L'insupportable arrogance made-in-France : "Faîtes ce que je dis, mais ne faîtes surtout pas ce que je fais, car je ne saurais le tolérer".
Rendant compte dans l'édition du soir d' Arte Journal du jeudi 15 novembre 2012 de la visite de Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, à Berlin, la journaliste Marie Labory demandait avec insistance (elle s'y est reprise à deux fois) à une spécialiste allemande des relations franco-allemandes résidant à Paris, si on était conscient en Allemagne de l'arrogance (sic) des critiques, recommandations, observations formulées par les milieux dirigeants de ce pays (1) envers la politique économique française du tandem Hollande-Ayrault. Pour la satisfaire, l'interlocutrice de Marie Labory a bien voulu concéder évasivement une réponse affirmative. Il n'a pas été question de la bourde (2) de Jean-Marc Ayrault (Notre-Dame des Landes, priez pour lui !), agrégé d'allemand (depuis combien de temps n'a-t-il pas enseigné devant des élèves ?) : Ayrault confond "fürchtbar", c'est-à-dire "effroyable", avec "früchtbar", ou "fructueux". Enfoncé, De Gaulle, qui en visite en Allemagne en 1962, s'était adressé à un officier en l'appelant "Herr Ober", c'est-à-dire "garçon", ou "serveur", au lieu de "Herr Oberst", ou "Mon Colonel" !
Là-dessus, Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement (sic) Productif, enjoint aux entreprises allemandes de relever les salaires (3).
Arrogance ? Vous avez dit arrogance ?
Le fils de Michel Montebourg et de Leïla Ould Cadi est incapable d'empêcher Peugeot de fermer son usine d'Aulnay-sous-Bois à quelques kilomètres de Paris, mais il prétend dicter aux partenaires sociaux en Allemagne ce que devraient être les salaires dans ce dernier pays.
The Economist a dit la vérité : il doit être dénoncé.
Puis paraît le numéro de l'hebdomadaire The Economist dont la couverture illustre la dangerosité de la politique économique de la France, pour elle-même et pour la zone euro (4). Arnaud Montebourg, ancien avocat de l'assassin de René Bousquet, enrage : l'hebdomadaire de langue anglaise ayant constaté et dit que le roi était nu, celui qui était alors le compagnon d'Audrey Pulvar (à eux deux, ils étaient une très vivante incarnation de la "diversité" (5)) le déclare équivalent à Charlie Hebdo. Je ne sais pas si Charlie Hebdo a apprécié.... La hargne vrôôônçaise contre les révélations et analyses de The Economist va jusqu'à faire rappeler sur France En'Culture par Jean-Claude Casanova (6) (La Rumeur du Monde, 17/11/2012) que ce journal n'aurait rien compris à la politique intérieure allemande entre 1933 et 1939 (traduisez : l'hebdomadaire n'appelait pas à la guerre contre le Reich national-socialiste avant 1939). C'est là un reproche d'incorrection politique de la plus extrême gravité...
Valérie Pécresse franchit le mur du çon
Valérie Pécresse, soutien de François Fillon pour la présidence de l'UMP en 2012, et ancienne ministre de son champion (Universités, Budget) exprime sa douleur : la Vrôôônce reçoit des leçons de l'Allemagne (Dame Pécresse ignore l'injonction du fiston de Leïla Ould Cadi au patronat allemand pour le relèvement des salaires); elle prétend que ça ne serait jamais arrivé sous le gouvernement Fillon. Cette personne s'était déjà signalée cet été en exprimant son idolâtrie de sa nationalité française : "Ma nationalité, c'est mon bien le plus précieux. Être français, pour moi, c'est le bien le plus précieux et je n'y renoncerais pour rien au monde." Ce franchissement du mur du çon par la députée des Yvelines entache l'image de son favori pour la présidence de son parti (7). L'erreur de Madame Pécresse, si toutefois elle pense vraiment ce qu'elle dit, est de considérer que l'entité France est toujours un Etat-nation, comme naguère, alors qu'elle est devenue un Etat multinational (8). La nationalité idolâtrée par Dame Pécresse est ce qu'elle a en commun avec des millions d'autres personnes qui n'ont rien d'autre en commun précisément avec elle que cette nationalité : pas de mémoire historique commune, pas de références culturelles communes etc... Faire comme si... l'Etat multinational était toujours un Etat-nation, disons classique, impose l'adhésion à une idéologie nationaliste fondée sur de prétendues valeurs communes (en fait : universelles), l'intégration dans une synthèse mémorielles des références venues d'ailleurs. Ca ne peut pas être spontané. Proclamer son attachement à l'Etat-nation France qui est devenu autre chose, c'est égarer le public et perdre du temps. Dame Pécresse souffre d'un "mentality gap".
La Grande Nation a vocation à donner des leçons au reste du monde, mais ne saurait tolérer d'en recevoir.
L'arrogance est décidément un fleuron de la production française, et la classe politico-médiatique de la Vrôôônce ne supportent pas l'ombre du moindre début de concurrence ou de réciprocité en la matière.
"Il n'y a pas d'autre Grande Nation que moi, foi de Marianne !"
La Grande Nation aurait des droits exclusifs.
N O T E S
(1) il s'agit de propos tenus en privé par des membres du gouvernement, et rapportés par les médiats, ou d'articles de presse ("La France sera-t-elle la prochaine Grèce ?"), ou de propos de l'ancien chancelier social-démocrate Schröder selon lequel les marchés auraient vite fait de remettre les pendules à l'heure au cas où Hollande s'obstinerait à en rester à la politique annoncée pendant sa campagne présidentielle; cette attitude s'explique aisément : si l'économie française connaît le sort de celles de la Grèce ou de l'Espagne, l'Allemagne se trouvera en première ligne et en difficulté à son tour; c'est "l'effet domino"; pour la rédaction d'Arte Journal, il est probable que ce qui est inacceptable, c'est que ce soit un gouvernement de gauche (Arte avait soutenu Hollande contre Sarközy lors de la dernière élection présidentielle) qui soit critiqué par des membres d'un gouvernement qui n'est pas de gauche;
(2) peut-être ne l'avait-il pas encore commise au moment où Marie Labory présentait cette édition d'Arte Journal;
(3) il est dans l'ordre des choses que le Ministre français du Redressement (sic) Productif souhaite que le coût du travail dans d'autres pays de la zone euro se rapproche de celui qui est supporté par les entreprises et l'économie françaises; l'arrogance vient de l'injonction provenant d'un membre du gouvernement d'un pays dont la classe politico-médiatique manifeste une susceptibilité pathologique à l'égard de toute critique, ou même de non admiration envers la politique nationale : Montebourg fait et dit aux autres ce qu'il n'admet qu'on lui fasse ou dise à propos de la politique française;
(4) l'illustration de couverture présente la France comme une bombe à retardement au coeur de l'Europe;
(5) Arnaud Montebourg est d'origine franco-algérienne et Audrey Pulvar est Martiniquaise; à eux deux, ils étaient une icône de la France Black-Blanc-Beur;
(6) Jean-Claude Casanova fut un ami et collaborateur de Raymond Barre, notamment après 1981 et pendant la campagne présidentielle de celui-ci en 1988; on avait déjà pu remarquer l'évolution de ce publiciste lorsqu'il paraissait s'étonner et regretter que l'ancienne majorité devenue opposition ... se soit, dès l'élection de Hollande, posée ... en opposition résolue à celui-ci, dans une précédente émission "La rumeur du monde" sur France Culture;
(7) François Fillon eut pour mentor Philippe Séguin qui commit naguère un ouvrage intitulé "Plus Français que moi, tu meurs !" (sic), qui avec Chevènement, applaudit à l'invitation d'Alain Juppé, formulée en 1999 ou 2000, à recourir plus amplement aux flux migratoires sud-nord, qui Premier Président de la Cour des Comptes, oeuvrait encore pour l'intégration des populations issues de l'immigration par le sport (il évoquait à la radio l'effet de conversion que pouvait avoir sur un électeur du Front National un but marqué pour une équipe de France de football par un joueur d'origine maghrébine. Le pseudo nationalisme français, le prétendu "souverainisme", sont parfaitement recyclables pour la promotion des flux migratoires sud-nord et certains aspects de la mondialisation;
(8) le nom officiel de l'Etat bolivien se réfère à son caractère multinational; l'entité France est beaucoup plus multinationale que la Bolivie.
samedi 17 novembre 2012
Arrogance, un produit made-in-France
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dimanche 11 novembre 2012
Radio Stuttgart : "Pas de blocus, ni de siège" (05/11/1939)
Le texte ci-après, intitulé "Pas de blocus, ni de siège", est la version écrite de l'éditorial de l'émission en français de Radio Stuttgart diffusé le 5 novembre 1939.
Radio Stuttgart est un des émetteurs du Reich allemand, un Etat avec lequel la République française est, de fait , en guerre depuis deux mois; le but de l'éditorial est de contrer la propagande du Commissariat Général à l'Information du gouvernement français selon lequel le Reich allemand serait soumis à un blocus et assiégé.
