mardi 30 octobre 2012

Radio Stuttgart ; "Au sujet des services de renseignements" (30/10/39)

Le texte ci-après, intitulé "Au sujet des services de renseignements", est la version écrite de l'éditorial de l'émission en français de Radio Stuttgart diffusé le 30 octobre 1939.

Radio Stuttgart est un des émetteurs du Reich allemand, un Etat avec lequel la République française est, de fait (1), en guerre depuis un peu moins de deux mois; le thème de l'éditorial est l'incompétence attribuée par l'éditorialiste aux services de renseignements du Royaume-Uni.

Le public visé par l'émission est le public résidant en France. C'est un éditorial d'une station de radio d'un Etat en guerre, adressé à la population d'un pays avec lequel ce même Etat est en guerre. La diffusion sur les ondes de cet éditorial intervient pendant la période qualifiée de "drôle de guerre" entre septembre 1939 et mai 1940.


"Au sujet des services de renseignements (30.10.1939)

Nous a-t-on assez rabâché pendant des années que l'Intelligence Service (appellation pleine de modestie qui désigne les services de renseignements anglais) (2) savait tout, s'insinuait partout, voyait tout et pouvait tout ! Les histoires les plus mirifiques concernant ses exploits s'étalaient dans tous les journaux. Du Cap Horn au fond de la Sibérie, l'Intelligence Service invisible, mais présent, présidait aux destins du monde et veillait sur les coffres-forts britanniques.

Eh bien, comme beaucoup d'autres réputations, celle de Intelligence Service était quelque peu surfaite, car, de deux choses l'une, ou bien l'Angleterre était mal renseignée, ce qui l'a portée à commettre un nombre considérable de sottises depuis le mois de mars (dernier), ou bien, étant bien renseignée, elle a refusé d'écouter ceux qui faisaient parvenir des avis réels et a délibérément lancé le monde dans une aventure sans précédent.

Nous rappellerons seulement pour mémoire les illusions de Chamberlain (3), auquel ses renseignements faisaient croire que Staline n'attendait qu'une occasion pour déclarer la guerre à l'Allemagne. Le 23 août, le Premier britannique reçut certainement un des chocs les plus violents de sa vie, lorsqu'il constata qu'en réalité les chefs de l'Allemagne et de la Russie avaient, grâce à lui, trouvé une bonne raison de s'entendre pour le mutuel profit de leurs peuples (4).

Une des plus belles preuves de la parfaite méconnaissance des réalités allemandes nous a été donnée dans les premiers jours de la guerre, lorsque les pilotes aériens britanniques ont déversé sur l'Allemagne des tonnes de petits pamphlets destinés, dans la naïve opinion de leurs auteurs, à amener la révolution en Allemagne. On avait fait croire au gouvernement anglais que le peuple allemand était fatigué du National-Socialisme et n'attendait qu'une occasion pour descendre dans la rue. Nous devons donc admettre que la situation en Allemagne était méconnue à un point tel que ni les diplomates, ni les services de renseignements n'avaient pris en considération l'oeuvre accomplie socialement en faveur du peuple, la confiance que les jeunes ont en leurs chefs, la foi qu'ils éprouvent à l'égard de la force de leur race et de la grandeur de leur Reich, cette unité de pensées, de volontés, d'actions qui est une des caractéristiques de l'Allemagne nationale-socialiste. Il avait suffi que quelques vieilles gens, grognons et incompréhensifs (5), élevassent de temps en temps des protestations contre les temps nouveaux, pour que ces récriminations sans portée fussent assimilées à un mécontentement des masses populaires et poussassent Chamberlain à la guerre !

D'autres renseignements, également erronés ou même inventés de toutes pièces, représentaient l'armée allemande comme manquant d'officiers en nombre suffisant pour entraîner et encadrer les recrues.

Mais le comble de l'erreur, c'était l'annonce de la disette de vivres qui devait jeter l'Allemagne à genoux en quelques jours. Rien ne lui était comparable, que le manque de pétrole. Qu'importaient le nombre et la force des avions allemands, que valaient les divisions motorisées, puisque bientôt, dans quelques semaines, les moteurs allaient s'arrêter faute d'essence !

Quant au gouvernement national-socialiste, il n'était composé de gens se disputant à longueur de journée; le Führer (6) était à couteaux tirés avec les chefs de la Reichswehr et l'annonce seule de la déclaration britannique de guerre allait voir tous ces ministres disparaître comme un vol de moineaux !

Je n'exagère rien. Sur des bases aussi puérilement inexactes on a, en Angleterre et en France, édifié la possibilité de la guerre. De telles absurdités ont été répétées par tous les journaux aux braves gens de France (7), qui ne demandaient qu'à les croire puisque, en cas de difficultés, il vaut mieux que l'ennemi soit intérieurement affaibli. Sans ces mensonges, sans ces incompréhensions, sans ces camouflages de la vérité, les peuples occidentaux n'eussent pas permis à leurs gouvernements de les entraîner dans une aventure dont la fin peut être très tragique pour ceux qui se sont trop vantés à ses débuts.

