  rituelle d'un sous-armement, réel ou prétendu, est régulièrement utilisée pour expliquer les déboires militaires du pays à différentes époques et permet d'esquiver l'évaluation de la politique étrangère : celle-ci est toujours, a priori, toujours réputée avoir été trop complaisante, trop faible, trop "molle". Cet argument est envisagé de façon acritique et se révèle la plupart du temps erroné. Il explique qu'en 1962 la création d'une force atomique de dissuasion pour la France ait été acquise pratiquement sans débat : les arguments rationnels des opposants à cette force étaient parasités par la crainte d'une assimilation desdits opposants aux prétendus responsables de défaites militaires antérieures. C'était infondé, mais ça a fonctionné.

mercredi 12 décembre 2012

Soeur Christiane, Qui êtes odieuse...

Soeur (1) Christiane, qui êtes odieuse (2),
Que votre nom soit remplacé (3)
Que des Sceaux vous ne soyiez plus Gardienne
Que votre volonté soit mise en échec,
Place Vendôme comme au Parquet,
A Strasbourg (4) comme à Cayenne .

De votre départ, que se hâte le jour.
Pardonnez-nous de ne pas être de vos fans,
Comme nous vous pardonnons aussi de nous préférer vos clients.
Ne nous soumettez plus à vos régulières provocations,
Mais délivrez-nous de votre magistère (5),
Car c'est à vous qu'appartiennent les rancoeurs ancestrales,
Les injonctions aux repentances, et la haine de nous (6),
Aux siècles des siècles.
Amen.

N O T E S

(1) Christiane Taubira appartient notoirement à une loge maçonnique; au sein de ces sociétés, les membres se désignent traditionnellement comme "frères" ou "soeurs" les un(e)s des autres;

(2) "odieuse" parce qu'elle marque une préférence viscérale pour une partie de la population ("les jeunes Arabes" (sic) aux dépens d'une autre, appelée à un incessant "devoir de mémoire" et aux repentances, notamment de par la loi à laquelle le nom de Christiane Taubira est attachée et qui fait de la traite négrière un "crime contre l'humanité" : le rappel de "la traite négrière" naguère pratiquée par des populations arabo-musulmanes ne doit pas être "trop" (re-sic) évoqué pour ménager les populations installées en Europe et issues des flux migratoires sud-nord, tandis qu'on peut s'en donner à coeur joie (voir ce qu'a réalisé son ami Ayrault à Nantes) pour le rappel de la traite négrière pratiquée par les Européens. Il y a des populations à ménager, et d'autres qu'on peut accabler;

(3) "que votre nom soit remplacé" = que vous soyiez remplacée dans les fonctions que vous occupez maintenant;

(4) Christiane Taubira a demandé au Parlement européen de lever l'immunité parlementaire d'une de ses membres qui a comparé l'occupation des rues de certaines villes d'Europe par des Musulmans en prière à l'occupation de la Seconde Guerre Mondiale; cette comparaison serait constitutive du délit d'incitation à la haine raciale. Strasbourg est l'un des sièges du Parlement européen. La référence à Cayenne fait allusion à l'origine guyanaise de Christiane Taubira;

(5) en tant que femme (la "parité"), que Noire (la "diversité"), et en raison de son engagement politique, Christiane Taubira jouit (si on peut dire...) naturellement d'une sorte d'autorité morale, de "magistère", auprès d'une large partie des médiats (monde de la culture et de l'éducation, presse écrite, radiophonique, télévisuelle) pour lesquels elle représente le Bien. Il est difficile de la critiquer sans s'exposer à bien des reproches ou des soupçons;

(6) la "haine" doit ici s'entendre simplement au sens biblique, comme lorsque le Christ déclare que celui ou celle qui ne "hait" pas son père, sa mère et même sa propre vie, n'est pas digne de Lui, c'est-à-dire : celui ou celle qui ne Le préfère pas à son père, à sa mère et même à sa propre vie.  La sollicitude (= la préférence) de Christiane Taubira envers certains groupes de population est nettement plus marquée qu'envers d'autres. Il y en a qu'elle aime, et d'autres qu'elle ne préfère pas (= qu'elle "hait", au sens biblique). Cela peut s'expliquer, se comprendre, mais s'agissant d'une personnalité publique, on est fondé à le lui reprocher, surtout si on peut être lésé par ses préfèrences.

