vendredi 17 août 2012

Fabius : une tête pas très [autocensuré]

20 décembre 2009 : dans l'émission TV C Politique sur France 5, Laurent Fabius déclare qu'il n'est pas sûr qu'il voterait pour Georges Frêche, président PS de la région Languedoc-Rousillion et de la Communauté d'Agglomération de Montpellier, s'il était électeur dans cette région (1).

22 décembre 2009 : Georges Frêche, devant le conseil de la Communauté d'Agglomération de Montpellier qu'il préside, réplique à Laurent Fabius : « Si j'étais en Haute-Normandie, je ne sais pas si je voterais Fabius. Je m'interrogerais. Ce mec me pose problème. Il a une tronche pas catholique. Mais ça fait rien, peut-être que je voterais pour lui, mais j'y réfléchirais à deux fois ».

La campagne médiatique contre Georges Frêche sur le fondement d'une partie de sa réplique ("il a une tronche pas catholique") se déchaîne en janvier 2010 : les fêtes de Noël et du Nouvel An sont peu propices au lancement et à l'entretien de telles campagnes, l'attention du public étant sollicitée par ces fêtes.

Laurent Fabius, l'actuel Sinistre des Affaires Etrangères de ce qu'il est convenu d'appeler la Vrôôônce, attire l'attention  des médiats (2) généralement admiratifs par son activisme dans le dossier syrien pendant l'été 2012. Ne vient-il pas de déclarer que Bachar El Assad "ne mériterait pas d'être sur la Terre" ? Imaginons que l'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, ait dit la même chose de Gaddafi : ce serait un hourvari médiatique, et la chaîne Arte (3) aurait dépêché Salvatore Aloïse dans un salon de coiffure pour arracher d'une cliente digne et âgée quelques mots sur la honte qu'elle la présence du Cavaliere au Palais Chigi (4) lui inspire.

Laurant Fabius est coutumier des outrances de langage : n'a-t-il pas qualifié Paul Touvier, l'ancien chef milicien victime d'un procès de sorcellerie, d'"ordure" (sic) ?

Mais qu'on ne s'avise pas de l'attaquer lui-même : pour avoir dit en 2010 qu'il ne voterait pas pour sa liste s'il était électeur en Haute-Normandie, parce qu'il (Fabius) n'avait pas "une tête très catholique", l'ancien maire de Montpellier, Georges Frêche (5), a été tricard des médiats et excommunié par la gauche et les autorités morales auto-proclamées. On a fait un procès médiatique en antisémitisme à Georges Frêche qui est mort peu après. Attaquer verbalement Fabius, c'est courir le risque d'être dénoncé comme antisémite, l'attaquer physiquement ce serait sans doute une tentative de génocide (mon ami Pierre Guillaume, de La Vieille Taupe, ayant failli le bousculer en voiture dans une rue de Paris, lui présenta ses excuses : "J'ai failli commettre un génocide", remarque dont Fabius eut ce jour-là le bon goût de sourire).

Premier ministre (1984-1986), Fabius co-présida au lancement de l'officine de Police de la Pensée SOS Racisme; il prétendit "attacher (son) nom à la lutte contre l'apartheid : on le vit manifester Quai d'Orsay devant l'ambassade d'Afrique du Sud pour défendre un terroriste.

"Le jeune Premier ministre" donné par François Mitterrand à ce qu'il est convenu d'appeler la Vrôôônse, fit caca sous lui (6) à plusieurs reprises en déclarant par exemple que "le devoir du gouvernement est d'abord (sic) de défendre les étrangers" et "défendre l'homme juif, c'est défendre la République". Ou en assurant que si, en tant que Premier ministre, il ne pouvait arborer la main "touche pas à mon pote" de SOS Racisme sur le revers de son veston, il la portait très profondément dans son coeur.

Désireux de conserver le parti communiste dans sa majorité gouvernementale,  Laurent Fabius essaya vainement lors de la formation de son gouvernement (été 1984) de s'attacher le parti de Georges Marchais en promettant de veiller à empêcher toute propagande anticommuniste sur les ondes publiques (à l'époque toutes les chaînes de télévision françaises étaient publiques).

Président de l'Assemblée Nationale en 1990 (7), Laurent Fabius joua un rôle déterminant dans l'adoption de la loi Fabius-Rocard-Gayssot (loi 90-615 du 13 juillet 1990) qui criminalise l'expression publique de l'incroyance, fut-ce sous la forme du doute, en la version officielle de ce qu'il est convenu d'appeler la Shoah (8).

Une quinzaine d'années plus tard, il prit la tête d'une campagne socialiste non officielle pour le non à la ratification du Traité Constitutionnel Européen, s'attirant au sein même de son parti de solides inimitiés. Parlant volontiers le langage du patronat pendant des années, puis très "gauche de gauche", Laurent Fabius, par ses variations comme par certaines constantes de ses engagements n'a effectivement, comme le disait Georges Frêche, rien qui incite à voter pour lui.


N O T E S

(1) Georges Frêche était déjà connu pour ne pas avoir, comme on dit, sa langue dans sa poche; certains de ses propos publics, ou privés rendus publics dans une intention de "délation citoyenne", lui avaient été vivement reprochés : quand il avait traité des responsables associatifs de "harkis" de sous-hommes en raison de leur complaisance envers les héritiers de la mouvance DeGaulliste (Frêche avait raison : ces responsables étaient incompétents ou leur bilan était "en-dessous", d'où l'expression "sous-hommes",de ce que leurs mandants pouvaient attendre d'eux); quand il avait eu une altercation avec une passagère maghrébine d'un véhicule de transport en commun de Montpellier (au bout du voyage, "c'est Ouerzazate", aurait-il dit en substance, rien de pendable !); quand il s'était moqué de la composition de l'équipe de France de football au sein de laquelle les Français d'Europe étaient peu nombreux : on lui a reproché de ne pas se réjouir de la sur-représentation des "Blacks" et des "Beurs", alors que Frêche mettait cette importance numérique Blacks-Beurs sur le compte de l'incompétence des Euro-français qui sont ceux qui auraient pu être offensés et protester. Par contre, les propos de Frêche mettant en cause la Police dans les émeutes urbaines de l'automne 2005 ou regrettant que le futur Benoît XVI n'ait pas péri pendant la Deuxième Guerre Mondiale furent très bien acceptés par les grands médiats;

(2) j'écris "médiat" avec un "t" final par solidarité avec le professeur Bernard Notin, victime de la Milice Zélote de la Pensée en 1990;

(3) Silvio Berlusconi est un des bêtes noires, des grands satans de la ch'haine Arte;

(4) le Palais Chigi, à Rome, est le siège de la Présidence du Conseil des Ministres;