Pour quelques renseignements, peut-être volontairement erronés, voici l'humanité en proie à de terribles convulsions, et la voix du chef qui veut encore la paix a été couverte de ridicule par ceux-là mêmes dont l'ignorance est une des causes du mal et qui continuent à enchaîner les unes aux autres de nouvelles erreurs". (8)

N O T E S

(1) le Reich n'a pas déclaré la guerre à la France, mais la France n'a pas non plus déclaré la guerre au Reich dans les formes prévues par les lois constitutionnelles de 1875 qui constituent la loi fondamentale de la IIIe République Française et qui exigent un vote du Parlement : il y a eu simplement un octroi de crédits militaires au gouvernement lui permettant de faire la guerre;

(2) l'éditorialiste joue sur les mots, ou n'est pas angliciste : en anglais, "intelligence" veut ici dire "renseignements", "collecte de renseignements", et le terme n'a dans le contexte de l'expression "Intelligence Service" aucun rapport avec l'intelligence en tant que faculté mentale;

(3) il s'agit de Neville Chamberlain qui est alors Premier ministre du Royaume-Uni, et qui le restera jusqu'en mai 1940;

(4) il s'agit du pacte de non-agression germano-soviétique signé le 23 août 1939; aucune des parties signataires de ce pacte ne semble avoir été sincère et l'avoir tenu pour durable : dès le déclenchement de la Guerre d'Hiver entre l'Union Soviétique et le Finlande un mois après la diffusion de cet éditorial, l'Allemagne fait brièvement parvenir de l'aide à la Finlande (ce que les Soviétiques ne tarderont pas à apprendre); la Finlande est massivement aidée par des volontaires suédois avec la bénédiction d'un officier supérieur de l'armée suédoise qui n'est autre que le beau-frère d'Hermann Goering, ministre de l'Air du Reich allemand; le Reich apprendra très vite, par les bavardages d'Alexandra Kollontaï, ambassadrice de l'URSS à Stockholm, que l'Union Soviétique attend le moment favorable pour "briser les reins" du Reich (cité par André Fontaine dans "Histoire de la Guerre Froide");

(5) il s'agit d'un éditorial de propagande de guerre : l'opposition interne au gouvernement national-socialiste est désignée comme "quelques vieilles gens, grognons et incompréhensifs", qui élèvent "la voix de temps en temps" et protestent contre "les temps nouveaux" (comprendre : la politique du gouvernement national-socialiste);

(6) il s'agit d'Adolf Hitler, dont le nom n'est jamais prononcé dans le cours de cet éditorial; plus loin, il est désigné comme "le chef qui veut encore la paix" et dont les ennemis extérieurs et réputés bellicistes couvrent la voix de ridicule; le message est : le Reich veut la paix, la guerre effective n'est pas encore inévitable;

(7) l'éditorial de Radio Stuttgart s'adresse au public français, lequel est naturellement ménagé et désigné comme un ensemble de "braves gens" non acquis à l'idée d'une guerre inévitable et victime d'une propagande belliciste;

(8) fin de l'éditorial de l'émission en français de Radio Stuttgart, une des stations contrôlées par le gouvernement du Reich allemand, diffusé le 30 octobre 1939.


N.B. : à aucun moment il n'est question des Juifs, de leur sort, de projets du gouvernement national-socialiste à leur égard.

mardi 16 octobre 2012

17 octobre 1961 : de la repentance ? Pas en nom !

Vanessa Burggraf, présentatrice de la chaîne France 24, affirmait à la mi-octobre 2011 que des personnalités attendaient de la Vrôôônce (1) (que, quoi ou qui désigne ce nom ?)  "reconnaisse" sa responsabilité (qu'est-ce à dire ?) dans la gestion de la répression de la manifestation d'Algériens à Paris et alentours le 17 octobre 1961.

En 2012, la même chaîne entend commémorer l'évènement en donnant la parole à des "Algériens de France" pour leur permettre, n'en doutons pas, de culpabiliser les Eurofrançais (2) et de les conduire à admettre que, du fait notamment de cette histoire, les personnes issues des flux migratoires sud-nord "ont des droits" sur eux.

Adolescent, j'ai été contemporain de ce développement des derniers mois de la guerre d'Algérie. Il n'y a aucune raison d'exprimer une quelconque repentance, de présenter des excuses ou quoi que ce soit de ce genre. Que celles et ceux qui croiront pouvoir et devoir le faire ne le fassent qu'en leur nom et se ridiculisent ainsi. Ils ne me représentent pas. Je leur dénie le droit de parler pour moi.

La manifestation répondait à un appel du FLN, l'organisation algérienne dont la branche militaire, composée de volontaires, tuait des soldats français en Algérie. Si j'avais eu dix ans de plus en 1961, j'aurais pu tomber en Algérie sous les balles des instigateurs de la manifestation En appelant les Algériens de Paris et de sa banlieue à manifester comme ils l'ont fait, le FLN algérien posait un acte de guerre sur le territoire métropolitain (3)., et il fallait s'attendre à ce qu'il soit répondu à cet acte de guerre. Sauf exceptions, les manifestants répondant à l'appel du FLN étaient tous volontaires, ce que n'étaient pas la plupart des soldats français servant à la même époque en Algérie, et qui ne s'y trouvaient que parce qu'ils appartenaient à des classes d'âge données et étaient ressortissants français de sexe masculin., donc soumis à la conscription (4).