dimanche 9 décembre 2012

Aurélie Filippetti, prêtresse d'Anastasie

La Ministre de la Culture "qui-est-un-écrivain" (Frédéric Mitterrand dixit, lors de leur passation de pouvoirs en mai MMXII) vient de s'en prendre au journaliste Jean-Pierre Elkabbach qu'elle a qualifié de "macho". Je ne connais pas bien le contexte de cette affaire qui, en elle-même, ne me paraît pas revêtir d'importance. Ce qui, par contre, est important et grave, c'est qu'une ministre s'en prenne publiquement à un journaliste qui ne l'a pas mise en cause elle-même directement. C'est la seconde fois en...près de quatre décennies qu'un membre d'un gouvernement manque ainsi à une réserve qui conviendrait à sa fonction : au milieu des années 1970, Françoise Giroud, encore secrétaire d'Etat à la Condition Féminine (me semble-t-il) et invitée à une émission de radio dont le déroulement a fini par lui déplaire s'en est pris à l'antenne à l'animateur de l'émission en lui reprochant que son émission était "mal faite". Elle avait le droit de le penser, celui de le dire hors antenne à l'intéressé, mais il n'était pas digne de sa part, en raison de sa fonction de membre du gouvernement, de le dire publiquement et en direct.



                                      "Dis Lallau, tu veux ma main sur la figure ?"

Aurélie Filippetti vient de faire la même chose. Certes, Jean-Pierre Elkabbach, vétéran du journalisme, saura "encaisser". Il paraît qu'il aurait dit qu'il trouvait une collègue d'Aurélie Filippétasse, pardon : Filippetti, "très jolie". Voilà les deux mots qui constituent le "délit" d'Elkabbach aux yeux de la Ministre de la Culture et valent à celui-ci l'imputation publique de "machisme". Il est vrai que Najet Valaud-Belkacem et Jean-Pierre Elkabbach sont nés tous les deux au Maghreb. Ca aide à avoir des canons de beauté communs.

Je ne sais pas si Elkabbach est "macho". Il faudrait le demander, si tant est que ça soit intéressant, à Nicole Avril, épouse d'Elkabbach. Et peu importe.

Aurélie Filippetti se comporte en talibane du féminisme : elle est issue de la "parité" et Najet Valaud-Belkacem est issue de la "parité" et, en plus, de la "diversité". Ca crée des liens entre copines. Il est vrai qu'Aurélie Filippetti sait physiquement ce que peut être ce qu'elle appelle le machisme : elle a porté plainte contre son compagnon de vie qui l'avait frappée. Ca aide à l'émergence d'une conscience féministe.

Aurélie Filippetti se comporte en prêtresse d'Anastasie (1). Il y a quelques mois, interrogée sur le limogeage du journaliste Robert Ménard de je ne sais plus quelle station TV ou radio, elle s'est crue en droit de juger de la situation en fonction de ses idées politiques et de celles de Robert Ménard. Elle ne verserait pas de larmes, a-t-elle dit, sur le limogeage de Robert Ménard, en raison de prises de position de celui-ci qui seraient incompatibles avec....les "valeurs de la République" (2), c'est-à-dire : rien. Traduisez : moi, Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture, j'ai identifié Robert Ménard comme un possible contradicteur politique et ça ne me plait pas, donc ses ennuis de carrière, c'est tout bon pour moi et pour mon clan.

Filippetti a traité Elkabbach de "macho". Pétasse est un mot de sens incertain qui, pour moi, évoque surtout la bêtise. Aurélie Filippetti n'est certainement pas bête. Pétasse appartient au vocabulaire de ceux qu'on dit "macho". Je m'autorise à qualifier Aurélie de Filippétasse parce qu'elle appelle publiquement au discrédit de gens qu'elle n'aime pas, du haut de ses fonctions étatiques. Elle se comporte en pétasse qu'elle n'est pourtant pas. Le meilleur moyen de ne pas se faire traiter de pétasse, de macho ou de je ne sais quoi, c'est encore de ne pas l'être (dommage : la langue espagnole a deux mots pour le verbe être : ser (ce qu'on est de façon permanente) et estar (ce qu'on est de façon temporaire, ponctuelle : heureux, en colère etc...). Le verbe "être" utilisé avant la dernière parenthèse est à prendre dans le sens "estar".


