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mardi 1 mars 2016

Sigmar Gabriel ou la haine de soi.




Sigmar Gabriel (°1959) est président du S.P.D. (le parti socialiste), ministre fédéral de l'Economie (1) et vice-chancelier du gouvernement de la République Fédérale d'Allemagne.

Il pourrait être le candidat de son parti à la Chancellerie pour les élections au Bundestag prévues en septembre 2017. Peut-être contre la chancelière sortante dont il est présentement l'adjoint.

C'est un personnage très dangereux pour l'Allemagne et pour l'Europe.

Dangereux par la haine de soi-même qui l'habite. S'il aime son prochain comme lui-même, il est dangereux d'être son prochain.

Il figure sur la foto qui illustre le présent article, dans le cortège d'une manifestation en faveur des originaires des flux migratoires intercontinentaux sud-nord en 1992.

Il faut se remémorer le climat de l'époque. La réunification de l'Allemagne ne remontait qu'au 3 octobre 1990. L'économie des "nouveaux Länder" (2) entamait une pénible transition d'une économie administrée vers une économie de marché. Les transferts de ressources du reste de l'Allemagne vers ces nouveaux Länder à reconstruire plombaient l'économie allemande. Les habitants des Lânder orientaux découvraient l'immigration extra-européenne (3). Il y avait hors d'Allemagne des milieux qui n'avaient pas réellement accepté la réunification allemande (4). Parmi eux : l'entourage de la mégère Thatcher, Jean-Pierre Chevènement, les prétendus souverainistes français (à l'exception notable et méritoire de Jean-Marie Le Pen), les paléo-gaullistes (Michel Debré dut être "calmé" par le secrétaire général du R.P.R.), certains lobbies mémoriels et shoacentristes qui auraient voulu que l'Allemagne réunifiée se dotât d'une nouvelle constitution faisant référence à la Shoah et aux responsabilités du peuple allemand; et aussi Lech Walesa lui-même qui, "ivre de vin de messe" selon l'hebdo Rivarol, tentait de se rassurer en rappelant qu'il y avait maintenant des armes de destruction massive pour prévenir tout retour du voisin occidental de la Pologne à ses "vieux démons" etc.....(5).  Pour un Prix Nobel  de La Paix....Les mass-merdiats prenaient un plaisir pervers à lier la réunification allemande à tout acte d'hostilité envers des immigrés : "c'est le énième acte de racisme et de xénofobie commis depuis la réunification de l'Allemagne" martelaient journaux, stations de TV et de radio". Le gang Klarsfeld avait co-organisé une expédition "punitive" à Rostock pour châtier les naturels du lieu non encore convaincus des merveilles de la société multi-kulti pluriethnique et de tous les métissages : provocations et agressions physiques, utilisation d'aérosols à gaz etc.... Il y avait eu des arrestations de voyous de cette expédition, et la porte du Centre Culturel Allemand / Institut Goethe de l'avenue d'Iena à Paris avait été plastiquée pour obtenir leur libération "immédiate", au nom de la Mémouare et de la lutte contre "le racisme et la xénofobie". Exigence à laquelle il fut rapidement fait droit. C'est dans ce contexte que le militant trentenaire SPD Sigmar Gabriel était descendu dans la rue pour exprimer son soutien aux flux migratoires sud-nord.

La pancarte portée par des manifestants que précède Sigmar Gabriel en appelle aux "étrangers" et leur dit : "Chers étrangers, s'il vous plait, ne nous laissez pas seuls avec les Allemands". Les "étrangers", on devine plus ou moins de qui il s'agit : les immigrés extra-européens. Mais quid des "Allemands" auxquels se réfère la pancarte ? Les manifestants en appellent aux "étrangers", et on en déduit que la plupart d'entre eux, en principe, n'appartiennent pas à cette catégorie. Alors qui, et que sont-ils ? Des germanofobes assurément puisqu'ils expriment la peur, l'inconfort que leur inspire la cohabitation avec des "Allemands". Mais les manifestants sont eux-mêmes pour le plupart des ressortissants allemands et souhaitent que de plus en plus d'"étrangers" entrent dans cette catégorie. Les "Allemands" auxquels fait référence le slogan gribouillé sur la pancarte, ce sont des Allemands au sens ethnique du terme, des Allemands de souche, des Volksdeutsche, et non seulement des Allemands au sens juridique et politique de ressortissants de l'Etat fédéral allemand. Les manifestants appartiennent apparemment pour la plupart à la fois à la catégorie des Allemands de souche et à celle, plus large, des citoyens allemands. Mais ils expriment leur non-amour, pour ne pas dire leur haine de la germanité. De la germanité ethnique et culturelle du moins.