(5) quand le Cardinal Ratzinger a été élu pape sous le nom de Benoït XVI, en avril 2005, Georges Frêche a regretté que Ratzinger n'ait pas été tué lors du bombardement de Dresde (où l'adolescent Joseph Ratzinger ne se trouvait probablement pas, de toute façon, en février 1945); Frêche n'a pas été inquiété pour cette exhalation de haine : sa cible n'étant que catholique et allemande, c'était médiatiquement permis; Frêche n'a pas non plus été inquiété lorsqu'à l'automne 2005, alors que les banlieues des grandes villes de l'Hexagone étaient le théâtre d'émeutes ethniques, il a accusé "les flics" de mettre eux-mêmes le feu aux voitures. Il a fallu qu'il s'attaque à Laurent Fabius pour être l'objet d'un lynchage médiatique et de la part des autorités morales;

(6) ces incontinences de Laurent Fabius sont à rapprocher de son "indignation" lorsque le ministre de l'Education Nationale Gilles de Robien avait rappelé la place et le rôle de l'enseignement privé, majoritairement confessionnel, dans l'ensemble du système éducatif français;

(7) à nouveau président de l'Assemblée Nationale en janvier 1998, Laurent Fabius  imposa que le Palais Bourbon fut recouvert de l'éditorial de Zola dans L'Aurore relançant l'Affaire Dreyfus;

(8) en ces jours de mi-août 2012 au cours desquels les grands médiats tympanisent le public avec leur indignation devant la condamnation à de légères peines de prison de chanteuses russes ayant profané la Cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, pensons à ce qu'il en aurait été si la scène de leurs exhibitions avait été un Mémorial lié à la Shoah.


dimanche 5 août 2012

L'assassinat d'Adenauer / Der Mord an K. Adenauer

La semaine dernière, la chaîne Arte (qui n'a de franco-allemand que le financement, mais dont le coeur est bien ailleurs) consacrait une émission du soir à Konrad Adenauer (1876-1967), premier Chancelier de  la République fédérale d'Allemagne (1949-1963), leader de la CDU (Union Chrétienne-Démocrate).

Konrad Adenauer y a été salement assassiné. Il a été dépeint comme un homme fragile, retors, cynique et mesquin.

Selon Arte, le gouvernement d'Adenauer est à jamais (sic) entaché (re-sic) pour avoir compté parmi ses membres, sur l'insistance d'Adenauer lui-même, le Dr Hans Globke (1), secrétaire d'Etat à la Chancellerie, et ancien commentateur des lois de Nuremberg instituant une sorte de statut des Juifs en Allemagne (2).  Arte pose qu'Adenauer a nommé Globke contre l'avis de Blankenhorn (3) et qu'il l'a même nommé en raison de ce passé : ainsi fragilisé, Globke ne pourrait prendre le risque de se montrer déloyal envers le Chancelier.

On savait que l'Union Chrétienne-Sociale en Bavière, la CSU, était un des satans d'Arte. Dans cette émission assassine et désinformatrice, Arte attribue à Adenauer une aversion envers Franz Josef Strauss,
"ambitieux" (sic), "brutal" (re-sic) (4). Adenauer s'engage à ne jamais nommer Strauss ministre de la Défense pour, finalement, lui confier ce ministère et in fine organiser son départ du gouvernement six ans plus tard avec avant tout le souci de ne pas laisser Strauss l'entraîner dans sa chute.

Arte se livre à une désinformation massive et grossière à propos des prisonniers de guerre allemands dont Adenauer est allé solliciter avec succès, malgré bien des difficultés, la libération en U.R.S.S. en septembre 1955 (5) : il se serait agi de criminels de guerre (sic). C'est faux, archi-faux, grossier et ridicule. Il s'agissait de soldats capturés par les Soviétiques qui les avaient traités durant dix ans dans des conditions engendrant une mortalité massive.

A plusieurs reprises, Arte blâme Adenauer pour n'avoir pas été tendre avec ses adversaires politiques au cours de campagnes électorales, et notamment pour avoir, à l'occasion, accusé le SPD d'être à la solde de Moscou (6).

Arte évoque le crépuscule du gouvernement Adenauer après les élections de 1961, son départ planifié de la Chancellerie en octobre 1963 (7). Rappelant à ses télespectateurs que sa création est la lointaine conséquence d'une des dispositions du traité franco-allemand du 22 janvier 1963, Arte évoque ce traité dans des termes trompeurs, lui attribuant une importance et un sens qu'il n'a jamais eu (8).


N O T E S

(1) la propagande communiste qui désignait les dirigeants de Bonn comme une bande de "revanchards" avait organisé un procès par contumance de Globke en zone soviétique d'occupation (la prétendue République Démocratique Allemande); j'en avais entendu parler mais mon étonnement portait surtout sur le fait que près de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, on nous parle encore de ce qu'on désignait comme des crimes du nazisme et de ce qu'on n'appelait pas encore la Shoah; la question de savoir si les accusations portées contre Globke étaient avérées ou non ne se posait pas vraiment; je ne pouvais pas seulement imaginer l'invention à venir de la Mémouare et du shoacentrisme;

(2) Maurice Duverger (°1917), professeur de Droit à Paris après la Seconde Guerre Mondiale, commenta dans la première partie des années 1940, le Statut des Juifs promulgué sous l'Etat Français (1940-1944); cela ne l'empêcha pas de faire une brillante carrière au Monde, à L'Express, au Nouvel Observateur; il s'y faisait le défenseur du régime présidentiel, de la T.V.A., du mode de scrutin majoritaire, de l'union des gauches, du neutralisme en politique étrangère;

(3) Blankenhorn figure dans les romans de Roger Peyrefitte (Les Ambassades, La Fin des Ambassades) sous le pseudonyme de Rudolf Schwartz; il fut ambassadeur dans différents pays après la création de la RFA, et notamment en France; selon les ouvrages de Roger Peyrefitte, il renoua alors les liens entre l'Ambassade d'Allemagne et une partie de la société parisienne qui existaient du temps de son prédecesseur Otto Abetz;

(4) Franz Jozef Strauss était un anticommuniste sincère et conséquent; il était toutefois plus prudent que son image médiatique le laissait penser. Les directeurs de conscience d'Arte ne peuvent sans doute pas lui pardonner d'avoir, au début des années 1970, souhaité que "la gauche ferme sa gueule jusqu'à la fin du siècle". Arte a l'Union Chrétienne-Sociale en Bavière (CSU) en aversion : elle n'est presque jamais désignée sous son nom à l'antenne et un des ses leaders de la dernière décennie, Edmund Stoiber, fut qualifié par la voix de William Irigoyen, sur Arte d'"ultra-conservateur", étiquette qu'il partage sur la même chaîne avec le président iranien Ahmadinedjad;

(5) ce voyage à risques fut un grand succès, Paris Match qui le couvrit, nota que le catholique Adenauer s'était rendu dans l'église Saint-Louis des Français, le seul lieu de culte catholique ouvert à Moscou; il publia une photographie d'Adenauer dans cette église; ce ne sont pas des "criminels de guerre" qu'Adenauer est allé chercher en Union Soviétique mais des survivants d'une captivité criminelle.