Le public visé par l'émission est le public résidant en France. C'est un éditorial d'une station de radio d'un Etat en guerre, adressé à la population d'un pays avec lequel ce même Etat est en guerre. La diffusion sur les ondes de cet éditorial intervient pendant la période qualifiée de "drôle de guerre" entre septembre 1939 et mai 1940.
Pas de blocus, ni de siège
Français qui m'écoutez, savez-vous quel est, en ce moment si grave de nos vies (1), le sujet qui peut causer le plus d'étonnement à ceux qui ont toujours considéré que nous (2) étions un peuple profondément intelligent et capable, plus qu'aucun autre, de raisonner froidement et de peser les faits à leur juste valeur ?
Eh bien, c'est de voir avec quelle incroyable facilité, avec quelle apparente délectation dans l'absurde, vous admettez sans contrôle, sans discussion, des affirmations, toujours les mêmes, alors qu'elles sont, de toute évidence, contraires au plus élémentaire bon sens. C'est ainsi que vous allez répétant, sur la foi de la presse, que l'Allemagne est bloquée, et que la France et l'Angleterre n'ont qu'à poursuivre leur siège pour récolter la victoire.
Hélas pour la France (3), l'Allemagne n'est nullement assiégée !
Et d'abord, qu'est-ce qu'un siège ?
Un siège est un acte de guerre par suite duquel une ville, un fort, ou tout autre lieu, est entouré d'ennemis au point de ne plus communiquer avec les régions avoisinantes, et de ne pouvoir que très difficilement, ou pas du tout, recevoir de l'aide de l'extérieur. Un lieu assiégé ne peut vivre que sur ses ressources, jusqu'à ce que leur épuisement amène sa reddition.
Est-ce le cas de l'Allemagne ? D'aucune manière.
Faisons une comparaison qui nous aidera à comprendre exactement la situation : imaginons, pour un moment, qu'une armée quelconque soit parvenue jusqu'à Paris et ait attaqué la capitale entre la Porte de Champerret et la Porte Maillot, tout le reste du pourtour de Paris restant libre, toutes les autres portes permettant au trafic normal de s'effectuer.
Diriez-vous que Paris est bloqué ?
Diriez-vous que Paris est assiégé ?
Non, n'est-ce pas !
Vous diriez, à juste titre, que Paris est attaqué sur une faible portion de sa périphérie. Alors si, dans de telles conditions, vous n'admettriez pas qu'on parle d'un siège de Paris, pourquoi répétez-vous (4) sans cesse ce mot quand il s'agit de l'Allemagne ? Toutes proportions gardées, ce que je viens de dire de Paris s'applique à l'Allemagne. Nous (2) attaquons le Reich le long de notre commune frontière, sur un espace qui n'est pas proportionnellement plus grand que la distance qui sépare la Porte Maillot de la Porte de Champerret. Les 300 kilomètres sur lesquels s'étendent les lignes Maginot et Siegfried sont, à peu près, la onzième partie des frontières actuelles du Reich. Tout le reste de ses frontières est libre de toute attaque : bien mieux, il demeure ouvert à des ravitaillements qui ne feront que croître en importance.
Est-ce là un siège ?
Est-ce là un blocus ?
Non, évidemment.
Alors pourquoi se gargariser avec des mots qui n'ont pas de sens ou, tout au moins, qui ne s'appliquent pas à la situation ?
Parce que, en parlant de l'Allemagne, vous avez peur de la vérité, parce que la haine (5) que certaine presse (6) a distillée goutte à goutte a fini par obscurcir votre entendement et parce que le peuple le plus intelligent en est venu à penser qu'en dénigrant la situation de son adversaire il en viendrait plus facilement à bout !
Croyez-moi, les conditions d'existence du Reich ne sont pas du tout celles qu'on veut vous faire admettre. Oh, sans doute, tout est rationné, rien n'est laissé au désordre, le gaspillage est impossible, mais une vie suffisante est réservée à chaque citoyen, une vie qui ira en s'améliorant et qui peut sans inconvénient durer des années. Je vais vous donner à ce sujet quelques explications.
Vous devez bien vous rendre compte que les dirigeants du Reich, qui ont préparé l'Allemagne à toute éventualité, n'ont pas négligé la question primordiale des vivres alors qu'ils avaient encore à la mémoire les difficultés cruelles qui les avaient confrontés (7) à le fin de la dernière guerre. En fait, les provisions emmagasinées sont suffisantes pour beaucoup plus d'une année, et cette période est calculée en admettant, hypothèse absurde évidemment, que durant ce laps de temps, le Reich ne recevrait rien de son sol ou de l'étranger. Or, le ravitaillement de l'étranger, en dépit de la presse française et de ses contre-vérités, est déjà considérable et ne fera qu'augmenter. En dehors du commerce presque normal que l'Allemagne continuera à entretenir avec les Neutres, nous devons considérer les deux grandes sources d'approvisionnements que ses actes politiques lui ont ménagées : la Russie et les Balkans.
On vous a dit à maintes reprises que l'aide matérielle que la Russie pouvait fournir était de peu d'importance et je vous ai fait remarquer que, si vraiment elle était sans valeur, les bassesses de notre diplomatie (8) aux pieds de Moscou ne s'expliqueraient pas. En réalité, l'aide des Soviets (9) est de première importance pour un pays comme l'Allemagne, car ses techniciens sont capables d'intensifier énormément la production de ce réservoir inépuisable de ressources agricoles et minérales. Cela prendra quelque temps; moins que vous ne l'imaginez certainement.
En ce qui concerne les Balkans, des contrats issus de traités de commerce, garantissent au Reich toutes les livraisons en pétrole, céréales et autres produits dont il a besoin. L'influence anglo-française (10) qui s'efforce de détourner les peuples des Balkans de leurs obligations contractuelles envers l'Allemagne, doit tenir compte désormais de ce que les Russes sont à portée.
Les ressources du Reich sont destinées à croître dans une proportion considérable, en dépit des erreurs que l'on cherche à vous faire admettre, sur ce point comme sur beaucoup d'autres. Dans ces conditions, voulez-vous réfléchir un moment et vous demander ce que le blocus anglais peut bien faire contre l'Allemagne. Au lieu de recevoir certains produits par l'Océan Atlantique, elle les verra venir à elle par sa frontière de l'Est. Dites-moi, franchement, croyez-vous que le Reich soit assiégé ? Le seul siège qui existe en ce moment, c'est celui que les journaux français (6) essaient d'entreprendre autour de vos intelligences, dans l'espoir de vous faire admettre tous les bobards et toutes les bourdes et de vous acculer à renoncer à l'exercice sacré de votre jugement personnel (fin de l'éditorial du 5 novembre 1939 des émissions de Radio Stuttgart en langue française, intitulé "Pas de blocus, ni de siège".
N.B. : à aucun moment, dans le cours de cet éditorial, le nom de Hitler n'est mentionné, pas plus qu'il n'est fait une quelconque allusion aux Juifs ou à des projets du gouvernement du Reich allemand à leur égard.
N.B. : à aucun moment, dans le cours de cet éditorial, le nom de Hitler n'est mentionné, pas plus qu'il n'est fait une quelconque allusion aux Juifs ou à des projets du gouvernement du Reich allemand à leur égard.