Ce slogan m'en rappelle immédiatement un autre. En 1986, en France, un gouvernement avait proposé une réforme du code de la nationalité. Pour dénoncer cette proposition, un dessinateur de Charlie Hebdo du surnom de Cabu, avait sorti une caricature représentant un troupeau compact de bipèdes humanoïdes parqué dans un enclos avec la légende : "Entre Beaufs, on va s'emmerder". Cette caricature raciste était portée par des autocollants largement diffusés. Dans le langage de Cabu et de Charlie Hebdo, le "beauf", c'était une figure du Français de souche. Le message était : la réforme du code de la nationalité risque d'avoir pour effet de rendre un peu moins hétérogène à l'avenir la composition ethnique de la communauté nationale, et ça, ça nous emmerde, ça nous fait peur, on n'en veut pas. Cabu, Charlie Hebdo, Sigmar Gabriel, même combat !

Sigmar Gabriel a eu l'âge de faire son service militaire à la fin des années 1970, ou au début des années 1980 (6). Son papa, né dans les années 1930, trouvait qu'il avait une belle petite gueule (7) et l'avait prié de se présenter à lui dans son uniforme de conscrit. Ce qui avait paru suspect et déplaisant à Sigmar. On ignore s'il a satisfait à la demande de son père avec qui il semble avoir eu des rapports difficiles. Après la mort du papa, Sigmar a mis le nez dans la bibliothèque paternelle. Et il a eu un choc. Il y a trouvé des ouvrages révoquant en doute l'historiografie officielle, klarsfeldo-wieselienne, de la Shoah. Ah, quel coup dur, mes amis ! Sigmar s'est défait de ce poids si insupportable en dénonçant son feu père devant l'opinion publique. Et en se revalorisant lui-même : j'ai eu un père comme ça, oui, mais moi je ne suis pas comme ça, et je vais vous le prouver.

En mars 2012, il a fallu doter la République Fédérale d'Allemagne d'un nouveau chef de l'Etat. Le SPD auquel appartenait Sigmar Gabriel s'est rallié très tôt à la candidature de l'ancien pasteur Joachim Gauck (°1943), sans appartenance partisane formalisée, un intello de gauche sans étiquette (überparteilich comme on dit). Mais voilà qu'ensuite l'ancien parti communiste rebaptisé Die Linke (La Gauche) a porté son dévolu sur Beate Klarsfeld (°1939), épouse de Serge, maman d'Arno (8). Un déchirement pour Sigmar Gabriel : son coeur penchait pour Beate, mais son parti avait choisi Joachim. Sigmar a mal vécu ce dilemme et s'est justifié d'avoir finalement choisi Joachim : j'aurais préféré Beate qui a tant fait et fait encore tellement pour l'honneur (sic) de l'Allemagne, mais elle s'est portée candidate trop tardivement et mon parti avait déjà choisi Joachim. Bon, ce sera pour une prochaine fois. C'est promis : une autre fois, on s'associera avec Die Linke. Promesse réitérée en 2013 lors des négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral. Le S.P.D. a promis de ne plus rejeter dans le futur Die Linke comme allié possible (parallèlement, les Verts Die Grünen, ont annoncé qu'une autre fois il se pourraient qu'ils s'allient à la CDU). De toute façon, il faut être possédé par une sacrée dose de germanofobie ou de national-masochisme pour voter pour Beate Klarsfeld et la saluer comme honorant (sic) l'Allemagne.

Durant l'été 2015, le vice-chancelier Sigmar Gabriel s'est fâché tout rouge (évidemment.....) contre le président démocrate-chrétien de la commission européenne. Il a manifesté son impatience devant le retard et les hésitations de la commission Juncker à proposer, puis imposer des quotas de répartition des "migrants" envahissant les Balkans, les îles grecques et italiennes, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Sigmar Gabriel espère bien que ce seront là des personnes auxquelles on pourra distribuer à moyen terme des cartes d'El Ekteur (9) , et dont les enfants replaceront progressivement les Allemands de souche. L'idée de se répartir des "migrants" dans un espace où la liberté de circulation et d'établissement d'une part, l'égalité de traitement d'autre part sont des règles intangibles est une foutaise : ou bien les "migrants" bénéficient de la liberté de circulation et ils iront là où l'Etat-Providence est le plus généreux, et qu'on ne parle plus de quotas ni de solidarité entre pays européens, ou bien ils ne bénéficient pas de cette liberté de circulation et d'établissement, et c'est le sacro-saint principe d'égalité qui est remis en question.