 Autre erreur factuelle d'Arte relative à un évènement du milieu des années 1950 : l'accession de la R.F.A. à l'Alliance Atlantique dont Arte prétend faussement qu'elle entraîna le départ des forces d'occupation (USA, UK, France, Belgique, Pays-Bas); ce n'est pas vrai : le statut de ces forces changea : de troupes d'occupation, elles devinrent troupes alliées stationnées en Allemagne; le retrait de la France de l'O.T.A.N. en 1967, obligea Paris et Bonn a conclure un accord aux termes duquel les Forces Françaises en Allemagne ne redevenaient pas troupes d'occupation; il fut notamment stipulé que le drapeau allemand devait être hissé aux côtés du drapeau français dans toutes les installations des Forces Françaises en Allemagne après 1967;

(6) le chef du SPD, Kurt Schumacher, qualifiait Adenauer  de "Chancelier des Alliés", comprendre : des Américains, des Britanniques, des Français; il était dans l'ordre des choses qu'Adenauer répliquât en accusant le SPD, qui entendait ménager l'U.R.S.S. pour préserver la possibilité d'une réunification plus rapide, d'être à la solde de Moscou, si toutefois cette expression qu'Arte prête à Adenauer fut bien employée par celui-ci;

(7) Adenauer aurait préféré que son successeur fut un certain Eugen Gerstenmaier (CDU), président du Bundestag de 1954 à 1969, prédicateur de l'Eglise Evangélique en Allemagne, à la flatteuse réputation de "résistant" au nazisme et de victime de celui-ci (réputation largement usurpée en ce qui concerne le statut de victime). Parmi les personnalités de la CDU des dernières années du gouvernement Adenauer, le premier Gerhard Schröder (à ne pas confondre avec son homonyme SPD qui fut ministre-président de Basse-Saxe, et Chancelier fédéral de 1998 à 2005), ministre des Affaires Etrangères, se montrait peu enclin à exercer une pression sur Adenauer pour obtenir son retrait de la Chancellerie; il fut plus tard ministre de la Défense (1966-1969) et candidat malchanceux à la présidence de la République fédérale en 1969;

(8) le traité franco-allemand du 22 janvier 1963 n'est que l'application à la seule France et à la seule Allemagne des conceptions institutionnelles de De Gaulle en matière européenne : avant ce traité, dès le tout début des années 1960, De Gaulle avait vainement essayé de remplacer, ou d'encadrer les institutions en place (C.E.C.A., Euratom, C.E.E.) en leur retirant tout caractère supranational; le traité franco-allemand oblige seulement ses signataires à se réunir périodiquement pour essayer de coopérer; Paul-Henry Spaak notait finement qu'il n'y a pas lieu de s'obliger par traité à se rencontrer. Le traité franco-allemand de 1963 a eu un effet positif en politique intérieure française : il a empêché qu'on puisse à l'avenir se référer à De Gaulle pour revenir aux relations d'antagonisme franco-allemand; sans ce traité, Alain Juppé aurait eu, en 1989-90, alors qu'il dirigeait le parti gaulliste RPR, plus de mal à "calmer" Michel Debré, opposant à la réunification de l'Allemagne.

dimanche 22 juillet 2012

Vel d'Hiv ' : de l'alcool servi à des alcooliques

Le président Normacol (marque déposée de laxatif) est l'objet d'un concert de louanges pour avoir "mis ses pas dans ceux de Jacques Chirac" à l'occasion de la commémoration de l'opération de police ayant consisté, le 16 juillet 1942 à regrouper, puis à déporter, des Juifs étrangers de Paris et de ses environs. Je ne sais pas ce que pense réellement, ce que croit vraiment François Hollande, le président Normacol, à propos de l'évènement dont il a eu la chance, pour sa communication, d'avoir à commémorer avec éclat le soixante-dixième anniversaire de la survenance. Mais je constate qu'il est bien informé de l'opinion hégémonique dans les médiats et parmi les prétendues autorités morales. Et qu'il sert de l'alcool à des alcooliques.

Enfant, je suis allé au Vel d'Hiv ', bien après le passage de ces Juifs étrangers, et bien avant la démolition du bâtiment. Il s'agissait d'un meeting pour "la liberté de l'enseignement"; traduisez : pour que l'Etat verse aux écoles privées dans lesquelles des contribuables placent leurs enfants les subsides nécessaires à leur fonctionnement. L'évènement de 1942 a été marginalement et brièvement évoqué dans des conversations privées entre des personnes assistant à ce meeting, puis dans un café proche de la station de métro Bir Hakeim où nous sommes allés ensuite prendre une collation. Cette évocation ne m'a fait, comme on dit, ni chaud ni froid. Si elle avait été développée, elle m'aurait probablement irrité. En cela, je n'étais pas différent du futur président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (C.R.I.F.), Richard Prasquier, dont Tribune Juive racontait naguère qu'il avait, en 1960, à la table familiale, exprimé sa désapprobation de l'enlèvement d'Adolf Eichman en Argentine par les services israéliens.

Normacol n'a pas eu les voix des Klarsfeld, ni celle du président du C.R.I.F., Richard Prasquier. Il fallait bien compenser cela en en rajoutant une couche sur la responsabilité de l'entité France (qu'est-ce que c'est ? qui est-ce ?). Nicolas Sarközy était d'origine hébraïque par sa mère et n'avait pas à se justifier avec le zèle que doit employer Normacol, élu des quartiers et des banlieues dans lesquels on "nique" les Feujs et Israël. C'est fait, c'est dit : c'est un crime de la France (qu'est-ce que c'est ? qui est-ce ?). En matière d'indulgences, si on me permet cet emprunt à la tradition ancienne de l'église catholique romaine, ça équivaut bien à cinq banquets annuels du C.R.I.F. et ça peut bien couvrir quelques bisous et dizaines de millions d'euros au président de l'Autorité palestinienne, l'expression de réserves à l'O.N.U. sur de nouvelles installations de lotissements juifs en territoire palestinien ou à proximité, non ?

Normacol a assorti sa prestation d'engagements de lutte renouvelée contre ce qu'il est convenu d'appeler l'antisémitisme. Cela peut annoncer de nouvelles restrictions aux libertés d'opinion, de recherche et d'expression.