N O T E S
- la gravité du moment : le pays d'où est diffusé cette émission (le Reich allemand) et le pays vers lequel elle est diffusée sont en état de guerre l'un avec l'autre; toutefois, les opérations sont limitées, c'est « la drôle de guerre » dont on peut encore espérer qu'elle ne débouchera pas sur une guerre d'envergure;
- l'éditorialiste français des émissions de Radio Stuttgart s'identifie àses compatriotes : il dit « nous » en parlant d'eux et de lui-même, et ilrappelle certaines qualités généralement attribuées aux Français;
- l'éditorialiste se place du point de vue de la fraction de l'opinion publique française convaincue par la propagande officielle du gouvernement de la 3e République, diffusée notamment par le Commissariat Général à l'Information animé par Jean Giraudoux (1882-1944) et la coopération d'exilés allemands opposants au national-socialisme, dont Alfred Döblin (1878-1957);
- c'est en fait la propagande officielle du Commissariat Général à l'Information qui répète cet argument à l'intention du public français; l'éditorialiste de Radio Stuttgart a pour objectif de contrer et d'anéantir cette propagande;
- la haine anti-allemande est indéniable, indépendamment de ce qu'on peut penser du régime national-socialiste; certains milieux français n'ont pas accepté l'unité allemande de 1871 qui a eu notamment pour conséquence d'enlever à la France toute possibilité de prépondérance géopolitique en Europe continentale (à moins d'un démembrement de l'Allemagne que la France ne parviendra jamais à imposer à ses Alliés); à cette rancoeur ancienne sont venus s'ajouter l'hostilité idéologique envers le national-socialisme de milieux dits de gauche, et l'hostilité de milieux que la politique du 3e Reich envers les Juifs (qui, en tant de paix ou de drôle de guerre n'a encore que des effets très limités) a fait basculer dans le camp des bellicistes, de ceux qui veulent en découdre avec la 3e Reich, soit parce qu'il est allemand, soit parce qu'il est national-socialiste, soit parce qu'il pratique une politique d'antisémitisme d'Etat, et souvent pour deux de ces raisons, ou les trois à la fois;
- « certaine presse », « les journaux français » : il s'agit de la presse contrôlée par le Commissariat Général à l'Information d'un pays en guerre; le contrôle de l'information est la règle dans tout pays en guerre; c'est pour cela que l'épidémie de grippe de 1918-1920 fut dite « espagnole » : l'Espagne n'étant pas en guerre, on y parlait ouvertement de l'épidémie, à la différence des pays qui étaient en guerre et dans lesquels ce genre d'information était censuré pour ne pas atteindre au moral des populations;
- il est ici fait référence à la grande misère en Allemagne au lendemain de la Guerre Mondiale de 1914-1918, conséquence du blocus de l'Allemagne, des troubles politiques consécutifs à la chute de l'Empire, aux réparations imposées par le traité de Versailles, à l'afflux de réfugiés et d'expulsés en provenance de territoires enlevés à l'Allemagne, à l'occupation franco-belge de la Ruhr de 1923, à l'hyper-inflation de la même année;
- l'éditorialiste fait allusion à la politique de la France envers l'Union Soviétique avant que celle-ci ne se lie avec le Reich allemand par un « pacte de non agression » en août 1939; il la qualifie de « bassesses » et a recours à l'argument : si vous attachiez tant de prix, avant août 1939, à l'entente avec Moscou, comment pouvez-vous maintenant affirmer que l'entente entre Moscou et Berlin est sans grand intérêt pour le Reich allemand ?;
- comme le Général de Gaulle, l'éditorialiste des émissions en français de Radio Stuttgart n'emploie pas les expressions URSS, Union Soviétique; il dit : la Russie, les Soviets comme … le Général de Gaulle; ce même éditorialiste semble curieusement envisager une aide allemande au développement de la Russie des Soviets; une telle éventualité était improbable : ni le Reich allemand ni l'Union Soviétique n'ont sincèrement adhéré au Pacte qu'ils ont signé pour des raisons d'opportunité à court terme : le Reich allemand apporte discrètement son aide aux Finlandais attaqués par l'Union Soviétique (pas assez discrètement pour que Moscou puisse l'ignorer) pendant la Guerre d'Hiver, tandis que l'ambassadrice soviétique à Stockholm, Alexandra Kollontaï ne cache pas que le gouvernement de son pays n'attend que l'occasion de « briser les reins » (sic) du fascisme allemand (cf. : Histoire de la Guerre Froide, d'André Fontaine);
- habilement, l'éditorialiste suggère à ses auditeurs, en parlant d'influence anglo-française (plutôt que de franco-anglaise) que la France est, dans cette affaire, entraînée par le Royaume-Uni.
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mardi 30 octobre 2012
Radio Stuttgart ; "Au sujet des services de renseignements" (30/10/39)
Le texte ci-après, intitulé "Au sujet des services de renseignements", est la version écrite de l'éditorial de l'émission en français de Radio Stuttgart diffusé le 30 octobre 1939.
Radio Stuttgart est un des émetteurs du Reich allemand, un Etat avec lequel la République française est, de fait (1), en guerre depuis un peu moins de deux mois; le thème de l'éditorial est l'incompétence attribuée par l'éditorialiste aux services de renseignements du Royaume-Uni.
Le public visé par l'émission est le public résidant en France. C'est un éditorial d'une station de radio d'un Etat en guerre, adressé à la population d'un pays avec lequel ce même Etat est en guerre. La diffusion sur les ondes de cet éditorial intervient pendant la période qualifiée de "drôle de guerre" entre septembre 1939 et mai 1940.
Radio Stuttgart est un des émetteurs du Reich allemand, un Etat avec lequel la République française est, de fait (1), en guerre depuis un peu moins de deux mois; le thème de l'éditorial est l'incompétence attribuée par l'éditorialiste aux services de renseignements du Royaume-Uni.
Le public visé par l'émission est le public résidant en France. C'est un éditorial d'une station de radio d'un Etat en guerre, adressé à la population d'un pays avec lequel ce même Etat est en guerre. La diffusion sur les ondes de cet éditorial intervient pendant la période qualifiée de "drôle de guerre" entre septembre 1939 et mai 1940.
"Au sujet des services de renseignements (30.10.1939)
Nous a-t-on assez rabâché pendant des années que l'Intelligence Service (appellation pleine de modestie qui désigne les services de renseignements anglais) (2) savait tout, s'insinuait partout, voyait tout et pouvait tout ! Les histoires les plus mirifiques concernant ses exploits s'étalaient dans tous les journaux. Du Cap Horn au fond de la Sibérie, l'Intelligence Service invisible, mais présent, présidait aux destins du monde et veillait sur les coffres-forts britanniques.
Eh bien, comme beaucoup d'autres réputations, celle de Intelligence Service était quelque peu surfaite, car, de deux choses l'une, ou bien l'Angleterre était mal renseignée, ce qui l'a portée à commettre un nombre considérable de sottises depuis le mois de mars (dernier), ou bien, étant bien renseignée, elle a refusé d'écouter ceux qui faisaient parvenir des avis réels et a délibérément lancé le monde dans une aventure sans précédent.
Nous rappellerons seulement pour mémoire les illusions de Chamberlain (3), auquel ses renseignements faisaient croire que Staline n'attendait qu'une occasion pour déclarer la guerre à l'Allemagne. Le 23 août, le Premier britannique reçut certainement un des chocs les plus violents de sa vie, lorsqu'il constata qu'en réalité les chefs de l'Allemagne et de la Russie avaient, grâce à lui, trouvé une bonne raison de s'entendre pour le mutuel profit de leurs peuples (4).
Une des plus belles preuves de la parfaite méconnaissance des réalités allemandes nous a été donnée dans les premiers jours de la guerre, lorsque les pilotes aériens britanniques ont déversé sur l'Allemagne des tonnes de petits pamphlets destinés, dans la naïve opinion de leurs auteurs, à amener la révolution en Allemagne. On avait fait croire au gouvernement anglais que le peuple allemand était fatigué du National-Socialisme et n'attendait qu'une occasion pour descendre dans la rue. Nous devons donc admettre que la situation en Allemagne était méconnue à un point tel que ni les diplomates, ni les services de renseignements n'avaient pris en considération l'oeuvre accomplie socialement en faveur du peuple, la confiance que les jeunes ont en leurs chefs, la foi qu'ils éprouvent à l'égard de la force de leur race et de la grandeur de leur Reich, cette unité de pensées, de volontés, d'actions qui est une des caractéristiques de l'Allemagne nationale-socialiste. Il avait suffi que quelques vieilles gens, grognons et incompréhensifs (5), élevassent de temps en temps des protestations contre les temps nouveaux, pour que ces récriminations sans portée fussent assimilées à un mécontentement des masses populaires et poussassent Chamberlain à la guerre !
D'autres renseignements, également erronés ou même inventés de toutes pièces, représentaient l'armée allemande comme manquant d'officiers en nombre suffisant pour entraîner et encadrer les recrues.
Mais le comble de l'erreur, c'était l'annonce de la disette de vivres qui devait jeter l'Allemagne à genoux en quelques jours. Rien ne lui était comparable, que le manque de pétrole. Qu'importaient le nombre et la force des avions allemands, que valaient les divisions motorisées, puisque bientôt, dans quelques semaines, les moteurs allaient s'arrêter faute d'essence !
Quant au gouvernement national-socialiste, il n'était composé de gens se disputant à longueur de journée; le Führer (6) était à couteaux tirés avec les chefs de la Reichswehr et l'annonce seule de la déclaration britannique de guerre allait voir tous ces ministres disparaître comme un vol de moineaux !
Je n'exagère rien. Sur des bases aussi puérilement inexactes on a, en Angleterre et en France, édifié la possibilité de la guerre. De telles absurdités ont été répétées par tous les journaux aux braves gens de France (7), qui ne demandaient qu'à les croire puisque, en cas de difficultés, il vaut mieux que l'ennemi soit intérieurement affaibli. Sans ces mensonges, sans ces incompréhensions, sans ces camouflages de la vérité, les peuples occidentaux n'eussent pas permis à leurs gouvernements de les entraîner dans une aventure dont la fin peut être très tragique pour ceux qui se sont trop vantés à ses débuts.