Le FLN algérien a voulu montrer son influence sur les Algériens de la Seine. Ce faisant, il a fait peur et est responsable de la dureté relative (oui, relative) de la répression dont ont été victimes ceux qui ont suivi son appel à manifester. La répression dont on se gargarise aujourd'hui pour la stigmatiser répondait à une provocation grossière. Le FLN algérien invitait à cette répression de gens qu'il a instrumentalisés. La mesure de la peur et de la colère de certains Eurofrançais témoins ou contemporains de cette provocation du FLN algérien peut être évaluée à l'aune d'une intervention d'un conseiller municipal de Paris : il préconisait devant cette assemblée une rafle de militants FLN, et leur embarquement sur un navire à couler en pleine mer; j'ai entendu à la maison, de la bouche d'un de mes proches parents une préconisation similaire. Je suppose que le fantasme récurrent d'Algériens noyés provient en partie de ces propos pronocés sous le coup des émotions-soeurs de la colère et de la peur. Mon souhait, mon attente, c'était que l'Algérie devienne rapidement indépendante, et que le plus grand nombre possible des Algériens qui vivaient parmi nous quittent la France d'Europe dans la foulée de l'accession de leur pays à l'indépendance. Je n'étais ni partisan de l'Algérie française, ni  encore moins sympathisant du FLN et des prétendus mouvements de libération nationale de ce qu'on appelait le Tiers Monde. Je souhaitais la sécession de l'Algérie ... pour ne pas avoir neuf millions de concitoyens musulmans algériens dans le cadre d'une France s'étendant de Dunkerque à Tamanrasset. Je n'ai pas vraiment changé d'avis.

J'habitais Colombes (Seine). Quatre ans auparavant, au sortir d'une grande manifestation sportive à laquelle assistait le président René Coty, à Colombes, le FLN avait fait assassiner un notable algérien musulman, ancien vice-président de l'Assemblée algérienne (mise en sommeil en raison des évènements). La communauté algérienne, et plus généralement maghrébine, était très représentée à Colombes et dans les communes voisines (Nanterre, Argenteuil). Sa présence inquiétait d'autant plus que la presse populaire de l'époque ne cachait rien de la guerre algéro-algérienne que se livraient en banlieue le FLN  et son rival le Mouvement Nationaliste Algérien (MNA). On craignait que cette population qui vivait parmi nous ne réponde à des mots d'ordre du FLN. C'est ce qui est arrivé le 17 octobre 1961. Je me souviens, au retour d'une promenade dominicale en famille, d'avoir vu le terre-plein situé en face de la gare de Colombes, au débouché des rues Victor Hugo, Saint-Denis, de l'Indépendance ou de l'avenue Ménelotte, et de l'avenue de l'Agent Sarre, noir de monde : on venait d'y arrêter un Algérien qui avait assassiné un gardien de la paix du commissariat de Colombes.

On pouvait rencontrer à Colombes, administrée par la veuve UNR de Stanislas Devaud (5) des sympathisants et des compagnons de route du FLN : le calamiteux Parti Socialiste Unifié (PSU) y était assez actif; son animateur semblait être un imprimeur du nom de Cary. Ce Cary était en outre l'imprimeur attitré de la Paroisse Catholique Saint-Pierre Saint-Paul, animée par les Fils de la Charité. Dix ans après les évènements de 1961, le maire communiste de Colombes, Dominique Frélaut, dut se séparer d'une de ses adjointes, une jolie demoiselle du PSU et de la CFDT, militante paroissiale de Saint-Pierre Sant-Paul.. Cette trentenaire bien intentionnée était visitée par des fantasmes qui lui faisaient voir, en 1971, des policiers jeter des Algériens dans la Seine.

En octobre 2012, le maire socialiste de Colombes, Philippe Sarre, entend commémorer les évènements d'octobre 1961, réduits à la répression d'une "manifestation pacifique" (sic) en présence de diplomates algériens et... d'un membre du gouvernement algérien (6). C'est tout simplement déguelasse.


N O T E S

(1) cette graphie ne vise pas une prononciation, un accent quelconque; elle se réfère au caractère très abstrait de l'idée de nation actuellement en vogue, qui ferait souhaiter que le pays change de nom. Si la France est à tout le monde, ou peut être à tout le monde, si elle est avant tout le pays des droits de l'Homme (on a envie d'écrire "droidloms" par dérision, puisque c'est au nom des droits de l'Homme qu'on s'en prend aux libertés fondamentales) plutôt que celui de ses habitants, elle devrait changer de nom : je propose quelque chose comme la Vrôôônse;

(2) qu'on le veuille ou non, qu'on accepte de le voir ou non, le communautarisme existe; le dénoncer n'aboutit qu'à criminaliser le recours éventuel à ce cadre de solidarité par personnes non issues des flux migratoires, disons, du dernier demi-siècle;


(3) ce n'était pas une manifestation pacifique : elle répondait à un mot d'ordre du FLN en guerre avec la France et avec d'autres mouvements nationalistes algériens (dont le MNA de Massali Hadj); que le FLN se soit servi de femmes et de jeunes personnes sans armes pour tester son influence et son autorité sur des Algériens en France d'Europe n'y change rien;