N O T E S

(1) Anastasie, ou Dame Anastasie, est une personnification de la censure, apparue dans les journaux satiriques dans la seconde moitié du XIXe siècle; il est fait allusion aux "ciseaux d'Anastasie" qui retirent des pages des journaux articles ou images qui tombent sous le coup de la censure;

(2) c'est une expression qui ne veut pas dire grand chose (en constatant cela et en le disant, on franchit une ligne rouge), ou plutôt dont l'interlocuteur qui les invoque contre quelqu'un qu'il accuse de ne pas s'y conformer, est maître du contenu. Dans ce qu'il est convenu d'appeler la Vrôôônce, tout doit être "de la République" : l'Ecole-de-la-République, la loi-de-la-République, la Justice-de-la-République, la Police-de-la-République etc... pour être "légitime" au lieu que l'Ecole puisse être l'Ecole tout court etc...C'est au nom des prétendues "valeurs de la République" qu'il est interdit de se défendre contre certaines populations à l'intégration difficile, et qu'il ne faudrait pas "stigmatiser". Cette quasi-religion républicaine, originaire de Vrôôônse, est étendue au niveau européen sous l'appellation de "valeurs humanistes". En général, l'invocation des "valeurs républicaines" ou des "valeurs humanistes" est utilisée comme une arme, ou plutôt comme un slogan, au sens originel du terme qui signifie cri de guerre dans un idiome celtique : on vous parlera surtout de ces "valeurs" pour vous reprocher d'être en état de péché vis-à-vis d'elle.


Les "valeurs républicaines" ou "humanistes" sont une forme laïcisée, sans référence à une transcendance, de l'orthodoxie religieuse d'antan. Il y a toutefois une différence : naguère, l'Autre, le Transgresseur, l'Infidèle ou le Barbare étaient surtout à l'extérieur de la société; aujourd'hui, les péchés contre les "valeurs républicaines" ou les "valeurs humanistes" sont surtout reprochés à des "hérétiques", des déviants, des incorrects internes au groupe qui se réclame desdites valeurs.




mercredi 5 décembre 2012

Adolfo Kaminsky, le Saint-Thèse d'Arte

Mercredi 5 décembre MMXII.

Arte Journal de 12h50 est présenté par la voix de Leïla Kaddour Boudadi.

La page politique de cette édition est notamment consacrée aux espoirs d'Arte de voir enfin interdire le NPD, le parti national-démocrate (1) d'Allemagne, fondé en 1964, représenté fin 2012 dans deux diètes de Länder. Le parti est diffamé par Arte qui le qualifie de"néo-nazi" (2). Tout parti qui serait reconnu comme "néo-nazi" par la Justice serait immédiatement dissous et sa reconstitution interdite. Les directeurs de conscience d'Arte Journal militent pour l'interdiction du NPD et donnent à ce parti, à l'avance, l'étiquette qu'ils espèrent voir la Justice lui attribuer (3). Je souhaite l'échec de cette procédure dont l'aboutissement souhaité par Arte entrainerait de nouvelles restrictions aux libertés d'association, d'opinion et d'expression. Un des jeunes militants du NPD filmé par Arte Journal porte un tee-shirt représentant Rudolf Hess. J'ai pour ma part, en son temps, adhéré à une association de fait "Liberté pour Rudolf Hess" (4) qui revendiquait la libération de ce dernier, incarcéré à la prison de Berlin Spandau, où il semble avoir été assassiné en août 1987. Ceci dit, je ne partage pas les idées du NPD sur la Nation et l'Europe. Pas plus que celles du FN ou des groupes "souverainistes" français. J'estime que les Etats-nations d'Europe sont devenus des Etats plurinationaux, qu'il n'est plus possible d'être "Français -ou Allemand, ou Italien, ou Britannique d'abord, ou seulement" et que le mieux qui puisse nous arriver serait l'émergence d'une Europe fédérale de régions.

Les stato-nationalistes des différents Etats d'Europe se trompent.