Pour quelques renseignements, peut-être volontairement erronés, voici l'humanité en proie à de terribles convulsions, et la voix du chef qui veut encore la paix a été couverte de ridicule par ceux-là mêmes dont l'ignorance est une des causes du mal et qui continuent à enchaîner les unes aux autres de nouvelles erreurs". (8)
N O T E S
(1) le Reich n'a pas déclaré la guerre à la France, mais la France n'a pas non plus déclaré la guerre au Reich dans les formes prévues par les lois constitutionnelles de 1875 qui constituent la loi fondamentale de la IIIe République Française et qui exigent un vote du Parlement : il y a eu simplement un octroi de crédits militaires au gouvernement lui permettant de faire la guerre;
(2) l'éditorialiste joue sur les mots, ou n'est pas angliciste : en anglais, "intelligence" veut ici dire "renseignements", "collecte de renseignements", et le terme n'a dans le contexte de l'expression "Intelligence Service" aucun rapport avec l'intelligence en tant que faculté mentale;
(3) il s'agit de Neville Chamberlain qui est alors Premier ministre du Royaume-Uni, et qui le restera jusqu'en mai 1940;
(4) il s'agit du pacte de non-agression germano-soviétique signé le 23 août 1939; aucune des parties signataires de ce pacte ne semble avoir été sincère et l'avoir tenu pour durable : dès le déclenchement de la Guerre d'Hiver entre l'Union Soviétique et le Finlande un mois après la diffusion de cet éditorial, l'Allemagne fait brièvement parvenir de l'aide à la Finlande (ce que les Soviétiques ne tarderont pas à apprendre); la Finlande est massivement aidée par des volontaires suédois avec la bénédiction d'un officier supérieur de l'armée suédoise qui n'est autre que le beau-frère d'Hermann Goering, ministre de l'Air du Reich allemand; le Reich apprendra très vite, par les bavardages d'Alexandra Kollontaï, ambassadrice de l'URSS à Stockholm, que l'Union Soviétique attend le moment favorable pour "briser les reins" du Reich (cité par André Fontaine dans "Histoire de la Guerre Froide");
(5) il s'agit d'un éditorial de propagande de guerre : l'opposition interne au gouvernement national-socialiste est désignée comme "quelques vieilles gens, grognons et incompréhensifs", qui élèvent "la voix de temps en temps" et protestent contre "les temps nouveaux" (comprendre : la politique du gouvernement national-socialiste);
(6) il s'agit d'Adolf Hitler, dont le nom n'est jamais prononcé dans le cours de cet éditorial; plus loin, il est désigné comme "le chef qui veut encore la paix" et dont les ennemis extérieurs et réputés bellicistes couvrent la voix de ridicule; le message est : le Reich veut la paix, la guerre effective n'est pas encore inévitable;
(7) l'éditorial de Radio Stuttgart s'adresse au public français, lequel est naturellement ménagé et désigné comme un ensemble de "braves gens" non acquis à l'idée d'une guerre inévitable et victime d'une propagande belliciste;
(8) fin de l'éditorial de l'émission en français de Radio Stuttgart, une des stations contrôlées par le gouvernement du Reich allemand, diffusé le 30 octobre 1939.
N.B. : à aucun moment il n'est question des Juifs, de leur sort, de projets du gouvernement national-socialiste à leur égard.
N.B. : à aucun moment il n'est question des Juifs, de leur sort, de projets du gouvernement national-socialiste à leur égard.
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mardi 16 octobre 2012
17 octobre 1961 : de la repentance ? Pas en nom !
Vanessa Burggraf, présentatrice de la chaîne France 24, affirmait à la mi-octobre 2011 que des personnalités attendaient de la Vrôôônce (1) (que, quoi ou qui désigne ce nom ?) "reconnaisse" sa responsabilité (qu'est-ce à dire ?) dans la gestion de la répression de la manifestation d'Algériens à Paris et alentours le 17 octobre 1961.
En 2012, la même chaîne entend commémorer l'évènement en donnant la parole à des "Algériens de France" pour leur permettre, n'en doutons pas, de culpabiliser les Eurofrançais (2) et de les conduire à admettre que, du fait notamment de cette histoire, les personnes issues des flux migratoires sud-nord "ont des droits" sur eux.
Adolescent, j'ai été contemporain de ce développement des derniers mois de la guerre d'Algérie. Il n'y a aucune raison d'exprimer une quelconque repentance, de présenter des excuses ou quoi que ce soit de ce genre. Que celles et ceux qui croiront pouvoir et devoir le faire ne le fassent qu'en leur nom et se ridiculisent ainsi. Ils ne me représentent pas. Je leur dénie le droit de parler pour moi.
La manifestation répondait à un appel du FLN, l'organisation algérienne dont la branche militaire, composée de volontaires, tuait des soldats français en Algérie. Si j'avais eu dix ans de plus en 1961, j'aurais pu tomber en Algérie sous les balles des instigateurs de la manifestation En appelant les Algériens de Paris et de sa banlieue à manifester comme ils l'ont fait, le FLN algérien posait un acte de guerre sur le territoire métropolitain (3)., et il fallait s'attendre à ce qu'il soit répondu à cet acte de guerre. Sauf exceptions, les manifestants répondant à l'appel du FLN étaient tous volontaires, ce que n'étaient pas la plupart des soldats français servant à la même époque en Algérie, et qui ne s'y trouvaient que parce qu'ils appartenaient à des classes d'âge données et étaient ressortissants français de sexe masculin., donc soumis à la conscription (4).
Le FLN algérien a voulu montrer son influence sur les Algériens de la Seine. Ce faisant, il a fait peur et est responsable de la dureté relative (oui, relative) de la répression dont ont été victimes ceux qui ont suivi son appel à manifester. La répression dont on se gargarise aujourd'hui pour la stigmatiser répondait à une provocation grossière. Le FLN algérien invitait à cette répression de gens qu'il a instrumentalisés. La mesure de la peur et de la colère de certains Eurofrançais témoins ou contemporains de cette provocation du FLN algérien peut être évaluée à l'aune d'une intervention d'un conseiller municipal de Paris : il préconisait devant cette assemblée une rafle de militants FLN, et leur embarquement sur un navire à couler en pleine mer; j'ai entendu à la maison, de la bouche d'un de mes proches parents une préconisation similaire. Je suppose que le fantasme récurrent d'Algériens noyés provient en partie de ces propos pronocés sous le coup des émotions-soeurs de la colère et de la peur. Mon souhait, mon attente, c'était que l'Algérie devienne rapidement indépendante, et que le plus grand nombre possible des Algériens qui vivaient parmi nous quittent la France d'Europe dans la foulée de l'accession de leur pays à l'indépendance. Je n'étais ni partisan de l'Algérie française, ni encore moins sympathisant du FLN et des prétendus mouvements de libération nationale de ce qu'on appelait le Tiers Monde. Je souhaitais la sécession de l'Algérie ... pour ne pas avoir neuf millions de concitoyens musulmans algériens dans le cadre d'une France s'étendant de Dunkerque à Tamanrasset. Je n'ai pas vraiment changé d'avis.
J'habitais Colombes (Seine). Quatre ans auparavant, au sortir d'une grande manifestation sportive à laquelle assistait le président René Coty, à Colombes, le FLN avait fait assassiner un notable algérien musulman, ancien vice-président de l'Assemblée algérienne (mise en sommeil en raison des évènements). La communauté algérienne, et plus généralement maghrébine, était très représentée à Colombes et dans les communes voisines (Nanterre, Argenteuil). Sa présence inquiétait d'autant plus que la presse populaire de l'époque ne cachait rien de la guerre algéro-algérienne que se livraient en banlieue le FLN et son rival le Mouvement Nationaliste Algérien (MNA). On craignait que cette population qui vivait parmi nous ne réponde à des mots d'ordre du FLN. C'est ce qui est arrivé le 17 octobre 1961. Je me souviens, au retour d'une promenade dominicale en famille, d'avoir vu le terre-plein situé en face de la gare de Colombes, au débouché des rues Victor Hugo, Saint-Denis, de l'Indépendance ou de l'avenue Ménelotte, et de l'avenue de l'Agent Sarre, noir de monde : on venait d'y arrêter un Algérien qui avait assassiné un gardien de la paix du commissariat de Colombes.
On pouvait rencontrer à Colombes, administrée par la veuve UNR de Stanislas Devaud (5) des sympathisants et des compagnons de route du FLN : le calamiteux Parti Socialiste Unifié (PSU) y était assez actif; son animateur semblait être un imprimeur du nom de Cary. Ce Cary était en outre l'imprimeur attitré de la Paroisse Catholique Saint-Pierre Saint-Paul, animée par les Fils de la Charité. Dix ans après les évènements de 1961, le maire communiste de Colombes, Dominique Frélaut, dut se séparer d'une de ses adjointes, une jolie demoiselle du PSU et de la CFDT, militante paroissiale de Saint-Pierre Sant-Paul.. Cette trentenaire bien intentionnée était visitée par des fantasmes qui lui faisaient voir, en 1971, des policiers jeter des Algériens dans la Seine.
En octobre 2012, le maire socialiste de Colombes, Philippe Sarre, entend commémorer les évènements d'octobre 1961, réduits à la répression d'une "manifestation pacifique" (sic) en présence de diplomates algériens et... d'un membre du gouvernement algérien (6). C'est tout simplement déguelasse.
