lundi 8 janvier 2018

Retour à Bois-Colombes (1)

Bois-Colombes est une des communes les plus sympas de la banlieue nord-ouest de Paris. Elle est relativement peu étendue. L'habitat pavillonnaire (maisons individuelles d'1 à 3 étages au max. avec jardin) y reste important malgré la proximité de Paris et du centre d'affaires de La Défense.

Ni moi, ni personne de ma famille n'avons habité Bois-Colombes et je n'y ai pas passé une seule nuit.

Mais nous avons habité à Colombes pendant de nombreuses années. Colombes est une commune voisine, dont Bois-Colombes a fait sécession en 1896. J'y ai fréquenté pendant un peu plus de deux ans les classes élémentaires du "Collège" Giband, où j'ai préparé mon entrée en Sixième. Je suis allé au caté à Notre-Dame de Bon-Secours à Bois-Colombes et j'y ai reçu le sacrement de confirmation des mains d'un futur évêque de Monaco (1).

Enfant,  c'est à Bois-Colombes que je situe des expériences qui m'ont durablement marqué. 

Voici deux anecdotes à partir desquelles on pourra prendre la mesure d'évolutions culturelles relatives aux relations entre enfants. Entre parents et enfants. Entre enfants et institution scolaire. Entre parents et institution scolaire. Au degré de protection affective ou juridique dont la famille, l'institution scolaire, ou la "société" en général, croyait, ou croit,  devoir entourer, ou non, l'enfant.


8 year-old schoolboy Jean-Marie




La tragédie familiale de la rue Claude Mivière : pas de cellule de soutien psychologique

Alors que je fréquentais les classes élémentaires de "Collège" Giband, un homme a jeté son épouse, mère de ses enfants, de la fenêtre de son appartement. Et le corps de la malheureuse s'est empalé sur les piquets d'acier de la clôture qui séparait l'étroit domaine privé de l'immeuble de la voie publique. Elle y a agonisé un temps indéterminé avant que son corps ne soit enlevé. Cela s'est passé rue Claude Mivière, pendant une nuit, à peu de distance du "Collège" (2). Le lendemain, les élèves en parlaient en cour de récréation, dès le matin. Je suis rentré à la maison le midi, et je ne crois pas en avoir parlé. Je craignais peut-être que l'affaire ne soit abordée, et qu'on ne guette mes réactions que je tenais à garder pour moi-même. Mais en fin d'après-midi, ma mère est venue me chercher à la sortie du "Collège", rue Charles Chefson. Elle et plusieurs autres parents avaient en mains des journaux, France-Soir ou Paris-Presse l'Intransigeant, qui relataient ce crime, à la Une. Pourquoi évoquer cette tragédie, ce traumatisme? Parce que personne, ni mes camarades, ni moi-même, n'a eu droit à ces cellules de soutien psychologique (3) qui sont, de nos jours, systématiquement dépêchées auprès de jeunes et de moins jeunes lorsque survient une catastrophe, une tragédie qui les touche de près. Peu après, seul, je me suis rendu sur les lieux et j'ai constaté avec horreur qu'un des piquets sur lequel le corps de la malheureuse mère s'était empalé était tordu. J'avais 10 ans. Et il a fallu les ravages et les excès du féminisme pour que les violences familiales infligées aux épouses et mères cessent de représenter pour moi une des pires facettes du malheur familial.