(4) Les bandes de volontaires de Rol Tanguy et de Kriegel Valrimont, ou même de Leclerc, ont beaucoup plus tué ou massacré, et dans des conditions souvent ignominieuses, lors de la "libération de Paris" de l'été 1944, que les policiers commandés par Maurice Papon en octobre 1961 qui n'ont tué, sauf exceptions, que des volontaires, ce que n'étaient pas la plupart des hommes du général Von Choltitz.
Un crime de guerre, voire contre l'humanité, commis par la Résistance, parmi tant d'autres survenus en août et septembre 1944 : à Paris, rue de la Harpe, au Quartier Latin, dans ce que je crois pouvoir situer au Centre de Santé Hostater, qui dépend du C.R.O.U.S. de Paris, des résistants ont assassiné un soldat allemand, mineur d'âge, blessé et prisonnier, malgré les supplications d'une infirmière en service dans ce centre de secours ouvert pendant les combats de ce qu'il est convenu d'appeler la libération de Paris; l'"héroïque" libertador commenta ainsi son geste : "On les tuera tous" (cité dans "Paris brûle-t-il ?" de Lapierre et Collins). Le journal communiste L'Humanité avait appelé au meurtre : "A chacun son Boche", "Pas un Boche ne doit sortir vivant de Paris". Le blessé assassiné n'a pas sa plaque commémorative. Son assassin l'a peut-être, s'il a été tué à son tour peu après. Mais lui était volontaire. S'il avait perdu la guerre...il aurait pu, et dû, être considéré comme criminel de guerre, voire contre l'humanité.

(5) il s'agissait de Marcelle Devaud, née Guggenheim; les Guggenheim étaient des juifs d'Alsace installés en Algérie après la conquête française; paradoxalement, si on peut dire, Stanislas Devaud représentait un mouvement qui entendait plutôt promouvoir les populations arabo-musulmanes des départements français d'Algérie : la Solidarité Française; par dérision, les adversaires de ce mouvement  l'appelaient parfois la Sidilarité Française : dans l'imaginaire familier des Eurofrançais d'avant les flux migratoires massifs des années 1960, les personnes originaires d'Afrique du Nord étaient souvent associés à la figure du marchand ambulant de tapis, dénommé "sidi" (ce qui veut dire "monsieur" voire "seigneur" en arabe, voir : Le Cid, de Corneille), ce qui pouvait être légèrement ironique voire péjoratif de la part des Eurofrançais, mais pas aux oreilles des intéressés ainsi "anoblis";

(6) l'actuel gouvernement de l'Etat qui s'est donné le nom de République Algérienne Démocratique et Populaire se trouve ainsi conforté dans sa légitimité historique : il est issu du FLN qui avait appelé à cette manifestation du 17 octobre 1961;

mercredi 3 octobre 2012

Arte, ou les salauds

Jean-Paul Sartre passe pour avoir élevé, si on peut dire, le salaud, au niveau d'une catégorie philosophique. En regardant Arte Journal, il m'arrive de constater que les pires salauds du paysage médiatique européen sont à la rédaction de cette émission.

Mardi 2 octobre 2012, 19h45. L'édition vespérale d'Arte Desinfo, pardon Arte Journal, est présentée par Méline Freda qui, malgré son minois de Pékinoise, passe pour être Belge.

L'agenda (1), au sens anglais du terme, des directeurs de conscience d'Arte Journal est clairement situé entre "la gauche de la gauche" et "l'ultra-gauche". Pourquoi pas ? Ce pourrait être légitime si cette chaîne à financement, mais à financement seulement, franco-allemand, ne passait pas pour être autre chose : une chaîne culturelle franco-allemande et européenne. Le public à l'attention superficielle en est resté là.


Le choix du commerçant suédois IKEA de ne pas faire figurer de femmes dans son catalogue diffusé en Arabie Saoudite est dénoncé par Arte Journal comme un "effet pervers du capitalisme", un pacte avec "le diable" (merci pour les dirigeants saoudiens, identifiés par les directeurs de conscience d'Arte Journal à Satan ! N'y aurait-il pas là comme de l'islamophobie, attitude qu'Arte est si prompte à déceler et à dénoncer chez les Européens de souche ?). Heureusement, les Suédois ont une "autorité morale" venue de loin pour les inciter à la repentance : la ministre suédoise de l'égalité de je-ne-sais-pas-quoi, une Afro-suédoise dénommée Nyamko Sambuni, et à qui Arte Journal donne la parole pour fustiger l'industriel et commerçant IKEA. Et IKEA de tenter de se défendre en affirmant avoir des "valeurs" comme je-ne-sais-plus-quoi : les droidloms ou l'égalité des sexes ou je ne sais quoi de ce genre. Comme si c'était son rôle !


C'est une sida mental contagieux qui me semble venir de France où tout doit être "de la République" : l'école de la République, la police républicaine, la loi de la République, les faleurs de la répuplique etc...


Mais le "clou" de cette émission d'Arte Journal du 2 octobre au soir se trouvait dans sa page dite culturelle.


On y présentait une merde, pardon : "une performance (sic) (2) autour du colonialisme" du sud-africain anglophone et leucoderme (3) Brett Bailey. Le titre de la séquence sur Arte Journal était "Au coeur des ténèbres". Et la séquence confiée à une journaliste dénommée Sandra Luvina (ou Louvina). Ce spectacle est donné à Berlin.et doit y être connu sous l'appellation d'"Exibit B" (6) ou quelque chose comme ça.