N O T E S
(1) cette graphie ne vise pas une prononciation, un accent quelconque; elle se réfère au caractère très abstrait de l'idée de nation actuellement en vogue, qui ferait souhaiter que le pays change de nom. Si la France est à tout le monde, ou peut être à tout le monde, si elle est avant tout le pays des droits de l'Homme (on a envie d'écrire "droidloms" par dérision, puisque c'est au nom des droits de l'Homme qu'on s'en prend aux libertés fondamentales) plutôt que celui de ses habitants, elle devrait changer de nom : je propose quelque chose comme la Vrôôônse;
(2) qu'on le veuille ou non, qu'on accepte de le voir ou non, le communautarisme existe; le dénoncer n'aboutit qu'à criminaliser le recours éventuel à ce cadre de solidarité par personnes non issues des flux migratoires, disons, du dernier demi-siècle;
(3) ce n'était pas une manifestation pacifique : elle répondait à un mot d'ordre du FLN en guerre avec la France et avec d'autres mouvements nationalistes algériens (dont le MNA de Massali Hadj); que le FLN se soit servi de femmes et de jeunes personnes sans armes pour tester son influence et son autorité sur des Algériens en France d'Europe n'y change rien;
(4) Les bandes de volontaires de Rol Tanguy et de Kriegel Valrimont, ou même de Leclerc, ont beaucoup plus tué ou massacré, et dans des conditions souvent ignominieuses, lors de la "libération de Paris" de l'été 1944, que les policiers commandés par Maurice Papon en octobre 1961 qui n'ont tué, sauf exceptions, que des volontaires, ce que n'étaient pas la plupart des hommes du général Von Choltitz.
Un crime de guerre, voire contre l'humanité, commis par la Résistance, parmi tant d'autres survenus en août et septembre 1944 : à Paris, rue de la Harpe, au Quartier Latin, dans ce que je crois pouvoir situer au Centre de Santé Hostater, qui dépend du C.R.O.U.S. de Paris, des résistants ont assassiné un soldat allemand, mineur d'âge, blessé et prisonnier, malgré les supplications d'une infirmière en service dans ce centre de secours ouvert pendant les combats de ce qu'il est convenu d'appeler la libération de Paris; l'"héroïque" libertador commenta ainsi son geste : "On les tuera tous" (cité dans "Paris brûle-t-il ?" de Lapierre et Collins). Le journal communiste L'Humanité avait appelé au meurtre : "A chacun son Boche", "Pas un Boche ne doit sortir vivant de Paris". Le blessé assassiné n'a pas sa plaque commémorative. Son assassin l'a peut-être, s'il a été tué à son tour peu après. Mais lui était volontaire. S'il avait perdu la guerre...il aurait pu, et dû, être considéré comme criminel de guerre, voire contre l'humanité.
(5) il s'agissait de Marcelle Devaud, née Guggenheim; les Guggenheim étaient des juifs d'Alsace installés en Algérie après la conquête française; paradoxalement, si on peut dire, Stanislas Devaud représentait un mouvement qui entendait plutôt promouvoir les populations arabo-musulmanes des départements français d'Algérie : la Solidarité Française; par dérision, les adversaires de ce mouvement l'appelaient parfois la Sidilarité Française : dans l'imaginaire familier des Eurofrançais d'avant les flux migratoires massifs des années 1960, les personnes originaires d'Afrique du Nord étaient souvent associés à la figure du marchand ambulant de tapis, dénommé "sidi" (ce qui veut dire "monsieur" voire "seigneur" en arabe, voir : Le Cid, de Corneille), ce qui pouvait être légèrement ironique voire péjoratif de la part des Eurofrançais, mais pas aux oreilles des intéressés ainsi "anoblis";
(6) l'actuel gouvernement de l'Etat qui s'est donné le nom de République Algérienne Démocratique et Populaire se trouve ainsi conforté dans sa légitimité historique : il est issu du FLN qui avait appelé à cette manifestation du 17 octobre 1961;
En 2012, la même chaîne entend commémorer l'évènement en donnant la parole à des "Algériens de France" pour leur permettre, n'en doutons pas, de culpabiliser les Eurofrançais (2) et de les conduire à admettre que, du fait notamment de cette histoire, les personnes issues des flux migratoires sud-nord "ont des droits" sur eux.
Adolescent, j'ai été contemporain de ce développement des derniers mois de la guerre d'Algérie. Il n'y a aucune raison d'exprimer une quelconque repentance, de présenter des excuses ou quoi que ce soit de ce genre. Que celles et ceux qui croiront pouvoir et devoir le faire ne le fassent qu'en leur nom et se ridiculisent ainsi. Ils ne me représentent pas. Je leur dénie le droit de parler pour moi.
La manifestation répondait à un appel du FLN, l'organisation algérienne dont la branche militaire, composée de volontaires, tuait des soldats français en Algérie. Si j'avais eu dix ans de plus en 1961, j'aurais pu tomber en Algérie sous les balles des instigateurs de la manifestation En appelant les Algériens de Paris et de sa banlieue à manifester comme ils l'ont fait, le FLN algérien posait un acte de guerre sur le territoire métropolitain (3)., et il fallait s'attendre à ce qu'il soit répondu à cet acte de guerre. Sauf exceptions, les manifestants répondant à l'appel du FLN étaient tous volontaires, ce que n'étaient pas la plupart des soldats français servant à la même époque en Algérie, et qui ne s'y trouvaient que parce qu'ils appartenaient à des classes d'âge données et étaient ressortissants français de sexe masculin., donc soumis à la conscription (4).
Le FLN algérien a voulu montrer son influence sur les Algériens de la Seine. Ce faisant, il a fait peur et est responsable de la dureté relative (oui, relative) de la répression dont ont été victimes ceux qui ont suivi son appel à manifester. La répression dont on se gargarise aujourd'hui pour la stigmatiser répondait à une provocation grossière. Le FLN algérien invitait à cette répression de gens qu'il a instrumentalisés. La mesure de la peur et de la colère de certains Eurofrançais témoins ou contemporains de cette provocation du FLN algérien peut être évaluée à l'aune d'une intervention d'un conseiller municipal de Paris : il préconisait devant cette assemblée une rafle de militants FLN, et leur embarquement sur un navire à couler en pleine mer; j'ai entendu à la maison, de la bouche d'un de mes proches parents une préconisation similaire. Je suppose que le fantasme récurrent d'Algériens noyés provient en partie de ces propos pronocés sous le coup des émotions-soeurs de la colère et de la peur. Mon souhait, mon attente, c'était que l'Algérie devienne rapidement indépendante, et que le plus grand nombre possible des Algériens qui vivaient parmi nous quittent la France d'Europe dans la foulée de l'accession de leur pays à l'indépendance. Je n'étais ni partisan de l'Algérie française, ni encore moins sympathisant du FLN et des prétendus mouvements de libération nationale de ce qu'on appelait le Tiers Monde. Je souhaitais la sécession de l'Algérie ... pour ne pas avoir neuf millions de concitoyens musulmans algériens dans le cadre d'une France s'étendant de Dunkerque à Tamanrasset. Je n'ai pas vraiment changé d'avis.
J'habitais Colombes (Seine). Quatre ans auparavant, au sortir d'une grande manifestation sportive à laquelle assistait le président René Coty, à Colombes, le FLN avait fait assassiner un notable algérien musulman, ancien vice-président de l'Assemblée algérienne (mise en sommeil en raison des évènements). La communauté algérienne, et plus généralement maghrébine, était très représentée à Colombes et dans les communes voisines (Nanterre, Argenteuil). Sa présence inquiétait d'autant plus que la presse populaire de l'époque ne cachait rien de la guerre algéro-algérienne que se livraient en banlieue le FLN et son rival le Mouvement Nationaliste Algérien (MNA). On craignait que cette population qui vivait parmi nous ne réponde à des mots d'ordre du FLN. C'est ce qui est arrivé le 17 octobre 1961. Je me souviens, au retour d'une promenade dominicale en famille, d'avoir vu le terre-plein situé en face de la gare de Colombes, au débouché des rues Victor Hugo, Saint-Denis, de l'Indépendance ou de l'avenue Ménelotte, et de l'avenue de l'Agent Sarre, noir de monde : on venait d'y arrêter un Algérien qui avait assassiné un gardien de la paix du commissariat de Colombes.
On pouvait rencontrer à Colombes, administrée par la veuve UNR de Stanislas Devaud (5) des sympathisants et des compagnons de route du FLN : le calamiteux Parti Socialiste Unifié (PSU) y était assez actif; son animateur semblait être un imprimeur du nom de Cary. Ce Cary était en outre l'imprimeur attitré de la Paroisse Catholique Saint-Pierre Saint-Paul, animée par les Fils de la Charité. Dix ans après les évènements de 1961, le maire communiste de Colombes, Dominique Frélaut, dut se séparer d'une de ses adjointes, une jolie demoiselle du PSU et de la CFDT, militante paroissiale de Saint-Pierre Sant-Paul.. Cette trentenaire bien intentionnée était visitée par des fantasmes qui lui faisaient voir, en 1971, des policiers jeter des Algériens dans la Seine.