Normacol a rouvert une boite de Pandore : puisque l'affaire du Vel d'Hiv' 42 serait "un crime commis en France par la France", il n'y a pas de raison pour que les tentatives de reconquête de Haïti, puis l'imposition à cet Etat d''indemnités pour prix de son indépendance, le rétablissement de l'esclavage aux Antilles après une abolition initiale, ne soient pas d'autres crimes dont l'entité France (qui est-ce ? qu'est-ce que c'est ?) ait à répondre, en repentances, en compensations matérielles et morales (ouverture à d'avantage d'immigration). Serge Letchimy, l'élu antillais apparenté PS, qui a défendu les idéologies importées mises en cause par Claude Guéant, en dénonçant par contraste des "idéologies européennes", à l'origine selon lui de la Shoah, pourra conseiller utilement Normacol si la Taubira ou la Pau Langevin n'y suffisent pas.  Normacol a servi de l'alcool à des alcooliques, à des zélotes des Mémouares qui vont bientôt tirer de ses propos l'autorisation de présenter leur mémoire en termes d'indemnisation pour crimes "historiques".

Si la version officielle, autorisée, de l'historiographie de la Shoah (1) était vraie, et si notamment sa composante "solution finale", était connue (2) par les autorités françaises qui ont fait procéder à l'opération de police de juillet '42 visant treize mille Juifs étrangers, cette opération constituerait un crime. Dans le cas contraire, et en se souvenant du gros titre d'un quotidien britannique à sensation du milieu des années 1930 : "Judea declares war on Germany", peu après l'avènement de Hitler, elle ne serait pas totalement irrationnelle dans le contexte historique.


N O T E S

(1) la loi 90-615 du 13 juillet 1990, dite loi Fabius-Rocard-Gayssot, criminalisant l'expression publique de l'incroyance en cette version, je ne peux pas la discuter ici et je dois m'autocensurer;

(2) l'Etat français siégeant à Vichy ignorait l'existence d'une politique d'extermination visant les populations juives et il avait de bonnes raisons pour cela; l'Etat français disposait aux termes de l'Armistice de juin 1940 d'un ambassadeur en charge des prisonniers de guerre au sein de la Commission d'Armistice installée à Wiesbaden; ayant eu vent de propositions d'un certain Dr Brand, représentant le Reich, de séparer les prisonniers français juifs des autres prisonniers français (Brand constatait et déplorait l'influence anti-allemande de ceux-là sur ceux-ci, ce qui n'était pas surprenant), l'ambassadeur Scapini s'enquit du sort destiné aux prisonniers juifs qui seraient séparés des autres prisonniers français, n'obtint pas de réponse claire, sinon l'abandon de tout projet de séparer les prisonniers de guerre français selon l'origine, appuyé en cela au sein de la Commission d'Armistice par des officiers allemands anciens combattants de 1914-1918 comme Scapini, et qui respectaient beaucoup ce dernier. Scapini a ici bénéficié du refus du gouvernement français de suivre au printemps 1940 l'avis de Georges Rotschild, dit Georges Mandel, qui avait proposé que la France remette à l'Angleterre les prisonniers de guerre allemands capturés par l'armée française, avant d'avoir à signer l'Armistice avec le Reich. Si, en 1941, le futur Premier ministre israëlien Yitzhak Shamir pouvait proposer au Reich une alliance contre l'Angleterre en l'assortissant de l'engagement envers l'Allemagne hitlérienne : "nous nous identifions à vous", pourquoi faudrait-il attendre que l'Etat français de l'époque qu'il sût ce que Shamir ignorait, ou ne voulait pas savoir ? (Voir : Le Monde Diplomatique, décembre 1983, "La douteuse philosophie politique de Monsieur Shamir" par Amnon Kapeliouk).

samedi 21 juillet 2012

Arte : la télé qui vous enc'[autocensuré]

Arte n'est pas une chaîne culturelle franco-allemande; c'est une chaîne politique dont la cible est le public des Gaules et des Allemagnes et qui est financée par les contribuables de ces territoires. Ses références politiques sont, pour faire simple, ce qu'il est présentement convenu d'appeler la gauche sociétale (1). Le credo d'Arte comporte plusieurs articles de foi intangibles, quelques dogmes auxquels il est interdit de déroger sous peine d'anathème, de condamnation pour populisme par exemple.

Parmi les dogmes, les articles de foi les plus régulièrement et les plus passionnément ressassés sur Arte :

a) la Shoah constitue l'évènement central de l'histoire européenne;

b) les flux migratoires sud-nord vers l'Europe sont inévitables, nécessaires, bienfaisants; tenter d'y résister est coupable (un péché contre les "valeurs" humanistes), voire criminel et, de toute façon inutile.



Mercredi 18 juillet 2012, 19h45 : Arte Journal est présenté par Leïla Kaddour Boudadi.

Le président tunisien Moncef Marzouki a été reçu à l'Assemblée nationale française, présidée par Claude Bartolone (PS), natif de Tunisie. Moncef Marzouki n'a pas fait de frais d'élégance pour les députés français alors que la tenue vestimentaire a généralement beaucoup d'importance pour ses compatriotes : sans doute est-ce l'influence de ses années de galère de médecin à Créteil. Sur les bancs du gouvernement, côte à côte, les camarades-ex-adversaires (2) Manuel Valls  et Arnaud Montebourg, l'écoutent laïquement en costume et cravate : la Tunisie n'est pas tombée dans l'escarcelle de l'islamisme, mais dans celle de la religion démocratique. Ouf !... Un commentaire plus politique suit : cette visite, ou cette réception de Moncef Marzouki aurait ....dérangé les membres de l'UMP qui (là, Leïla Kaddour Boudadi a du mal à lire son texte, et bafouille), pour certains, ont boycotté cette réception. On ne nous fait pas connaître la nature du dérangement de ces membres de l'UMP, ni les raisons invoquées pour ce prétendu boycott, non visible sur les bancs de l'Assemblée, garnis de part et d'autre. Mais le message politique principal a été diffusé : il y a des gens qui sont dérangés, ce sont les méchants. A vous de les discerner grâce à Arte.

Après les méchants, les gentils. La Cour Constitutionnelle de la République Fédérale d'Allemagne (3), siégeant à Karlsruhe, vient de ... souffleter (c'est le terme employé et lu par Leïla Kaddour Boudadi) le gouvernement noir-jaune (4) d'Angela Merkel : les conditions de vie des demandeurs d'asile en Allemagne sont, selon les juges de Karlsruhe, contraires aux droits de l'homme et donc à la Constitution de cet Etat. Explication : ils ne perçoivent qu'un minimum de.... 225 euros par mois auxquels s'ajoutent éventuellement 27 euros mensuels pour frais de transport, alors que les résidents établis régulièrement en Allemagne, étrangers ou Allemands, perçoivent un minimum de.....374 euros par mois. L'atteinte à la dignité humaine et aux droits de l'homme en Allemagne contemporaine tient à ces 149 euros de différence de revenu minimum au...détriment des demandeurs d'asile. Et les juges de Karlsruhe contraignent le gouvernement d'Angela Merkel à verser immédiatement 100 euros de compensation à chaque demandeur d'asile en réparation de cette injustice historique intolérable, en attendant de verser à tous la même somme minimale par mois, sans aucune discrimination.