Un des points centraux de l'agenda (1) politique des directeurs de conscience d'Arte Journal est de retourner l'opinion publique européenne en faveur des réfugiés, des résidents illégaux dits "sans papiers" et en général des immigrés issus des flux migratoires sud-nord, pour que ceux-ci soient non seulement tolérés, mais que leur présence soit même souhaitée. Pour arriver à cette fin, quoi de mieux que de culpabiliser le public en établissant, à travers la merde, pardon : le spectacle, de Brett Bailey, un lien entre le regard que les Européens du 19e et du début du 20e siècle portaient sur les Africains ou Asiatiques exhibés en Europe à des fins de divertissement et celui que les Européens d'aujourd'hui portent sur les réfugiés (il est immoral et interdit de s'interroger pour distinguer vrai et faux réfugié, réfugié politique, économique ou sexuel : ne sommes-nous pas tous des lesbiens algériens ?).

Cette séquence d'Arte Journal sur la merde, pardon le spectacle, de Brett Bailey, est l'occasion de fustiger "la politique coloniale allemande" (4) et son lot d'horreurs". Pensez : c'est dans des camps de l'actuelle Namibie qu'un nommé Fischer (prénom inaudible : Gen, ou James ?) aurait conçu ses théories raciales que les nazis auraient ensuite reprises. Brrr, ça donne froid dans le dos, non ? On nous montre un acteur nommé Marcellinus Swartbooi, dont la mélanodermie (3) est renforcée par une couche de cirage pour faire plus vrai, qui vient nous dire qu'il ne vient pas chercher la confrontation (ouf !) mais aider à un travail de mémoire (j'ai déjà entendu ça ailleurs). Cette "terrible et magnifique performance" (1), Arte Journal dixit, est l'occasion pour de "jeunes artistes berlinois" (sic) de faire leurs preuves. L'un d'eux, qui répond au nom de Collivan Nso (un  nom bien brandebourgeois !), un Africain devenu Allemand et qui a été réfugié avant de s'"intégrer" (?) en Allemagne, interprète un jeune demandeur d'asile africain mort dans une opération de refoulement, de rapatriement forcé (5).

Arte Journal décerne ses félicitations à Brett Bailey : la public va être culpabilisé et les résistances à la poursuite et l'amplification des flux migratoires sud-nord en seront entravées. Il y aurait un parallèle entre, je cite, "l'acceptation par NOS aïeux des outrances coloniales" et "NOTRE passivité face au traitement INFLIGE aux réfugiés". Et Brett Bailey de fantasmer tout éveillé devant la caméra d'Arte Journal : le regard de ses acteurs africains mélanodermes sur les spectateurs de sa merde, pardon : de sa pièce, est le même que celui que croisaient déjà il y a un plus d'un siècle les spectateurs européens venus voir les "indigènes" exhibés dans des cabinets de curiosité ou des cirques. Si après ça, vous n'allez pas pétitionner pour des sans papiers, des réparations à verser aux anciens pays colonisés, si vous n'ouvrez pas toutes grandes les frontières de l'Europe, vous allez désespérer les directeurs de conscience d'Arte Journal.


N O T E S

(1) le mot "agenda" en anglais signifie "programme", "ordre du jour"; il est parfois, par imitation de l'anglais, employé dans ce sens dans d'autres langues;

(2) il s'agit d'un mot anglais dit "faux ami" : en anglais, un spectacle est une "performance" aussi bien qu'un "show";

(3) un leucoderme est un blanc; un mélanoderme est un noir;

(4) c'est bien la peine que les vainqueurs de la Première Guerre Mondiale aient déclaré l'Allemagne "indigne" (sic) d'avoir des colonies, pour se les partager; quatre-vingt-dix ans plus tard, une chaîne dite franco-allemande trouve encore le moyen d'essayer de dénoncer la politique coloniale allemande qui ne devait pas être fondamentalement meilleure ou pire que celle des Etats qui se sont partagé les dépouilles de l'Empire;

(5) le souvenir que j'ai du rapatriement forcé par avion d'un résident illégal dans les années 1980 est celui d'un ressortissant d'un des deux Congos qui a frappé un policier de la Police des Frontières française au point de lui faire perdre un oeil, et ceci dans l'indifférence quasi générale. Le rapatriement n'a pu avoir lieu. Et c'est ce fou furieux qui était l'objet de l'apitoiement médiatique général.

(6) en novembre 2014, la merde, pardon le spectacle Exhibit B a été .... exhibée dans le 4e arrondissement de Paris où elle a été notoirement défendue par le maire local Christophe Girard.

mardi 18 septembre 2012

Vote des étrangers ? Oui, si...

Le lobby de l'Autre Suprême rappelle à François Normacol (marque déposée) sa promesse d'octroyer le droit de vote aux élections locales aux étrangers non ressortissants de l'UE (appel paru dans Le Monde lundi 17/09). François Normacol répond que ce droit devrait être effectif avant les élections municipales de 2014 : le lobby a averti, François Normacol obtempère.

Certains membres de la majorité de François Normacol sont moins pressés que les porte-parole du lobby de l'Autre Suprême. Des membres des oppositions, y compris au sein de l'ancienne majorité présidentielle, seraient favorables à cette proposition de la campagne de François Normacol dont la concrétisation exigerait une réforme constitutionnelle que la majorité présidentielle ne peut pas imposer à elle seule.

Certains, dans la majorité ou les oppositions, redoutent une campagne, médiatique ou référendaire, passionnelle.

Pourquoi l'opposition parlementaire de la droite et du centre ne proposerait-elle pas un compromis ?