En octobre 2012, le maire socialiste de Colombes, Philippe Sarre, entend commémorer les évènements d'octobre 1961, réduits à la répression d'une "manifestation pacifique" (sic) en présence de diplomates algériens et... d'un membre du gouvernement algérien (6). C'est tout simplement déguelasse.
N O T E S
(1) cette graphie ne vise pas une prononciation, un accent quelconque; elle se réfère au caractère très abstrait de l'idée de nation actuellement en vogue, qui ferait souhaiter que le pays change de nom. Si la France est à tout le monde, ou peut être à tout le monde, si elle est avant tout le pays des droits de l'Homme (on a envie d'écrire "droidloms" par dérision, puisque c'est au nom des droits de l'Homme qu'on s'en prend aux libertés fondamentales) plutôt que celui de ses habitants, elle devrait changer de nom : je propose quelque chose comme la Vrôôônse;
(2) qu'on le veuille ou non, qu'on accepte de le voir ou non, le communautarisme existe; le dénoncer n'aboutit qu'à criminaliser le recours éventuel à ce cadre de solidarité par personnes non issues des flux migratoires, disons, du dernier demi-siècle;
(3) ce n'était pas une manifestation pacifique : elle répondait à un mot d'ordre du FLN en guerre avec la France et avec d'autres mouvements nationalistes algériens (dont le MNA de Massali Hadj); que le FLN se soit servi de femmes et de jeunes personnes sans armes pour tester son influence et son autorité sur des Algériens en France d'Europe n'y change rien;
(4) Les bandes de volontaires de Rol Tanguy et de Kriegel Valrimont, ou même de Leclerc, ont beaucoup plus tué ou massacré, et dans des conditions souvent ignominieuses, lors de la "libération de Paris" de l'été 1944, que les policiers commandés par Maurice Papon en octobre 1961 qui n'ont tué, sauf exceptions, que des volontaires, ce que n'étaient pas la plupart des hommes du général Von Choltitz.
Un crime de guerre, voire contre l'humanité, commis par la Résistance, parmi tant d'autres survenus en août et septembre 1944 : à Paris, rue de la Harpe, au Quartier Latin, dans ce que je crois pouvoir situer au Centre de Santé Hostater, qui dépend du C.R.O.U.S. de Paris, des résistants ont assassiné un soldat allemand, mineur d'âge, blessé et prisonnier, malgré les supplications d'une infirmière en service dans ce centre de secours ouvert pendant les combats de ce qu'il est convenu d'appeler la libération de Paris; l'"héroïque" libertador commenta ainsi son geste : "On les tuera tous" (cité dans "Paris brûle-t-il ?" de Lapierre et Collins). Le journal communiste L'Humanité avait appelé au meurtre : "A chacun son Boche", "Pas un Boche ne doit sortir vivant de Paris". Le blessé assassiné n'a pas sa plaque commémorative. Son assassin l'a peut-être, s'il a été tué à son tour peu après. Mais lui était volontaire. S'il avait perdu la guerre...il aurait pu, et dû, être considéré comme criminel de guerre, voire contre l'humanité.
(5) il s'agissait de Marcelle Devaud, née Guggenheim; les Guggenheim étaient des juifs d'Alsace installés en Algérie après la conquête française; paradoxalement, si on peut dire, Stanislas Devaud représentait un mouvement qui entendait plutôt promouvoir les populations arabo-musulmanes des départements français d'Algérie : la Solidarité Française; par dérision, les adversaires de ce mouvement l'appelaient parfois la Sidilarité Française : dans l'imaginaire familier des Eurofrançais d'avant les flux migratoires massifs des années 1960, les personnes originaires d'Afrique du Nord étaient souvent associés à la figure du marchand ambulant de tapis, dénommé "sidi" (ce qui veut dire "monsieur" voire "seigneur" en arabe, voir : Le Cid, de Corneille), ce qui pouvait être légèrement ironique voire péjoratif de la part des Eurofrançais, mais pas aux oreilles des intéressés ainsi "anoblis";
(6) l'actuel gouvernement de l'Etat qui s'est donné le nom de République Algérienne Démocratique et Populaire se trouve ainsi conforté dans sa légitimité historique : il est issu du FLN qui avait appelé à cette manifestation du 17 octobre 1961;
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mercredi 3 octobre 2012
Arte, ou les salauds
Jean-Paul Sartre passe pour avoir élevé, si on peut dire, le salaud, au niveau d'une catégorie philosophique. En regardant Arte Journal, il m'arrive de constater que les pires salauds du paysage médiatique européen sont à la rédaction de cette émission.
Mardi 2 octobre 2012, 19h45. L'édition vespérale d'Arte Desinfo, pardon Arte Journal, est présentée par Méline Freda qui, malgré son minois de Pékinoise, passe pour être Belge.
L'agenda (1), au sens anglais du terme, des directeurs de conscience d'Arte Journal est clairement situé entre "la gauche de la gauche" et "l'ultra-gauche". Pourquoi pas ? Ce pourrait être légitime si cette chaîne à financement, mais à financement seulement, franco-allemand, ne passait pas pour être autre chose : une chaîne culturelle franco-allemande et européenne. Le public à l'attention superficielle en est resté là.
Le choix du commerçant suédois IKEA de ne pas faire figurer de femmes dans son catalogue diffusé en Arabie Saoudite est dénoncé par Arte Journal comme un "effet pervers du capitalisme", un pacte avec "le diable" (merci pour les dirigeants saoudiens, identifiés par les directeurs de conscience d'Arte Journal à Satan ! N'y aurait-il pas là comme de l'islamophobie, attitude qu'Arte est si prompte à déceler et à dénoncer chez les Européens de souche ?). Heureusement, les Suédois ont une "autorité morale" venue de loin pour les inciter à la repentance : la ministre suédoise de l'égalité de je-ne-sais-pas-quoi, une Afro-suédoise dénommée Nyamko Sambuni, et à qui Arte Journal donne la parole pour fustiger l'industriel et commerçant IKEA. Et IKEA de tenter de se défendre en affirmant avoir des "valeurs" comme je-ne-sais-plus-quoi : les droidloms ou l'égalité des sexes ou je ne sais quoi de ce genre. Comme si c'était son rôle !
C'est une sida mental contagieux qui me semble venir de France où tout doit être "de la République" : l'école de la République, la police républicaine, la loi de la République, les faleurs de la répuplique etc...
Mais le "clou" de cette émission d'Arte Journal du 2 octobre au soir se trouvait dans sa page dite culturelle.
On y présentait une merde, pardon : "une performance (sic) (2) autour du colonialisme" du sud-africain anglophone et leucoderme (3) Brett Bailey. Le titre de la séquence sur Arte Journal était "Au coeur des ténèbres". Et la séquence confiée à une journaliste dénommée Sandra Luvina (ou Louvina). Ce spectacle est donné à Berlin.et doit y être connu sous l'appellation d'"Exibit B" (6) ou quelque chose comme ça.
Un des points centraux de l'agenda (1) politique des directeurs de conscience d'Arte Journal est de retourner l'opinion publique européenne en faveur des réfugiés, des résidents illégaux dits "sans papiers" et en général des immigrés issus des flux migratoires sud-nord, pour que ceux-ci soient non seulement tolérés, mais que leur présence soit même souhaitée. Pour arriver à cette fin, quoi de mieux que de culpabiliser le public en établissant, à travers la merde, pardon : le spectacle, de Brett Bailey, un lien entre le regard que les Européens du 19e et du début du 20e siècle portaient sur les Africains ou Asiatiques exhibés en Europe à des fins de divertissement et celui que les Européens d'aujourd'hui portent sur les réfugiés (il est immoral et interdit de s'interroger pour distinguer vrai et faux réfugié, réfugié politique, économique ou sexuel : ne sommes-nous pas tous des lesbiens algériens ?).
Cette séquence d'Arte Journal sur la merde, pardon le spectacle, de Brett Bailey, est l'occasion de fustiger "la politique coloniale allemande" (4) et son lot d'horreurs". Pensez : c'est dans des camps de l'actuelle Namibie qu'un nommé Fischer (prénom inaudible : Gen, ou James ?) aurait conçu ses théories raciales que les nazis auraient ensuite reprises. Brrr, ça donne froid dans le dos, non ? On nous montre un acteur nommé Marcellinus Swartbooi, dont la mélanodermie (3) est renforcée par une couche de cirage pour faire plus vrai, qui vient nous dire qu'il ne vient pas chercher la confrontation (ouf !) mais aider à un travail de mémoire (j'ai déjà entendu ça ailleurs). Cette "terrible et magnifique performance" (1), Arte Journal dixit, est l'occasion pour de "jeunes artistes berlinois" (sic) de faire leurs preuves. L'un d'eux, qui répond au nom de Collivan Nso (un nom bien brandebourgeois !), un Africain devenu Allemand et qui a été réfugié avant de s'"intégrer" (?) en Allemagne, interprète un jeune demandeur d'asile africain mort dans une opération de refoulement, de rapatriement forcé (5).