Sigmar Gabriel a bonne presse. L'auréole que lui décernaient les mass-merdiats a un peu perdu de son éclat parce qu'elle s'est trouvée en concurrence avec celle de la Bienheureuse Angela Merkel, fille de pasteur certes, mais qui fait l'objet d'un procès en canonisation médiatique, moral et associatif depuis qu'elle a ouvert les portes de l'Allemagne, et donc de l'Europe sans frontières internes permanentes, à plus d'un million de "migrants", en attendant mieux. C'est-à-dire beaucoup plus évidemment.

Pendant que les mass-merdiats jouent à se faire peur avec l'éventualité d'une accession à la présidence des Etats-Unis d'Amérique de Donald Trump, personne ou presque ne relève les dangers d'une possible accession à la Chancellerie fédérale du germanofobe et eurofobe (10) Sigmar Gabriel. Attention : cet homme est dangereux, il ne vous connaît peut-être pas, mais il vous hait déjà, parce qu'il hait ce que vous représentez (arrière petits-enfants de colonisateurs, d'antidreyfusards, de pétainistes, de germanofiles etc....).

N   O   T   E   S

(1) en Allemagne comme en France le ministère de l'Economie et celui des Finances sont distincts. l'actuel (1er mars 2016) alter ego de Michel Sapin est Wolfgang Schäuble, et Sigmar Gabriel est celui d'Emmanuel Macron. Pour faire simple...,

(2) nouveaux Länder : l'ancienne Allemagne de l'Est (Zone Soviétique d'Occupation, République Démocratique Allemande); ces Länder ont rejoint la République Fédérale d'Allemagne avec effet du 3 octobre 1990;

(3) sous le régime communiste, la R.D.A. avait accueilli des travailleurs algériens en petit nombre (on n'est jamais trop prudent.....). Sous la dictature socialisante et soviétofile de Boumedienne. Il ne s'agissait pas de travailleurs immigrés (Gastarbeiter) mais de camarades étrangers venus aider la R.D.A. dans "la construction du socialisme". Nuance.....

(4) je n'oublie pas la haine et l'arrogance néo-maurrassiennes. Alors que les feuilles néo-maurassiennes (Aspects de la France notamment) célébraient en 1990 ou 1991 un prétendu renouveau du sentiment national en France. Qu'elles définissaient la nation comme.....une amitié (sic) par la voix de l'ancien député FN Georges-Paul Wagner. Qu'elles voyaient dans un concert de nations indépendantes une meilleure chance pour la paix que l'Europe institutionnelle et l'O.T.A.N. l'Allemagne était d'emblée exclue, rejetée comme partenaire et alliée. Le motif : la conception allemande de la nation est......fausse. Ben voyons, seule celle de la France est juste....C.Q.F.D.;

(5) on ne peut que regretter que l'hebdo Rivarol ait abandonné la ligne éditoriale qui était la sienne à l'époque, et depuis 1951, pour s'acoquiner avec les chapelles "souverainistes", nationales-catholiques et cependant sédévacantistes (= il n'ya plus de pape légitime, le siège papal est vacant). En tançant Walesa et en faisant allusion au "vin de messe", l'hebdomadaire fondé par René Malliavin en janvier 1951, organe de résistance au.....résistantialisme, courrait le risque de prendre à rebrousse-poil une partie de son lectorat alors énamouré de Jean-Paul II;

(6) la conscription, dont le maintien en Allemagne inquiétait tant Jean-Pierre Chevènement, a été abolie par le gouvernement CDU-CSU-FDP (parti libéral) présidé par Angela Merkel sous la mandature 2009-2013; c'était un des éléments de la plateforme électorale du parti libéral FDP;

(7) rien qu'entre 1992 (foto) et 2016, la corpulence de Sigmar Gabriel a considérablement augmenté; il faudrait sans doute retoucher l'uniforme qu'il portait il y a trente-cinq ans pour qu'il puisse entrer dedans.... C'est maintenant un gros plein d'soupe, obèse, ou quasi, mais certainement pas un "bon gros";

(8) qu'on ne m'accuse pas d'anti-klarsfeldisme primaire et absolu : je salue le récent appel de Maître Arno Klarsfeld (°1965) pour l'abandon à terme des abattages rituels kosher et hallal. J'en espère un abandon du carnivorisme par l'humanité tout entière;