Puis, pour nous faire mieux comprendre ce que nous devons aux personnes issues des flux migratoires sud-nord vers l'Europe, et qui va au-delà d'une question de petits ou de gros sous, Arte nous emmène dans une Italie enfin dé-berlusconisée (5), dans les Pouilles, dans une localité appelée Gallipoli. Que trouve-t-on à Gallipoli qui vaille le détour ? Le soleil, la mer, le sable tiède de la plage, les touristes bien sûr. Mais encore ? La Guardia di Finanza a pu y constater qu'un commerçant seulement sur deux se conforme à la législation fiscale et remet au client un ticket de caisse pour chaque achat. Un sur deux ..... dont un certain Bechir, un Pakistanais, qui est installé là depuis ...17 ans et qui a apporté à son nouveau (sic) pays d'accueil l'honnêteté. Et c'est celui-là seul qu'Arte Journal a sélectionné pour nous le présenter et le mettre l'honneur. Bechir serait devenu une attraction, la mascotte des plages de Gallipoli : des gens se feraient photographier avec lui et collectionneraient ses tickets de caisse. Quelle classe ce Béchir ! Il n'y a pas à dire : heureusement qu'on les a, les immigrés. Ils vident nos poubelles, nous donnent l'exemple du civisme etc...

Comme dessert du soir, et comme page culturelle, Arte Journal du 18 juillet à 19h45, nous invite à faire connaissance avec Paula Bülling, une jeune auteure allemande de bande dessinée qui s'est prise de passion, pour .... les demandeurs d'asile, notamment africains, en Allemagne. Elle vient de sortir un album intitulé "Au pays des lève-tôt" (comprendre les résidents d'origine germanique) et  consacré aux misères et souffrances de ces incompris qui ne sont venus en Allemagne que pour y trouver une vie meilleure et accessoirement la sympathie de Paula Bülling, rien de plus légitime, non ?. Une formule de cette dernière est censée illustrer le sort de ces malheureux "Quand on arrive on est jeune, après on ne fait plus que vieillir". Allez, versez s'il vous plait une larme, puis envoyez un don à la Cimade ou au CCFD, puis signez une pétition pour la régularisation discrète, mais finalement massive au bout de quelques mois, des sans-papiers. Arte aura bien rempli son rôle.

N O T E S

(1) Arte utilise régulièrement un moyen très habile et très subtil pour indiquer à ses télespectateurs quels sont les bons et les moins bons, ou mauvais, courants politiques.

 Seuls les bons ont droit à leur nom, à celui qu'ils se donnent eux-mêmes (socialistes, sociaux-démocrates, écologistes, démocrates, progressistes etc...);

les moins bons n'ont pas droit à leur nom , mais à une étiquette tirée du champ lexical de la science politique et susceptibles d'éveiller des réserves, des soupçons : conservateurs, droite (la démocratie chrétienne allemande est systématiquement désignée comme "les conservateurs" alors qu'il existe déjà en Allemagne un petit parti qui a pour nom "die Konservativen", idem pour l'UMP);

les mauvais, les méchants ont droit à une étiquette nettement péjorative : ultra-conservateurs (étiquette appliquée tout à la fois au président iranien Ahmadinedjad ....et à l'ancient président bavarois social-chrétien Edmund Stoiber, qui dans l'esprit d'Arte doivent être des camarades au sein d'une Internationale des grands satans), populistes, extrême-droite, néo-nazis, xénophobes etc...


(2) lors de la campagne des primaires citoyennes pour la désignation du candidat de gauche (PS ou PRG) à l'élection présidentielle, en 2011, Arnaud Montebourg (fils de Monsieur Montebourg et de Leïla Ould Cadi) a fait à Manuel Valls le cadeau de dire qu'il n'avait plus beaucoup de chemin à faire pour se retrouver à l'UMP; ce propos, polémique à l'origine, et destiné à déconsidérer Valls auprès des sympathisants PS et PRG, est désormais un atout pour Valls et pour le gouvernement Ayrault-Taubira : il permet à Valls de jouer à merveille son rôle de leurre à l'égard des sacristains chevènementistes et des chaisières villiéristes. Le discours volontiers patriotard de ce Catalan de Barcelone naturalisé Français (et qui parle castillan comme un élève de 4e qui aurait pris l'espagnol comme LV2) fait merveille auprès d'une partie de l'électorat qui n'aurait jamais l'idée de voter à gauche auprès de laquelle il apparaît à tort comme un contre-Taubira, comme un socialiste de droite, quasi-sarkozyste; ce leurre permet de troubler et de désarmer dans une certaine mesure l'opposition de cette fraction de l'électorat au gouvernement Ayrault-Taubira;


(3) la Cour Constitutionnelle fédérale est encensée par certains milieux "souverainistes" français: elle a assorti sa validation du traité de Lisbonne de conditions qui imposent au gouvernement allemand de consulter le Parlement selon une procédure lourde, contraignante et paralysante pour la ratification de tout accord européen entraînant de nouvelles charges pour l'Allemagne ou des transferts de souveraineté de l'Etat allemand vers l'Union européenne. Heureusement, pour le moment, ça n'a rien changé, sinon les délais, et puis après ces juges, il y en aura d'autres. Le duc de Vendôme, Jean,  fils de l'actuel Comte de Paris et d'une princesse de Wurtemberg (titrée duchesse de Montpensier par le précédent Comte de Paris), s'est fait l'écho sur les ondes de Radio Courtoisie (où il est habituellement reçu avec obséquiosité par Henry de Lesquen qui lui donne très généreusement du "monseigneur"), de ce rôle des juges de Karlsruhe qu'il invite les institutions françaises à imiter. Il n'y a aucune contradiction entre le stato-nationalisme, le souverainisme relatifs des actuels juges de Karlsruhe et leur arrêt qui met en marche une nouvelle pompe aspirante de flux migratoires sud-nord. Il y a au contraire une parfaite cohérence entre les deux. La mise en avant de l'Etat-nation, sa promotion, vont de pair avec la bénédiction de l'immigration sud-nord pourvu que les personnes issues de ces flux puissent être relativement "intégrées". En France, il n'y a que Chevènement pour l'avoir compris. Plus il y aura d'immigrés en Allemagne, moins ce pays sera germanique (ce qui indiffère les prétendues élites), mais plus son poids démographique et géo-stratégique sera important. Les homologues chevènementistes des juges de Karlsruhe l'ont bien compris : à l'occasion d'une statistique mettant, cocorico, à l'honneur le "dynamisme" de la natalité "française" (mais ni gauloise ni franque), une personne de cette sensiblité suggérait que l'Etat français s'appuie sur cette donnée démographique pour exiger plus de sièges au Parlement européen par rapport à l'Allemagne. Les Etats-nations sont naturellement rivaux et concurrents, et d'autant plus passionnément qu'ils sont proches géographiquement (ils se sont constitués historiquement les uns contre les autres dans cet esprit et continueront à promouvoir d'abord les intérêts qui les opposent si une organisation supranationale ne les en empêche pas), et l'immigration est un enjeu permettant d'arbitrer les rapports de forces au bénéfice de ceux qui sont les plus accueillants. "Il n'est de richesses que d'hommes" disait le physiocrate Bodin;