Arte Journal décerne ses félicitations à Brett Bailey : la public va être culpabilisé et les résistances à la poursuite et l'amplification des flux migratoires sud-nord en seront entravées. Il y aurait un parallèle entre, je cite, "l'acceptation par NOS aïeux des outrances coloniales" et "NOTRE passivité face au traitement INFLIGE aux réfugiés". Et Brett Bailey de fantasmer tout éveillé devant la caméra d'Arte Journal : le regard de ses acteurs africains mélanodermes sur les spectateurs de sa merde, pardon : de sa pièce, est le même que celui que croisaient déjà il y a un plus d'un siècle les spectateurs européens venus voir les "indigènes" exhibés dans des cabinets de curiosité ou des cirques. Si après ça, vous n'allez pas pétitionner pour des sans papiers, des réparations à verser aux anciens pays colonisés, si vous n'ouvrez pas toutes grandes les frontières de l'Europe, vous allez désespérer les directeurs de conscience d'Arte Journal.
N O T E S
(1) le mot "agenda" en anglais signifie "programme", "ordre du jour"; il est parfois, par imitation de l'anglais, employé dans ce sens dans d'autres langues;
(2) il s'agit d'un mot anglais dit "faux ami" : en anglais, un spectacle est une "performance" aussi bien qu'un "show";
(3) un leucoderme est un blanc; un mélanoderme est un noir;
(4) c'est bien la peine que les vainqueurs de la Première Guerre Mondiale aient déclaré l'Allemagne "indigne" (sic) d'avoir des colonies, pour se les partager; quatre-vingt-dix ans plus tard, une chaîne dite franco-allemande trouve encore le moyen d'essayer de dénoncer la politique coloniale allemande qui ne devait pas être fondamentalement meilleure ou pire que celle des Etats qui se sont partagé les dépouilles de l'Empire;
(5) le souvenir que j'ai du rapatriement forcé par avion d'un résident illégal dans les années 1980 est celui d'un ressortissant d'un des deux Congos qui a frappé un policier de la Police des Frontières française au point de lui faire perdre un oeil, et ceci dans l'indifférence quasi générale. Le rapatriement n'a pu avoir lieu. Et c'est ce fou furieux qui était l'objet de l'apitoiement médiatique général.
(6) en novembre 2014, la merde, pardon le spectacle Exhibit B a été .... exhibée dans le 4e arrondissement de Paris où elle a été notoirement défendue par le maire local Christophe Girard.
Mardi 2 octobre 2012, 19h45. L'édition vespérale d'Arte Desinfo, pardon Arte Journal, est présentée par Méline Freda qui, malgré son minois de Pékinoise, passe pour être Belge.
L'agenda (1), au sens anglais du terme, des directeurs de conscience d'Arte Journal est clairement situé entre "la gauche de la gauche" et "l'ultra-gauche". Pourquoi pas ? Ce pourrait être légitime si cette chaîne à financement, mais à financement seulement, franco-allemand, ne passait pas pour être autre chose : une chaîne culturelle franco-allemande et européenne. Le public à l'attention superficielle en est resté là.
Le choix du commerçant suédois IKEA de ne pas faire figurer de femmes dans son catalogue diffusé en Arabie Saoudite est dénoncé par Arte Journal comme un "effet pervers du capitalisme", un pacte avec "le diable" (merci pour les dirigeants saoudiens, identifiés par les directeurs de conscience d'Arte Journal à Satan ! N'y aurait-il pas là comme de l'islamophobie, attitude qu'Arte est si prompte à déceler et à dénoncer chez les Européens de souche ?). Heureusement, les Suédois ont une "autorité morale" venue de loin pour les inciter à la repentance : la ministre suédoise de l'égalité de je-ne-sais-pas-quoi, une Afro-suédoise dénommée Nyamko Sambuni, et à qui Arte Journal donne la parole pour fustiger l'industriel et commerçant IKEA. Et IKEA de tenter de se défendre en affirmant avoir des "valeurs" comme je-ne-sais-plus-quoi : les droidloms ou l'égalité des sexes ou je ne sais quoi de ce genre. Comme si c'était son rôle !
C'est une sida mental contagieux qui me semble venir de France où tout doit être "de la République" : l'école de la République, la police républicaine, la loi de la République, les faleurs de la répuplique etc...
Mais le "clou" de cette émission d'Arte Journal du 2 octobre au soir se trouvait dans sa page dite culturelle.
On y présentait une merde, pardon : "une performance (sic) (2) autour du colonialisme" du sud-africain anglophone et leucoderme (3) Brett Bailey. Le titre de la séquence sur Arte Journal était "Au coeur des ténèbres". Et la séquence confiée à une journaliste dénommée Sandra Luvina (ou Louvina). Ce spectacle est donné à Berlin.et doit y être connu sous l'appellation d'"Exibit B" (6) ou quelque chose comme ça.
Un des points centraux de l'agenda (1) politique des directeurs de conscience d'Arte Journal est de retourner l'opinion publique européenne en faveur des réfugiés, des résidents illégaux dits "sans papiers" et en général des immigrés issus des flux migratoires sud-nord, pour que ceux-ci soient non seulement tolérés, mais que leur présence soit même souhaitée. Pour arriver à cette fin, quoi de mieux que de culpabiliser le public en établissant, à travers la merde, pardon : le spectacle, de Brett Bailey, un lien entre le regard que les Européens du 19e et du début du 20e siècle portaient sur les Africains ou Asiatiques exhibés en Europe à des fins de divertissement et celui que les Européens d'aujourd'hui portent sur les réfugiés (il est immoral et interdit de s'interroger pour distinguer vrai et faux réfugié, réfugié politique, économique ou sexuel : ne sommes-nous pas tous des lesbiens algériens ?).
Cette séquence d'Arte Journal sur la merde, pardon le spectacle, de Brett Bailey, est l'occasion de fustiger "la politique coloniale allemande" (4) et son lot d'horreurs". Pensez : c'est dans des camps de l'actuelle Namibie qu'un nommé Fischer (prénom inaudible : Gen, ou James ?) aurait conçu ses théories raciales que les nazis auraient ensuite reprises. Brrr, ça donne froid dans le dos, non ? On nous montre un acteur nommé Marcellinus Swartbooi, dont la mélanodermie (3) est renforcée par une couche de cirage pour faire plus vrai, qui vient nous dire qu'il ne vient pas chercher la confrontation (ouf !) mais aider à un travail de mémoire (j'ai déjà entendu ça ailleurs). Cette "terrible et magnifique performance" (1), Arte Journal dixit, est l'occasion pour de "jeunes artistes berlinois" (sic) de faire leurs preuves. L'un d'eux, qui répond au nom de Collivan Nso (un nom bien brandebourgeois !), un Africain devenu Allemand et qui a été réfugié avant de s'"intégrer" (?) en Allemagne, interprète un jeune demandeur d'asile africain mort dans une opération de refoulement, de rapatriement forcé (5).
Arte Journal décerne ses félicitations à Brett Bailey : la public va être culpabilisé et les résistances à la poursuite et l'amplification des flux migratoires sud-nord en seront entravées. Il y aurait un parallèle entre, je cite, "l'acceptation par NOS aïeux des outrances coloniales" et "NOTRE passivité face au traitement INFLIGE aux réfugiés". Et Brett Bailey de fantasmer tout éveillé devant la caméra d'Arte Journal : le regard de ses acteurs africains mélanodermes sur les spectateurs de sa merde, pardon : de sa pièce, est le même que celui que croisaient déjà il y a un plus d'un siècle les spectateurs européens venus voir les "indigènes" exhibés dans des cabinets de curiosité ou des cirques. Si après ça, vous n'allez pas pétitionner pour des sans papiers, des réparations à verser aux anciens pays colonisés, si vous n'ouvrez pas toutes grandes les frontières de l'Europe, vous allez désespérer les directeurs de conscience d'Arte Journal.
N O T E S
(1) le mot "agenda" en anglais signifie "programme", "ordre du jour"; il est parfois, par imitation de l'anglais, employé dans ce sens dans d'autres langues;
(2) il s'agit d'un mot anglais dit "faux ami" : en anglais, un spectacle est une "performance" aussi bien qu'un "show";
(3) un leucoderme est un blanc; un mélanoderme est un noir;
(4) c'est bien la peine que les vainqueurs de la Première Guerre Mondiale aient déclaré l'Allemagne "indigne" (sic) d'avoir des colonies, pour se les partager; quatre-vingt-dix ans plus tard, une chaîne dite franco-allemande trouve encore le moyen d'essayer de dénoncer la politique coloniale allemande qui ne devait pas être fondamentalement meilleure ou pire que celle des Etats qui se sont partagé les dépouilles de l'Empire;
(5) le souvenir que j'ai du rapatriement forcé par avion d'un résident illégal dans les années 1980 est celui d'un ressortissant d'un des deux Congos qui a frappé un policier de la Police des Frontières française au point de lui faire perdre un oeil, et ceci dans l'indifférence quasi générale. Le rapatriement n'a pu avoir lieu. Et c'est ce fou furieux qui était l'objet de l'apitoiement médiatique général.