Arte Journal, médiat (5) laïque et même parfois anti-religieux, s'est trouvé un saint patron, ou un saint-thèse si l'on préfère : Saint Adolphe ..... Kaminsky. Ce personnage béatifié par la page culturelle d'Arte Journal représente en effet tout ce que vénèrent (pour ne pas dire : adorent) les directeurs de conscience d'Arte : un acteur anti-nazi de la Seconde Guerre Mondiale, qui a failli être victime de ce qu'il est convenu d'appeler la Shoah, et des luttes pour arracher aux Etats européens leurs dernières colonies, un sympathisant parfois actif des communistes vietnamiens contre la France puis les Etats-Unis.   Né en 1925 en Argentine de parents Juifs russes, Saint Adolphe arrive avec sa famille en France d'Europe en 1932. Il y "résiste" aux "nazis" en fabriquant de faux papiers pour des Juifs (on n'est jamais mieux servi que par soi-même), passe quelque mois au camp de Drancy dont il sort grâce à l'intervention d'un Consul d'Argentine (il pourrait remercier les prédecesseurs de Juan Peron d'avoir conservé de bonnes relations avec le Reich allemand national-socialiste, sans lesquelles le régime "fasciste" de Buenos-Aires n'aurait pas pu intervenir en faveur du jeune judéo-argentin). Puis ce saint homme qu'on appelle Adolfo Kaminsky s'oppose à la politique française en Indochine, vient en aide à certains fondateurs de l'Etat d'Israël, porte les valises du FLN algérien (6), intègre le groupe Curiel, milite contre l'intervention américaine au Vietnam et en faveur du Vietcong, assistant les soldats américains déserteurs. Adolfo Kaminsky représente la synthèse de la sainteté selon Arte Journal. Si je devais choisir un inspirateur parmi des personnes d'origine russe et hébraïque, me permettrait-on de lui préférer Moshe et Yehudi Menuhin ?


 "Bon, Lallau vous raconte que j'incarne la synthèse des préfèrences d'Arte Journal, mais j'espère qu'en attendant, je ne vous "barbe" pas. J'ai mené une vie de faussaire, O.K., mais faudrait pas croire : ma barbe actuellle, ben, elle est vraie, parole d'Adolfo !"
                                                              


N O T E S

(1) "national-démocrate" était aussi le nom du parti du président Hosni Moubarak avannt sa chute en 2011;

(2) le terme néo-nazi n'a aucun sens, ou plutôt il n'a que le sens que ceux qui l'emploient décident de lui attribuer : depuis 1945 et la dissolution du parti national-socialiste (= nazi) par les Alliés, la "marque" nazie n'est plus déposée ni protégée. On peut à loisir dénoncer comme "nazi' ou "néo-nazi" toute personne ou tout groupe que l'on veut diaboliser ou auquel on veut nuire. Ca ne mange pas de pain, comme on dit. Et en plus, ça "marche" la plupart du temps. Il y a aussi des gens ou des groupes qui se qualifient eux-mêmes de "nazis" ou de "néo-nazis", par provocation, pour jouer à se faire plaisir la plupart du temps bien qu'ils le paient souvent très cher par l'opposition à leur égard qu'ils suscitent, parfois pour faire peur. Et pourtant, dans bien des cas, les vrais nationaux-socialistes (= nazis) d'avant 1945 les auraient volontiers placés dans des établissements de réeducation pour associaux. Il y a un signe qui ne trompe pas : les prétendus "néo-nazis" d'aujourd"hui s'habillent, se coupent les cheveux et se donnent l'apparence des "nazis" tels qu'ils apparaissent dans des productions de Hollywood réalisées par des cinéastes américains réfugiés en Amérique avant ou pendant la guerre de 1939-1945, venant d'Europe centrale et orientale, parfois d'origine juive. Les "néo-nazis" d'aujourd'hui prennent leurs références dans les caricatures de "nazis" créés par des anti-nazis. On les voit ainsi arborant souvent des crânes rasés qui n'avaient absolument pas court dans la Wehrmacht ou la Waffen SS où la mode était plutôt à la coupe dégagée sur les côtés avec plus de volume sur le dessus, pour ne pas parler de la Kriegsmarine au sein de laquelle on portait volontiers la barbe; Arte nous enfume, veut obtenir l'intediction du NPD pour ensuite pouvoir dénoncer la présence d'anciens du NPD dans d'autres organisations, existantes ou à fonder;

(3) un authentique parti nazi ou néo-nazi n'aurait pas pu perdurer en Allemagne depuis 1964. L'impeccable militant anti-nazi Willy Brandt, ministre des Affaires Etrangères de la République Fédérale d'Allemagne de 1966 à 1969 avant d'en devenir le Chancelier, déclarait en 1969 dans un entretien avec un journal américain que le NPD s'apparentait au parti de l'ancien gouverneur (démocrate) d'Alabama, George Wallace, qui fut candidat aux élections présidentielles américaines de 1968 pour l'American Independent Party; d'autres le comparaient au mouvement Poujade en France sous la IVe République. Une partie des adhérents du NPD sont des agents infiltrés par un bureau de l'Office Fédéral pour la Protection de la Constitution, et une partie de ses fonds provenaient en 2003 ou 2004 de l'Etat;