(4) le noir est la couleur de la CDU/CSU et le jaune celle de son allié libéral dont le leader est le vietnamien Philip Rössler; le gouvernement Ayrault-Taubira aligne la Guyanaise Taubira, l'Antillaise Pau-Langevin, et la Franco-Marocaine Najet Vajaud-Belkacem, tandis que le gouvernement Merkel-Westerwelle ne peut aligner que le vietnamien catholique Philip Rössler. Une fois de plus, la supériorité de la Grande Nation est confirmée;

(5) Silvio Berlusconi, le plus grand homme d'Etat venu d'Italie depuis Cavour, est un des grands satans d'Arte; son retour possible au printemps MMXIII est un des scenarii cauchemars d'Arte, de France Culture et même d'une chroniqueuse pourtant encartée à l'UMP de cette station de radio (c'était sûrement la condition pour qu'elle soit chroniqueuse à France Culture, et devienne une caution pluraliste de cette station malgré son appartenance à l'UMP, Noëlle Lenoir); rappelons que l'UMP et le parti Popolo della Libertà de Silvio Berlusconi appartiennent tous les deux au Parti Populaire Européen.



mardi 17 juillet 2012

France Encul'ture = Radio PS-Hollande

La visite à Paris du président de la République tunisienne est l'occasion pour la station encul'tureuse dont le nom officiel est France Culture, dans son journal de 9h du mardi 17 juillet MMXII de confirmer son engagement politique et idéologique.

Le directeur de France Culture, Olivier Poivre d'Arvor a, à titre personnel, publiquement pris parti en faveur de l'élection de François Hollande, le président Normacol (marque déposée de laxatif) pendant la campagne pour l'élection présidentielle 2012. Ce serait très bien, et ça ne poserait aucun problème si un choix inverse d'un responsable d'un médium du service public n'était pas impensable.

Le journaliste affirme que la visite du président tunisien a été plusieurs fois remise sous le mandat de Nicolas Sarközy. Il n'est pas suggéré que les campagnes électorales en Tunisie et en France, la mise en place de nouvelles institutions en Tunisie aient pu retarder la visite de Moncef Marzouki à Paris. L'auditeur est ainsi conduit à penser (et la suite du journal va le confirmer dans cette interprétation) que le prédecesseur du président Normacol était responsable de la mauvaise qualité des relations entre la Tunisie et ce qu'il est convenu d'appeler la France. C'est de la faute de Nicolas Sarközy. C'est France Culture qui vous le dit. A sa façon, entortilleuse, encul'tureuse.

Le journaliste enchaîne en affirmant que le gouvernement français de l'époque n'avait pas senti venir la Révolution de Jasmin. Bertrand Delanoë, notable du parti de François Hollande, Tunisien de naissance et de coeur, non plus : il mit beaucoup de temps à prendre position contre le régime de Ben Ali. Cela, France Culture le tait; on ne peut pas parler de tout dans un journal de quelques minutes, mais le journaliste prend tout de même le temps de saluer Laurent Fabius qui aurait fait en sorte, alors qu'il était président de l'Assemblée nationale, que Ben Ali, reçu en chef d'Etat par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, ne puisse s'exprimer devant les députés français. Super Laurent ! La gauche est fière de toi !

Et pour que la distinction entre les bons et les méchants puisse être encore mieux établie par l'auditeur, le journaliste de France Culture enfonce le clou : la vilaine et malfaisante ministre Michèle Alliot-Marie avait proposé à Ben Ali aux débuts de la Révolution de Jasmin l'expertise de spécialistes français de la sécurité; France Culture tait l'explication donnée à l'époque par Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre de l'Intérieur : les conseils de spécialistes français devaient permettre de limiter, par une formation prodiguée à leurs homologues tunisiens , les victimes de la répression des manifestations. Puis vient l'argument d'autorité : les Tunisiens "d'ci" (= ceux qui résident en France d'Europe) ne l'ont pas oublié. L'auditeur est conduit à penser que nos juges sont parmi nous, nous regardent avec sévérité, mais peuvent nous pardonner puisque la majorité de électeurs du 6 juin 2012 a fait le choix de Normacol. La mise en cause de Michèle Alliot-Marie aux débuts de la Révolution de Jasmin me rappelle surtout le comportement, l'expression corporelle de Bruno Le Roux, député PS de Seine Saint-Denis, devenu président du groupe PS au Palais Bourbon : acharnement, hargne, vulgarité verbale et dans l'expression corporelle. Bruno Le Roux, au cours des débats sur l'abolition de la TVA sociale et autres mesures, le 17 juillet, pouvait être vu par le public assistant à la séance et par les télespectateurs, en train de lire Le Canard Enchaîné pendant que le député écolo Rugy s'en prenait à Copé. Le patron des députés PS est vraiment le parangon d'une république...exemplaire.

dimanche 15 juillet 2012

Aurélie-Anastasie Filippetti

Vendredi 13 juillet MMXII : l'entretien d' Aurélie Filippetti, ministre de la Culture du gouvernement Ayrault-Taubira, sur France Enculture le matin, a été un bien méchant réveil.

La ministre qui est-un-écrivain (dixit Frédéric Mitterrand) s'expliquait sur les nombreux remplacements intervenus dans l'audiovisuel public à la suite de la prise de fonctions du gouvernement Ayrault-Taubira.

Comprendre : le renforcement de l'emprise de "la gauche" sur les secteurs des médiats et de la culture dans lesquels son hégémonie restait à parfaire. Elle s'exprimait sur l'antenne d'une radio du service public dont le directeur avait publiquement pris parti pour François Hollande pour l'élection présidentielle de MMXII.

Son interlocuteur lui signalant que cette vague de démissions, de fin de fonctions etc...touchait également des stations de télévision privées, Aurélie Filippetti se trahit en reconnaissant qu'elle "ne verserait pas une larme" sur la mise au placard de Robert Ménard sur une chaîne TV privée au motif qu'il avait récemment pris des positions incompatibles ....avec les valeurs de la démocratie.