Oui au droit de vote des étrangers non ressortissants de l'UE aux élections locales EN ECHANGE d'une réforme du code de la nationalité abolissant le droit du sol. La création d'une citoyenneté de résidence (expression employée par François Normacol lui-même) et son élargissement devraient permettre de revaloriser la pleine citoyenneté, la nationalité, de rendre l'accès à celle-ci nettement plus sélective et restrictive (en évitant les fausses bonnes conditions : maîtrise de la langue, allégeance aux faleurs de la répuplik, serment au trapeau etc... : la francophonie peut faire très bon ménage avec la gallophobie).

Il serait très intéressant d'observer les réactions de la gauche de gouvernement à cette proposition de compromis...

En 1986, le cartel RPR-UDF avait proposé une plateforme incluant une réforme du code de la nationalité, les manifestations de décembre contre la loi Devaquet, l'affaire Malik Oussekine avaient permis l'abandon de cette proposition via une "Commission des Sages". En 1993, le gouvernement d'Edouard Balladur avait fait adopter une timide réforme du code de la nationalité que la "gauche plurielle" parvenue aux affaires en 1997, a aussitôt abolie. Si la nationalité est une chose sérieuse (je n'ai pas d'opinion arrêtée sur la question), elle mérite une stabilité législative, fruit d'un compromis sérieux.

La relance de la campagne pour l'octroi du vote des étrangers par des "amis" de François Normacol, l'incapacité de la majorité présidentielle d'imposer cette réforme par ses propres forces, devraient permette à l'opposition parlementaire du centre et de la droite de poser des conditions. A moins de l'abandon du jus soli par la gauche, la proposition aventurée par François Normacol est inacceptable.



lundi 10 septembre 2012

Jean Lebrun versus Fernandel

L'émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, actuellement diffusée de 13h30 à 14h et animée par l'agrégé d'Histoire Jean Lebrun, est pour celui-ci une tribune lui permettant de régler quelques comptes dans une perspective shoacentrique.

Quelques jours avant de consacrer une émission au "juste" Raoul Wallenberg, La Marche de l'Histoire s'intéresse au comédien et chanteur Fernandel (1903-1971). Le taliban radiophonique de la Mémouare reproche à Fernandel d'avoir continué à travailler pendant la Seconde Guerre Mondiale, d'avoir prêté sa voix à une publicité pour une manifestation du Secours National à Paris, au Gaumont Palace et...., mais oui, d'avoir eu un collègue juif qui, lui, a été déporté. Jean Lebrun exprime son engagement politico-idéologique et exhale son fanatisme en déclarant : "Il ne s'agit pas de s'ériger en justicier (ouf, je respire...), mais de ne pas être amnésique non plus". On aurait pu s'attendre à ce que ce soit éventuellement l'invité de Jean Lebrun qui porte un jugement sur Fernandel, mais non l'animateur de l'émission qui s'en sert comme d'une tribune.

Dans le cours de l'émission, on a rappelé la collaboration de Fernandel dans les années 1930 au journal communiste Ce Soir. Je suis content qu'il n'ait pas collaboré à L'Humanité : j'aurais été attristé que son nom soit lié à un journal qui, en août 1944, appelait à l'assassinat : "A chacun son Boche", "Aucun Boche ne doit sortir vivant de Paris". Je suis le conseil de Jean Lebrun de me garder de l'amnésie, et n'oublierai pas comment il a mésusé de son émission. Je le remercie de m'avoir conduit à aimer encore plus Fernandel qu'auparavant et d'avoir plus encore en aversion la petite cantate "Que ma Shoah demeure".

Voir aussi : http://jeanmarielallau.blogspot.fr/2011/02/arte-desinfo-les-obsessions-de-la.html

lundi 27 août 2012

Pour l'amour des Rroms...

Les Rroms, composante du genre humain, ont certainement droit à la mesure de respect qui va avec cette qualité. Depuis un peu plus de 2 ans, on assiste, notamment dans la Grande Nation, à une Rromolâtrie qui participe davantage de l'angélisme et de la haine de soi que d'un amour du prochain. La cohabitation entre nomades, semi-nomades ou semi-sédentaires, et sédentaires est problématique dans toutes les parties du monde. Les Rromolâtres des médiats, des zautorités morales et d'une partie de la classe politique ne veulent pas le savoir : ils répètent comme un mantra "Ne stigmatisons pas". M'est avis que cet angélisme qui se veut humanisme encourage certains Rroms à s'exposer à la stigmatisation de leurs voisins, assurés qu'ils sont de pouvoir compter sur la complaisance et le soutien des "exhibitionnistes de l'intelligence et du coeur" comme disait Robert Lacoste.

Après le lucide discours tenu par Nicolas Sarközy à Grenoble fin juillet 2010, qui prévoyait le démantèlement des campements illégaux de Rroms, le deconantum rromolâtre a été inauguré vers la fin de l'été par Hervé Morin, ministre de la Défense, lors de l'université d'été du parti Nouveau Centre (1). Morin a narré une correspondance, sans doute imaginaire, entre un ami Maghrébin et un Rrom, le premier remerciant le second de l'avoir remplacé comme bouc émissaire des beaufs de la Grande Nation. Morin a fait dans la facilité, assuré d'être applaudi par les zautorités morales et croyant se placer en orbite pour concurrencer Nicolas Sarközy en 2012.