(9) à l'attention des non francofones : il s'agit d'un jeu de mots forgé à partir du mot "électeur", et d'un clin d'oeil renvoyant à l'arabofonie d'un grand nombre de "migrants";

(10) Sigmar Gabriel est eurofile des institutions européennes mais eurofobe des ethnies européennes de souche ancienne; il compte sur celles-là pour faire avancer le remplacement de celles-ci. Vous doutez de ce remplacement en cours et en voie d'accélération ? N'écoutez ni l'INED (démografie), ni l'INSEE. Consultez plutôt la rubrique Etat-Civil du bulletin de votre mairie, et comparez les noms figurant dans les sous-rubriques "naissances" d'une part, et "décès d'autre part. Et retenez que les naissances en France d'enfants d'immigrés ne sont jamais incluses dans les statistiques démografiques. Ce qui permet aux mass-merdiats de nous braire : "l'immigration est faible", "l'immigration est stabilisée", "il n'y a pas plus d'immigrés de nos jours en France qu'il n'y en avait dans les années 1930" etc.....







samedi 19 mai 2012

Croissance versus Austérité : l'intox hollandiste

François Hollande n'est pas installé depuis une semaine dans ses fonctions que l'intoxication médiatique fonctionne à plein, et efficacement. L'un des "trucs" les plus géniaux de cette campagne consiste à en faire le champion de la croissance contre l' austérité. Je sais bien que l'analyse économique est une discipline complexe qu'il faut simplifier pour qu'elle soit supportable pour le grand public. Mais la ficelle est grosse : qui pourrait être contre la croissance, sinon Yves Cochet (EELV) qui pronait naguère la décroissance, et qui est pour l'austérité ... pour lui-même (pour les autres, ceux qu'on croit pouvoir envier, c'est autre chose) ?

Ce simplisme permet aux médiats de faire trop rapidement de François Hollande, sans rire, le Roosevelt européen. Et, par contraste, la méchante Angela Merkel serait de plus en plus isolée. Georges Sörös n'a-t-il pas appelé à son départ ? Je crois que le péché de Mme Merkel est d'avoir constaté publiquement l'échec des politiques d'intégration des personnes issues des flux migratoires sud-nord, et d'être opposée à l'adhésion de la République de Turquie (qui n'est qu'une partie du monde turc) à l'Union européenne.

La personne, la personnalité de François Hollande, me sont indifférentes. La politique qu'il annonce vouloir mener est dangereuse, néfaste. Son discours patriotard, cocardier aggrave l'ensemble du tableau. C'est malheureusement tellement populaire en ce moment que ça en devient populiste (1).

Tout le monde (sauf peut-être Yves Cochet) est pour la croissance, et personne n'est pour l'austérité pour l'austérité. Le débat porte sur le degré nécessaire d'austérité pour revenir à la croissance.

Ca me rappelle la première moitié des années 1970 au cours desquelles certains prétendaient se mobiliser pour lutter contre la guerre du Vietnam, c'est-à-dire en fait contre la résistance du Sud-Vietnam et des Américains à la guerre menée par les communistes pour contrôler tout le Vietnam. Les adversaires de la guerre du Vietnam, parfois désignés comme partisans de la "paix au Vietnam", étaient tout simplement les alliés des communistes Vietcong dans leur guerre contre Saïgon et les Américains pour gouverner l'ensemble du Vietnam. Mais c'était un coup de génie de présenter leurs activités comme hostiles à la guerre (qui pourrait être pour ?) et pour la paix (qui pourrait être contre ?) (2).


NOTES

(1) à l'adresse des résidents issus des récents flux migratoires sud-nord, François Hollande proclame vouloir que le nom "Français" soit le plus beau que puisse porter un citoyen du monde. Quel c.. !;
il sait faire le fier à bras (comme pour défendre Valérie Massonneau, prétendument visée par des allusions discourtoises) en déclarant que l'accélération du retrait des troupes combattantes d'Afghanistan est une décision relevant de la "souveraineté française"; souveraineté, le mot magique est prononcé, clin d'oeil à ce qu'il peut y avoir de plus bête dans l'opinion publique : la sacralisation de l'Etat-nation.
Dommage que François Hollande n'étende pas sa fermeté aux rapports algéro-français : la souveraineté française n'est-elle pas plus que compromise par les nationalités multiples de tant et tant de petits-fils et arrière petits-fils de fellaghas, citoyens français aux références historiques, à la mémoire spécifiques ?