                                                   "Si tu m'gonfles, j'sors mes griffes"                                                     

Je connais assez peu Robert Ménard. Son principal mérite est, à mes yeux, d'avoir pris position en faveur de l'abolition de la loi Fabius-Rocard-Gayssot n°90-615 du 13 juillet 1990 (1) dont c'était le 22e anniversaire de la promulgation. Aurélie-Anastasie (2)  Filippetti nous confirme ainsi que la censure est une valeur du socialisme version Hollande, comme version Fabius-Rocard-Gayssot. Les responsables des médiats privés ou du service public sont ainsi informés par la ministre qui est-un-écrivain, que la censure visant les blasphémateurs contre les valeurs de la démocrassouille n'est pas pour déplaire à l'administration en charge de la Culture et de l'information.

Les abords de la gare de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) sont un lieu très révélateur et instructif : on y trouve notamment, parmi les senteurs de quelques boucheries hallal et épiceries africaines, souvent sur des panneaux protégeant des chantiers de bétonnage, des affiches de candidats djézaïriens aux élections parlementaires djézaïriennes, des affiches questionnant le bien-fondé de l'engagement militaire de ce qu'il est convenu d'appeler la répuplique vrôôônsaise dans l'Emirat Islamique d'Afghanistan et...des affichettes mettant en cause des médias-poubelles : France 24 et RFI. La mise au pas par la cheftaine Aurélie-Anastasie Filippetti s'explique. La ministre qui est-un-écrivain confirme son sectarisme par l'affirmation : je ne suis pas sectaire. C'est quand un certain Zitouni, un co-assassin des moines de Tibehirine disait "n'ayez pas peur" qu'il était le plus à craindre.


N O T E S

(1) la loi Fabius-Rocard-Gayssot (loi n°90-615 du 13 juillet 1990) criminalise l'expression publique de l'incroyance en l'historiographie officielle de ce qu'il est convenu d'appeler la Shoah; la procédure pénale peut être déclenchée par le Parquet et par des associations, lesquelles peuvent se porter parties civiles pour obtenir des dommages-intérêts et se faire ainsi financer par les contrevenants à la loi Fabius-Rocard-Gayssot. Une véritable police de la pensée a ainsi été mise en place dans la foulée de la promulgation de cette loi qui a servi d'exemples ailleurs (par exemple loi Eerdekens-Mayeur en Belgique);

(2) en attribuant Anastasie comme second prénom à la ministre qui est-un-écrivain, je la désigne comme une partisane de la censure : Dame Anastasie est un personnage de fiction apparu dans des revues satiriques et humoristiques de la seconde moitié du 19e siècle sous le crayon de Gil; elle incarne la censure et est habituellement représentée tenant une paire de ciseaux; la gauche hollandiste dénonce la censure quand elle rencontre des résistances à son hégémonie culturelle et médiatique, mais la justifie et l'applique en invoquant des "blasphèmes" contre la république : il lui suffit de percevoir dans les idées de ceux qui lui résistent des éléments incompatibles avec les valeurs de la démocratie. Et le tour est joué.

dimanche 8 juillet 2012

Idées reçues et fausses (paysage médiatique, été 2012)

En ce début d'été 2012, deux erreurs sont communément véhiculées par les médiats à l'occasion de la commémoration d'évènements survenus un demi-siècle auparavant :

évènement : accession à l'indépendance de la République Algérienne Démocratique & Populaire;
idée reçue et fausse associée à cet évènement : cette indépendance serait intervenue au terme d'un conflit dont l'entité France n'aurait admis et reconnu qu'il s'agissait d'une guerre que 37 ans plus tard; le corollaire de cette idée reçue et fausse est que ce retard dans la reconnaissance de cette guerre est dû au sentiment de malaise et de culpabilité de l'entité France qui aurait du mal à assumer ses crimes contre le peuple algérien, les droits de l'homme etc...etc...

FAUX : le terme de guerre d'Algérie était utilisé par le public, les médiats et le monde politique, à des degrés divers, pendant le conflit; on considérait que la guerre d'Algérie faisait suite à la guerre d'Indochine, qui faisait elle-même suite à la Deuxième Guerre Mondiale. C'était même la raison pour laquelle les cérémonies du 14 juillet étaient, jusqu'en 1962, entourées d'une relative sobriété; on disait : c'est encore la guerre, ça ne s'est pas arrêté, il y a des soldats français qui se battent, alors c'est pour ça que le 14 juillet on ne fait plus ceci ou cela (1), comme on le faisait avant la guerre etc....; ce qui s'est passé en 1999, soit 37 ans après l'accession de l'Algérie à l'indépendance, c'est que le gouvernement (2) a tenu à faire bénéficier les anciens soldats ayant servi en Algérie des mêmes droits et avantages que ceux de leurs devanciers ayant participé à une guerre; pour établir une parfaite égalité entre anciens combattants, on a inscrit dans la loi que le conflit algérien avait été une guerre, ce qu'il était déjà dans l'esprit des contemporains, dans les discours des hommes politiques et dans les médiats dès les années 1950; l'aspiration à tourner la page après 1962 s'explique surtout par l'exode des Européens d'Algérie qui a vidé les Accords d'Evian de leur substance et libéré ainsi la partie algérienne de la majeure partie de ses obligations : De Gaulle a reçu Ben Bella en secret au château de Champs en Seine-et-Marne, pour ne pas raviver le ressentiment des Européens d'Algérie à l'égard du gouvernement français comme à l'égard du gouvernement algérien qui avait souhaité leur départ (3); par ailleurs, les Français d'Europe voyaient avec surprise et déplaisir qu'ils devaient à la fois accueillir les Européens d'Algérie et des immigrés algériens dont le nombre devenait supérieur à ce qu'il était pendant la guerre d'Algérie alors que dans l'esprit de la plupart des Français d'Europe, l'indépendance de l'Algérie devait implicitement avoir pour conséquence l'évaporation de la plus grande partie de la communauté nord-africaine en France d'Europe. Si malaise et honte il y avait, il était lié au sentiment d'avoir été trompé, abusé par la partie algérienne dont De Gaulle voulait se concilier les bonnes grâces pour mener sa prétendue politique étrangère de "grandeur" et d'indépendance qui s'est avérée très coûteuse.

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évènement : rencontre à Reims entre Adenauer et De Gaulle au début de l'été 1962;
idée reçue et fausse associée à cet évènement : cette rencontre aurait scellé, dix-sept ans après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la réconciliation franco-allemande.