Ensuite, ce sont les acteurs du monde de la Culture et de l'enseignement qui ont pris le relais. On a multiplié les expositions, à l'échelle d'une institution départementale (en Essonne, on a beaucoup donné), ou d'un établissement d'enseignement, pour commémorer surtout la persécution de Rroms pendant la première moitié des années 1940. Tout se passe comme si le principal titre de noblesse des Rroms était d'avoir été persécutés en même temps que les Juifs, et par les mêmes. Le but est de dénoncer quiconque contrarie les "Fils du Vent" (2) : ceux qui les font expulser, déplacer sont, dans une certaine mesure, les héritiers du national-socialisme, du fascisme, du régime de l'Etat Français. A bon entendeur, salut !

Les naïfs qui applaudissent la prétendue fermeté de Manuel Valls (bedauds chevènementistes, chaisières villiéristes, sacristains villepinistes) oublient que dès 2010 le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, déplorait publiquement que la publicité donnée à la nouvelle politique de mise en oeuvre des lois par le gouvernement à l'égard des campements illégaux l'empéchât de continuer à faire procéder lui-même à ces démantèlements, ce qu'il avait dû faire bien avant le discours de Grenoble.

Les médiats donnent préférentiellement la parole aux associations de défense des illégaux, aux sectateurs des droidloms, aux états d'âme de membres de la majorité présidentielle de François Hollande, qui dénoncent ... la prise en compte des difficultés rencontrées par les populations qui doivent cohabiter près de Rroms qui savent pouvoir compter sur le soutien de ces zumanistes encartés (3).

N O T E S

(1) le Nouveau Centre, ou "parti libéral, social et européen", n'a pas su trouver le créneau qui aurait dû être le sien : les électeurs qui ne partagent pas la culture jacobine et souverainiste d' héritiers résiduels du DeGaullisme à l'UMP, mais dont les positions "sociétales" en matière de flux migratoires, de sécurité publique, de "mémoire", sont à l'opposé de celles de ce qu'il est convenu d'appeler la Gauche;

(2) l'appellation de Fils du Vent est une de celles que se donnent les gens du voyage;

(3) avant son élection à la présidence de la République, Nicolas Sarközy s'était taillé une belle popularité auprès de Maghrébins de Perpignan que des émeutes avaient opposé pendant plusieurs jours à des Gitans.

vendredi 17 août 2012

Fabius : une tête pas très [autocensuré]

20 décembre 2009 : dans l'émission TV C Politique sur France 5, Laurent Fabius déclare qu'il n'est pas sûr qu'il voterait pour Georges Frêche, président PS de la région Languedoc-Rousillion et de la Communauté d'Agglomération de Montpellier, s'il était électeur dans cette région (1).

22 décembre 2009 : Georges Frêche, devant le conseil de la Communauté d'Agglomération de Montpellier qu'il préside, réplique à Laurent Fabius : « Si j'étais en Haute-Normandie, je ne sais pas si je voterais Fabius. Je m'interrogerais. Ce mec me pose problème. Il a une tronche pas catholique. Mais ça fait rien, peut-être que je voterais pour lui, mais j'y réfléchirais à deux fois ».

La campagne médiatique contre Georges Frêche sur le fondement d'une partie de sa réplique ("il a une tronche pas catholique") se déchaîne en janvier 2010 : les fêtes de Noël et du Nouvel An sont peu propices au lancement et à l'entretien de telles campagnes, l'attention du public étant sollicitée par ces fêtes.

Laurent Fabius, l'actuel Sinistre des Affaires Etrangères de ce qu'il est convenu d'appeler la Vrôôônce, attire l'attention  des médiats (2) généralement admiratifs par son activisme dans le dossier syrien pendant l'été 2012. Ne vient-il pas de déclarer que Bachar El Assad "ne mériterait pas d'être sur la Terre" ? Imaginons que l'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, ait dit la même chose de Gaddafi : ce serait un hourvari médiatique, et la chaîne Arte (3) aurait dépêché Salvatore Aloïse dans un salon de coiffure pour arracher d'une cliente digne et âgée quelques mots sur la honte qu'elle la présence du Cavaliere au Palais Chigi (4) lui inspire.

Laurant Fabius est coutumier des outrances de langage : n'a-t-il pas qualifié Paul Touvier, l'ancien chef milicien victime d'un procès de sorcellerie, d'"ordure" (sic) ?

Mais qu'on ne s'avise pas de l'attaquer lui-même : pour avoir dit en 2010 qu'il ne voterait pas pour sa liste s'il était électeur en Haute-Normandie, parce qu'il (Fabius) n'avait pas "une tête très catholique", l'ancien maire de Montpellier, Georges Frêche (5), a été tricard des médiats et excommunié par la gauche et les autorités morales auto-proclamées. On a fait un procès médiatique en antisémitisme à Georges Frêche qui est mort peu après. Attaquer verbalement Fabius, c'est courir le risque d'être dénoncé comme antisémite, l'attaquer physiquement ce serait sans doute une tentative de génocide (mon ami Pierre Guillaume, de La Vieille Taupe, ayant failli le bousculer en voiture dans une rue de Paris, lui présenta ses excuses : "J'ai failli commettre un génocide", remarque dont Fabius eut ce jour-là le bon goût de sourire).