(2) dans les années 1970, un correspondant aux Etats-Unis de la radio d'Etat France Inter (un des organes de la voix de la France, selon Georges Pompidou) couvrait une manifestation pro-Vietcong ( = pro-communistes vietnamiens, pour "la paix au Vietnam") et relatait les réactions de contre-manifestants, les désignant comme de "jeunes néo-nazis, euh, du moins des partisans de l'intervention militaire américaine au Vietnam".

mardi 15 mai 2012

François Hollande à Berlin : muflerie en direct

Au cours de la conférence de presse qu'il a tenue à Berlin le 15 mai 2012, conjointement avec Angela Merkel, François Hollande a fait montre d'une muflerie discourtoise et fort peu présidentielle.

Il a martelé qu'il venait d'hériter, quelques heures seulement auparavant, d'une situation des finances publiques dont l'évaluation de la gravité allait devoir être confiée à la Cour des Comptes : c'est ce qui s'appelle mettre grossièrement en cause son prédecesseur par la grâce duquel la première présidence de la Cour est assurée par un socialiste, un ami politique de Hollande (1).

Il s'est crispé lorsqu'il a été amené à évoquer les relations entre dirigeants des deux pays, parfois de même sensibilité politique, refusant de commenter cette situation et appuyant son refus d'un regard dans la direction d'Angela Merkel : Monsieur Hollande est "de gauche", il a donc le droit de se faire soutenir lors d'un meeting de campagne à Lille par le Premier ministre socialiste Elio di Rupo (Belgique) (2); par contre, le soutien -qui n'est finalement pas allé jusqu'à une présence dans un meeting- d'Angela Merkel à Nicolas Sarközy est un épisode qu'il a très mal vécu, et il le rappelle avec une hargne mal contenue. François Hollande pose à nouveau à la victime : il a été maltraité. Il croit que, médiatiquement et politiquement, ça lui donne une légitimité à attaquer.

Les conclusions de la Cour des Comptes vont rapidement rabattre le caquet de ce sinistre (au sens italien du terme) président de ce qu'il est convenu d'appeler la république française. Qu'il se rassure, les salles de rédaction des médiats votent à 85% à gauche, et feront en sorte de formater l'opinion pour qu'elle accepte qu'il ne tienne pas ses promesses en matière économique et sociale : ce sera la faute à Nicolas Sarközy et à son héritage. En 1981, la "gauche" avait eu sa "commission du bilan" (3) : il s'agissait de mettre la situation économique au passif de Valéry Giscard d'Estaing. Pour Hollande ça passera à condition qu'il tienne ses promesses en matière sociétale : remise en cause de la politique en matière de flux migratoires sud-nord des gouvernements précédents, ouverture du mariage aux personnes de même sexe etc.... Il ne faudrait pas que l'expérience Hollande dure trop longtemps quand même. Ce 16 mai au matin, ça fait déjà un jour de trop.


NOTES


(1) Nicolas Sarközy a nommé à la tête de la Cour des Comptes le député socialiste de l'Isère Didier Migaud; à part cela, François Hollande a dénoncé la culture politique du mandat de Nicolas Sarközy comme celle d'une droite dure (sic) dont il se démarquerait par une attitude.......non sectaire; et voilà que par la grâce du sectarisme de la droite dure pratiqué sous, et par Nicolas Sarközy, François Hollande va pouvoir demander à une organisme présidé par un de ses camarades un rapport lui permettant de mettre en cause la situation économique que lui a laissé Nicolas Sarközy;

(2) lors de sa campagne présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait bénéficié du soutien public de Jose Luis Rodriguez Zapatero, président (socialiste) du gouvernement espagnol venu assister à un de ses meetings à Toulouse; cela n'avait choqué personne; c'est "la gauche" qui a monté médiatiquement le quasi-scandale du soutien public d'Angela Merkel à Nicolas Sarközy, en jouant sur une corde pseudo-nationaliste; un soutien d'un chef de gouvernement socialiste étranger, espagnol ou belge, ou ce que l'on voudra, à un socialiste français, c'est de l'internationalisme de bon aloi; un soutien d'une dirigeante de gouvernement membre du Parti Populaire Européen à un candidat français membre du même parti transnational (le P.P.E.), c'est la soumission du second à la première;

(3) la "commission du bilan" de 1981 était présidée par François Bloch-Lainé, ancien directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, petit-neveu de Léon Blum.