(4) Allemands et Britanniques avaient pu constituer des associations de droit : "Hilfsgemeinschaft Freiheit für Rudolf Hess" et "Liberty for Rudolf Hess"; Rudolf Hess, Allemand né en Egypte, a quitté l'Allemagne pour la Grande Bretagne en mai 1941. Etait-il en mission ? Avait-il perdu la raison comme on l'a laissé entendre en Allemagne à l'époque dans les milieux dirigeants après qu'il était été arrêté en Ecosse ?
S'il était en mission, quel était le contenu de cette mission ? Le dossier britannique concernant Rudolf Hess devait demeurer secret jusqu'en ...2017. Après le mort de Hess, à trente ans de cette date, il a été décidé de la reporter à ...2047. Je me suis intéressé au sort de Hess à l'occasion d'une promenade dans les rues de Fribourg-en-Brisgau (pays de Bade) entre la Hauptbanhof (gare) et la Cathédrale : une colonne portait une affiche noire et blanche réclamant la libération de Hess, ce qui a attiré mon attention; quelques pas plus loin, j'ai vu un adolescent, portant les cheveux longs comme c'était la mode, rentrer sa motocyclette dans le couloir de sa maison; sa motocyclette portait deux auto-collants : "Amis, go home", c'est-à-dire "Américains, rentrez chez vous" et "Freiheit für Angela Davis". Angela Davis était une militante communiste afro-américaine "contre la Guerre du Vietnam", emprisonnée en Californie. Qui pourrait-être "pour" une guerre ? Pour ce qui est de cette guerre, je me disais qu'à l'âge que j'avais, si j'avais été Américain, j'aurais probablement été envoyé au Vietnam avec le risque de me faire blesser ou tuer par les gens que soutenait Angela Davis. D'un côté, il y avait des volontaires : les amis d'Angela Davis, par idéologie, et de l'autre de jeunes soldats qui n'étaient là que parce qu'ils étaient Américains et appartenaient à une certaine tranche d'âge dans un pays où le service militaire était obligatoire; que le jeune motocycliste de Fribourg-en-Brisgau se souciât d'Angela Davis plutôt que de Rudolf Hess (qui avait peut-être essayé d'arrêter la guerre en 1941) me contrariait; je me suis dit que je devais faire le choix contraire, à sa place en quelque sorte;

(5) graphie utilisée par solidarité avec le professeur Bernard Notin, cible en 1990 de la Milice Zélote de la Pensée et des Convulsionnaires de la Mémouare;

(6) Arte Journal qualifie les gens du FLN d'...."indépendantistes algériens"; pendant la Guerre d'Algérie (qu'on appelait déjà la Guerre d'Algérie pendant qu'elle se déroulait, contrairement à ce qu'on dit maintenant), ces gens étaient désignés comme les fellaghas (= coupeurs de routes, pillards), les rebelles, parfois les nationalistes algériens (étiquette plutôt accolée au mouvement MNA de Messali Hadj qu'au FLN), jamais d'"indépendantistes". Ce vocable a été forgé par les médiats au milieu des années 1980 pour désigner ceux des Kanaks de Nouvelle-Calédonie qui voulaient faire sécession. Je n'étais pas "indépendantiste", mais je souhaitais l'indépendance de l'Algérie, non par sympathie pour le mouvement algérien de libération nationale, mais pour ne pas avoir 9 millions de Musulmans Algériens comme concitoyens : les médiats d'alors qui donnaient un large écho aux réglements de comptes sanglants entre Algériens du FLN et du MNA (Messali Hadj) en France d'Europe, ne craignaient pas de donner des expatriés algériens au nord de la Méditerrannée une image qui n'incitait pas à souhaiter en avoir des millions comme concitoyens; on croyait d'ailleurs que l'indépendance de l'Algérie amènerait de nombreux Algériens de la France d'Europe à regagner leur pays, la paix venue. C'est tout le contraire qui s'est passé : près d'1 million d'Européens d'Algérie (pour la plupart d'origine espagnole, italienne ou française) ont dû quitter l'Algérie indépendante et des milliers, puis des dizaines de milliers d'Algériens, et davantage encore par la suite, les ont suivis et ont abandonné leur pays ayant accédé à l'indépendance. Vu de la France d'Europe, l'indépendance de l'Algérie marquait une fin, la clôture d'une séquence d'Histoire, vu d'Algérie, elle marquait un début, un nouveau rapport de forces. D'où des malentendus qui ont toujours cours.