(6) en novembre 2014, la merde, pardon le spectacle Exhibit B a été .... exhibée dans le 4e arrondissement de Paris où elle a été notoirement défendue par le maire local Christophe Girard.
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mardi 18 septembre 2012
Vote des étrangers ? Oui, si...
Le lobby de l'Autre Suprême rappelle à François Normacol (marque déposée) sa promesse d'octroyer le droit de vote aux élections locales aux étrangers non ressortissants de l'UE (appel paru dans Le Monde lundi 17/09). François Normacol répond que ce droit devrait être effectif avant les élections municipales de 2014 : le lobby a averti, François Normacol obtempère.
Certains membres de la majorité de François Normacol sont moins pressés que les porte-parole du lobby de l'Autre Suprême. Des membres des oppositions, y compris au sein de l'ancienne majorité présidentielle, seraient favorables à cette proposition de la campagne de François Normacol dont la concrétisation exigerait une réforme constitutionnelle que la majorité présidentielle ne peut pas imposer à elle seule.
Certains, dans la majorité ou les oppositions, redoutent une campagne, médiatique ou référendaire, passionnelle.
Pourquoi l'opposition parlementaire de la droite et du centre ne proposerait-elle pas un compromis ?
Oui au droit de vote des étrangers non ressortissants de l'UE aux élections locales EN ECHANGE d'une réforme du code de la nationalité abolissant le droit du sol. La création d'une citoyenneté de résidence (expression employée par François Normacol lui-même) et son élargissement devraient permettre de revaloriser la pleine citoyenneté, la nationalité, de rendre l'accès à celle-ci nettement plus sélective et restrictive (en évitant les fausses bonnes conditions : maîtrise de la langue, allégeance aux faleurs de la répuplik, serment au trapeau etc... : la francophonie peut faire très bon ménage avec la gallophobie).
Il serait très intéressant d'observer les réactions de la gauche de gouvernement à cette proposition de compromis...
En 1986, le cartel RPR-UDF avait proposé une plateforme incluant une réforme du code de la nationalité, les manifestations de décembre contre la loi Devaquet, l'affaire Malik Oussekine avaient permis l'abandon de cette proposition via une "Commission des Sages". En 1993, le gouvernement d'Edouard Balladur avait fait adopter une timide réforme du code de la nationalité que la "gauche plurielle" parvenue aux affaires en 1997, a aussitôt abolie. Si la nationalité est une chose sérieuse (je n'ai pas d'opinion arrêtée sur la question), elle mérite une stabilité législative, fruit d'un compromis sérieux.
La relance de la campagne pour l'octroi du vote des étrangers par des "amis" de François Normacol, l'incapacité de la majorité présidentielle d'imposer cette réforme par ses propres forces, devraient permette à l'opposition parlementaire du centre et de la droite de poser des conditions. A moins de l'abandon du jus soli par la gauche, la proposition aventurée par François Normacol est inacceptable.
Certains membres de la majorité de François Normacol sont moins pressés que les porte-parole du lobby de l'Autre Suprême. Des membres des oppositions, y compris au sein de l'ancienne majorité présidentielle, seraient favorables à cette proposition de la campagne de François Normacol dont la concrétisation exigerait une réforme constitutionnelle que la majorité présidentielle ne peut pas imposer à elle seule.
Certains, dans la majorité ou les oppositions, redoutent une campagne, médiatique ou référendaire, passionnelle.
Pourquoi l'opposition parlementaire de la droite et du centre ne proposerait-elle pas un compromis ?
Oui au droit de vote des étrangers non ressortissants de l'UE aux élections locales EN ECHANGE d'une réforme du code de la nationalité abolissant le droit du sol. La création d'une citoyenneté de résidence (expression employée par François Normacol lui-même) et son élargissement devraient permettre de revaloriser la pleine citoyenneté, la nationalité, de rendre l'accès à celle-ci nettement plus sélective et restrictive (en évitant les fausses bonnes conditions : maîtrise de la langue, allégeance aux faleurs de la répuplik, serment au trapeau etc... : la francophonie peut faire très bon ménage avec la gallophobie).
Il serait très intéressant d'observer les réactions de la gauche de gouvernement à cette proposition de compromis...
En 1986, le cartel RPR-UDF avait proposé une plateforme incluant une réforme du code de la nationalité, les manifestations de décembre contre la loi Devaquet, l'affaire Malik Oussekine avaient permis l'abandon de cette proposition via une "Commission des Sages". En 1993, le gouvernement d'Edouard Balladur avait fait adopter une timide réforme du code de la nationalité que la "gauche plurielle" parvenue aux affaires en 1997, a aussitôt abolie. Si la nationalité est une chose sérieuse (je n'ai pas d'opinion arrêtée sur la question), elle mérite une stabilité législative, fruit d'un compromis sérieux.
La relance de la campagne pour l'octroi du vote des étrangers par des "amis" de François Normacol, l'incapacité de la majorité présidentielle d'imposer cette réforme par ses propres forces, devraient permette à l'opposition parlementaire du centre et de la droite de poser des conditions. A moins de l'abandon du jus soli par la gauche, la proposition aventurée par François Normacol est inacceptable.
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lundi 10 septembre 2012
Jean Lebrun versus Fernandel
L'émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, actuellement diffusée de 13h30 à 14h et animée par l'agrégé d'Histoire Jean Lebrun, est pour celui-ci une tribune lui permettant de régler quelques comptes dans une perspective shoacentrique.
Quelques jours avant de consacrer une émission au "juste" Raoul Wallenberg, La Marche de l'Histoire s'intéresse au comédien et chanteur Fernandel (1903-1971). Le taliban radiophonique de la Mémouare reproche à Fernandel d'avoir continué à travailler pendant la Seconde Guerre Mondiale, d'avoir prêté sa voix à une publicité pour une manifestation du Secours National à Paris, au Gaumont Palace et...., mais oui, d'avoir eu un collègue juif qui, lui, a été déporté. Jean Lebrun exprime son engagement politico-idéologique et exhale son fanatisme en déclarant : "Il ne s'agit pas de s'ériger en justicier (ouf, je respire...), mais de ne pas être amnésique non plus". On aurait pu s'attendre à ce que ce soit éventuellement l'invité de Jean Lebrun qui porte un jugement sur Fernandel, mais non l'animateur de l'émission qui s'en sert comme d'une tribune.
Dans le cours de l'émission, on a rappelé la collaboration de Fernandel dans les années 1930 au journal communiste Ce Soir. Je suis content qu'il n'ait pas collaboré à L'Humanité : j'aurais été attristé que son nom soit lié à un journal qui, en août 1944, appelait à l'assassinat : "A chacun son Boche", "Aucun Boche ne doit sortir vivant de Paris". Je suis le conseil de Jean Lebrun de me garder de l'amnésie, et n'oublierai pas comment il a mésusé de son émission. Je le remercie de m'avoir conduit à aimer encore plus Fernandel qu'auparavant et d'avoir plus encore en aversion la petite cantate "Que ma Shoah demeure".
Voir aussi : http://jeanmarielallau.blogspot.fr/2011/02/arte-desinfo-les-obsessions-de-la.html
Quelques jours avant de consacrer une émission au "juste" Raoul Wallenberg, La Marche de l'Histoire s'intéresse au comédien et chanteur Fernandel (1903-1971). Le taliban radiophonique de la Mémouare reproche à Fernandel d'avoir continué à travailler pendant la Seconde Guerre Mondiale, d'avoir prêté sa voix à une publicité pour une manifestation du Secours National à Paris, au Gaumont Palace et...., mais oui, d'avoir eu un collègue juif qui, lui, a été déporté. Jean Lebrun exprime son engagement politico-idéologique et exhale son fanatisme en déclarant : "Il ne s'agit pas de s'ériger en justicier (ouf, je respire...), mais de ne pas être amnésique non plus". On aurait pu s'attendre à ce que ce soit éventuellement l'invité de Jean Lebrun qui porte un jugement sur Fernandel, mais non l'animateur de l'émission qui s'en sert comme d'une tribune.
Dans le cours de l'émission, on a rappelé la collaboration de Fernandel dans les années 1930 au journal communiste Ce Soir. Je suis content qu'il n'ait pas collaboré à L'Humanité : j'aurais été attristé que son nom soit lié à un journal qui, en août 1944, appelait à l'assassinat : "A chacun son Boche", "Aucun Boche ne doit sortir vivant de Paris". Je suis le conseil de Jean Lebrun de me garder de l'amnésie, et n'oublierai pas comment il a mésusé de son émission. Je le remercie de m'avoir conduit à aimer encore plus Fernandel qu'auparavant et d'avoir plus encore en aversion la petite cantate "Que ma Shoah demeure".
Voir aussi : http://jeanmarielallau.blogspot.fr/2011/02/arte-desinfo-les-obsessions-de-la.html
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