FAUX : la République Française et la République Fédérale d'Allemagne (R.F.A.) étaient alliées depuis 1955 et l'adhésion de la R.F.A. à l'Alliance Atlantique (O.T.A.N.) dont le siège était d'ailleurs à Paris; les jumelages franco-allemands se multipliaient depuis les années 1950. Les deux Etats étaient membres du Conseil de l'Europe, de la C.E.C.A. (pool charbon-acier), de la C.E.E. (Marché Commun) et de l'Euratom.
La France avait respecté la volonté des Sarrois (4) de rattacher leur Land à la R.F.A. à la suite de leur rejet du statut de territoire européen par referendum en 1955. Sous la IVe République, les groupes gaullistes (R.P.F., puis Républicains Sociaux), se sont appliqués au contraire à entraver cette politique d'apurement des contentieux franco-allemands; la présence concommitante aux Ministères des Affaires Etrangères des deux pays, pendant de longues années, au début de la R.F.A. et sous la IVe République française, de représentants du parti démocrate-chrétien M.R.P. et de la C.D.U. a facilité cette réconciliation et cette amitié. La rencontre de Reims, le voyage de De Gaulle en R.F.A. quelques mois plus tard, la signature du traité franco-allemand de janvier 1963 n'ont pas scellé une amitié déjà acquise (5); le traité franco-allemand de janvier 1963 n'est que l'application aux seules France et Allemagne des conceptions DeGaullistes en matière d'institutions européennes : on s'engage par traité à ....se réunir périodiquement pour essayer...de se mettre d'accord et de coopérer. C'est ce type d'institutions que De Gaulle aurait voulu voir se substituer à la C.E.C.A., à la C.E.E. et à l'Euratom. Le but du traité de janvier 1963 était de détacher la R.F.A. des Etats-Unis et de la lier à la France comme junior partner.

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N O T E S

(1) peu attiré par les cérémonies "patriotiques", du moins celles qui sont en rapport avec l'Etat-nation "républicain" jacobin et multi.....continental, à vocation universelle, la Grande Nation, je n'ai pas retenu quelle était la part des festivités dont on s'abstenait depuis la guerre et tant qu'il y aurait des soldats français engagés dans une guerre, mais j'atteste que ce détail était régulièrement rappelé;

(2) il s'agit du gouvernement socialo-écolo-communiste dirigé par Lionel Jospin (1997-2002); Lionel Jospin et ses amis politiques adhèrent, ou font semblant d'adhérer, à la vulgate médiatique et académique (Benjamin Stora et ses collègues) selon laquelle ce sont ses crimes envers les Algériens qui empêcheraient l'entité France de reconnaître rapidement la validité de leurs thèses pro-FLN algérien, ses responsabilités, sa culpabilité etc.... : confronté à un problème de port de voile islamique dans des collèges de l'Oise dès la fin des années 1980, le ministre de l'Education Nationale Lionel Jospin, PS et ancien trotskyste, justifiait son refus d'une politique répressive par le propos suivant : "j'appartiens à une génération qui a fait la guerre d'Algérie, il y a des chemins qu'on ne me fera pas refaire";

(3) les signataires français des Accords d'Evian tablaient sur le maintien à court terme de la moitié environ, soit 500 000 personnes, des effectifs des populations européennes d'Algérie, protégées par un statut inclus dans les Accords d'Evian; les signataires algériens escomptaient un maintien dans l'Algérie indépendante d'un maximum de 150 000 Européens d'Algérie. Il en est resté 45 000;

(4) le conflit sarrois, qui s'est prolongé jusqu'en 1955, soit 6 ans après la reconstitution d'un Etat allemand, a retardé la normalisation des relations franco-allemandes; il trouve son origine dans la volonté des dirigeants français de l'immédiat après-guerre de s'assurer une "prise de guerre" : le détachement de la Sarre de l'Allemagne (les alliés de la France, pas plus que l'U.R.S.S., ne lui auraient permis de l'annexer purement et simplement). La Sarre fut liée à la France dans une Union Economique Franco-Sarroise, la France imposa l'adhésion de la Sarre au Conseil de l'Europe pour tenter d'obtenir la reconnaissance internationale de sa séparation d'avec l'Allemagne. Après la Première Guerre Mondiale et jusqu'en 1935, la Sarre avait été également dotée d'un statut la séparant de l'Allemagne et garanti par la S.D.N. En 1935, sous le IIIe Reich, les Sarrois avaient choisi par referendum de faire retour à l'Allemagne....sous Hitler. Il s'en est ensuivi qu'après la Deuxième Guerre Mondiale les Sarrois refusant le statut que la France leur avait octroyé après la guerre étaient soupçonnés sinon de nazisme, du moins d'un nationalisme allemand fort suspect. Le maintien de ce statut particulier se fit à grands frais (la France dépensa beaucoup d'argent pour moderniser l'économie sarroise, la relever et... y restreint fortement les libertés politiques : interdiction de la propagande des partis n'acceptant pas le statut imposé par elle, soutien à un gouvernement sarrois appuyé par les seuls partis favorables au statut). Isolée parmi ses alliés, la France dut accepter de proposer un autre statut aux Sarrois : la Sarre deviendrait territoire européen, siège de toutes les institutions européennes existantes et à venir, détaché de l'Allemagne jusqu'à la signature d'un traité de paix définitif. Ce statut européen fut soumis aux Sarrois par referendum en septembre 1955, tous les partis étant autorisés à faire campagne : deux Sarrois sur trois le rejetèrent. Les gouvernements français présidés par Edgar Faure, puis par Guy Mollet, en prirent acte, malgré les protestations gaullistes, émises surtout par la voix de Michel Debré, et préparèrent le retour de la Sarre à l'Allemagne; l'hebdomadaire National Zeitung  du Dr Frey (dont Moshe Menuhin était un collaborateur) écrivit bien plus tard, évoquant ce retour de la Sarre comme "la petite réunification" : "es spricht für Frankreich" : ce choix (des gouvernements d'Edgar Faure et surtout de Guy Mollet) témoigne en faveur de la France"; dans cette affaire, les gaullistes ont été les empêcheurs et les gêneurs;

(5) le traitement des prisonniers de guerre français en Allemagne pendant la guerre (il n'est pas question ici des prisonniers politiques, déportés ou astreints au S.T.O.), le choix de prisonniers de guerre allemands de demeurer en France après leur libération (malgré des débuts de captivité auxquels tant d'entre eux ne survirent pas: cf. :  le livre, épuisé, du Canadien Bacque intitulé "Morts pour causes diverses" aux éditions Sand, publié en 1990), le fait qu'il y ait eu des antifascistes allemands dans la Résistance française, et des combattants français sur le Front de l'Est aux côtés des Allemands (L.V.F., puis Division Charlemagne), des Allemands ayant contracté un engagement sous le drapeau français en Indochine (Frankreichs fremde Söhne) quand il n'y avait plus d'armée allemande, ont plus fait pour cette amitié et cette réconciliation que n'importe quelle rencontre ou n'importe quel traité.