Premier ministre (1984-1986), Fabius co-présida au lancement de l'officine de Police de la Pensée SOS Racisme; il prétendit "attacher (son) nom à la lutte contre l'apartheid : on le vit manifester Quai d'Orsay devant l'ambassade d'Afrique du Sud pour défendre un terroriste.

"Le jeune Premier ministre" donné par François Mitterrand à ce qu'il est convenu d'appeler la Vrôôônse, fit caca sous lui (6) à plusieurs reprises en déclarant par exemple que "le devoir du gouvernement est d'abord (sic) de défendre les étrangers" et "défendre l'homme juif, c'est défendre la République". Ou en assurant que si, en tant que Premier ministre, il ne pouvait arborer la main "touche pas à mon pote" de SOS Racisme sur le revers de son veston, il la portait très profondément dans son coeur.

Désireux de conserver le parti communiste dans sa majorité gouvernementale,  Laurent Fabius essaya vainement lors de la formation de son gouvernement (été 1984) de s'attacher le parti de Georges Marchais en promettant de veiller à empêcher toute propagande anticommuniste sur les ondes publiques (à l'époque toutes les chaînes de télévision françaises étaient publiques).

Président de l'Assemblée Nationale en 1990 (7), Laurent Fabius joua un rôle déterminant dans l'adoption de la loi Fabius-Rocard-Gayssot (loi 90-615 du 13 juillet 1990) qui criminalise l'expression publique de l'incroyance, fut-ce sous la forme du doute, en la version officielle de ce qu'il est convenu d'appeler la Shoah (8).

Une quinzaine d'années plus tard, il prit la tête d'une campagne socialiste non officielle pour le non à la ratification du Traité Constitutionnel Européen, s'attirant au sein même de son parti de solides inimitiés. Parlant volontiers le langage du patronat pendant des années, puis très "gauche de gauche", Laurent Fabius, par ses variations comme par certaines constantes de ses engagements n'a effectivement, comme le disait Georges Frêche, rien qui incite à voter pour lui.


N O T E S

(1) Georges Frêche était déjà connu pour ne pas avoir, comme on dit, sa langue dans sa poche; certains de ses propos publics, ou privés rendus publics dans une intention de "délation citoyenne", lui avaient été vivement reprochés : quand il avait traité des responsables associatifs de "harkis" de sous-hommes en raison de leur complaisance envers les héritiers de la mouvance DeGaulliste (Frêche avait raison : ces responsables étaient incompétents ou leur bilan était "en-dessous", d'où l'expression "sous-hommes",de ce que leurs mandants pouvaient attendre d'eux); quand il avait eu une altercation avec une passagère maghrébine d'un véhicule de transport en commun de Montpellier (au bout du voyage, "c'est Ouerzazate", aurait-il dit en substance, rien de pendable !); quand il s'était moqué de la composition de l'équipe de France de football au sein de laquelle les Français d'Europe étaient peu nombreux : on lui a reproché de ne pas se réjouir de la sur-représentation des "Blacks" et des "Beurs", alors que Frêche mettait cette importance numérique Blacks-Beurs sur le compte de l'incompétence des Euro-français qui sont ceux qui auraient pu être offensés et protester. Par contre, les propos de Frêche mettant en cause la Police dans les émeutes urbaines de l'automne 2005 ou regrettant que le futur Benoît XVI n'ait pas péri pendant la Deuxième Guerre Mondiale furent très bien acceptés par les grands médiats;

(2) j'écris "médiat" avec un "t" final par solidarité avec le professeur Bernard Notin, victime de la Milice Zélote de la Pensée en 1990;

(3) Silvio Berlusconi est un des bêtes noires, des grands satans de la ch'haine Arte;

(4) le Palais Chigi, à Rome, est le siège de la Présidence du Conseil des Ministres;

(5) quand le Cardinal Ratzinger a été élu pape sous le nom de Benoït XVI, en avril 2005, Georges Frêche a regretté que Ratzinger n'ait pas été tué lors du bombardement de Dresde (où l'adolescent Joseph Ratzinger ne se trouvait probablement pas, de toute façon, en février 1945); Frêche n'a pas été inquiété pour cette exhalation de haine : sa cible n'étant que catholique et allemande, c'était médiatiquement permis; Frêche n'a pas non plus été inquiété lorsqu'à l'automne 2005, alors que les banlieues des grandes villes de l'Hexagone étaient le théâtre d'émeutes ethniques, il a accusé "les flics" de mettre eux-mêmes le feu aux voitures. Il a fallu qu'il s'attaque à Laurent Fabius pour être l'objet d'un lynchage médiatique et de la part des autorités morales;

(6) ces incontinences de Laurent Fabius sont à rapprocher de son "indignation" lorsque le ministre de l'Education Nationale Gilles de Robien avait rappelé la place et le rôle de l'enseignement privé, majoritairement confessionnel, dans l'ensemble du système éducatif français;

(7) à nouveau président de l'Assemblée Nationale en janvier 1998, Laurent Fabius  imposa que le Palais Bourbon fut recouvert de l'éditorial de Zola dans L'Aurore relançant l'Affaire Dreyfus;

(8) en ces jours de mi-août 2012 au cours desquels les grands médiats tympanisent le public avec leur indignation devant la condamnation à de légères peines de prison de chanteuses russes ayant profané la Cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, pensons à ce qu'il en aurait été si la scène de leurs exhibitions avait été un Mémorial lié à la Shoah.