La raclée au gymnase : les parents adeptes du profil bas

Je devais avoir 8 ans, peut-être 9. J'aimais peu l'école. Je la manquais souvent. J'était mal socialisé : ce n'était de toute façon pas le but assigné à mon éducation, en famille comme à l'école. Je n'étais pas très robuste. J'avais peu de goût pour l'effort physique. Mon grand-père paternel, Alphonse Lallau, était un adepte de la Méthode Desbonnet dite Gymnastique des Organes, dont il me faisait effectuer des exercices lors de mes séjours dans notre province. Mais j'étais quasiment nul en Education Physique telle qu'on la pratiquait au "Collège" Giband. Un matin, le prof de gym avait décidé de nous faire monter à la corde : il s'agissait, s'aidant de ses poignets et de ses genoux, de faire l'escalade d'une grosse corde attachée par un crochet et un anneau au plafond de la salle du gymnase. J'en étais incapable. Quand mon tour est venu, j'ai tout juste pu me balancer, mes pieds sur le gros noeud de l'extrémité inférieure de la corde, sans avoir assez de force dans mes poignets pour m'accrocher. Hilarité quasi générale des autres garçons, certains plus jeunes que moi. Hilarité et chahut. Mes camarades mettent en cause mon identité (fillette, petite fille toujours avec sa manman). Le professeur ne fait rien pour arrêter le chahut et modérer mes camarades. Au contraire, il me prend violemment à partie verbalement, ce qui fait redoubler le chahut et les moqueries des autres enfants. Puis, il me dit de céder la place, ce que je fais volontiers. Mais les moqueries de mes camarades, que je rejoins, ne cessent pas. Le professeur demeure indifférent à ces moqueries. Exaspéré, je cible un des moqueurs parmi les moins costauds,  je lui porte un coup au bras, et je le secoue. Enfin, le professeur réagit : de colère, il m'assène des gifles qui me font saigner du nez et m'assourdissent un moment. Je méprise ces enfants et ce prof, mais je parviens à me retenir de pleurer. Difficilement, mais quand même. Je sauve la face. Je rentre au "Collège" (4), en rang, conduit par le professeur. Et j'assiste aux autres leçons de la demi-journée. Rentré à la maison, je raconte l'incident. Mes parents sont "catastrophés" : je me suis fait remarquer. Que va-t-on penser de moi ? Que va-t-on penser d'eux ? Mes parents décident, de honte, de venir moins souvent à l'école, de faire profil bas. Et de rechercher un médecin qui délivrera un certificat m'exemptant d'Education Physique dans le cadre scolaire. Pourquoi narrer ce quasi non événement ? Pour souligner le contraste entre les rapports entre parents d'élèves et institution scolaire hier et aujourd'hui. Plus tard, c'est avec surprise et consternation que j'ai vu des parents prendre fait et cause passionnément pour ceux de leurs enfants que moi-même ou mes collègues avions....contrariés. Où étais-je tombé ? Chez des Barbares ? En tout cas des gens qui n'avaient pas la même culture que mes parents.


N  O  T  E  S

(1) Monseigneur Jean Rupp, alors évêque auxiliaire de Versailles

(2) Ce n'est que depuis la loi du 11 juillet 1975, dite loi Haby, que l'appellation "collège" est réservée aux classes de la 6e à la 3e. Auparavant, on donnait les noms d'Ecole, de Collège, de Lycée, d'Institution à des établissements selon le choix de leurs fondateurs, l'origine de leur fondation. Il y avait des lycées qui avaient des classes de Onzième ou de Cours Préparatoire. Et des Collèges qui avaient des classes de Terminale

(3) Si j'avais été mis en présence d'une cellule de soutien psychologique, je ne suis pas sûr que j'aurais coopéré; il est possible que le souci de garder pour moi ma réaction la plus profonde l'aurait emporté, pour ne pas fournir de levier à des non intimes; il est alors à craindre que je sois passé pour indifférent

(4) Le Collège Giband n'avait pas de gymnase. Le gymnase appartient à la commune de Bois-Colombes qui le mettait à la disposition des élèves des classes élémentaires du Collège Giband. Ce "collège" était une institution privée non confessionnelle





samedi 6 janvier 2018

La durable malfaisance de ces haineux (C.N.E. : Conseil National des Ecrivains)

Le 29 mai 1968 s'éteignait Jacques Boutelleau, dit Jacques Chardonne, écrivain charentais et protestant. Il était né le 2 janvier 1884.


Sa mère, une quaker, appartenait à la famille Haviland, les porcelainiers de Limoges d'origine américaine. Il avait pris le pseudonyme littéraire de Chardonne en référence à la localité de Chardonne (près de Vevey) dans le canton suisse de Vaud, où il avait effectué un séjour de convalescence : participant à la guerre de 1914-1918, sa santé avait été gravement altérée.


Pendant la Seconde Guerre Mondiale, cet ancien combattant de la Première ne fait pas le choix des futurs vainqueurs (1). A l'issue du conflit, le Comité National des Ecrivains, le C.N.E. issu de la Résistance, (ces haineux, disait Albert Paraz) lui interdit l'exercice des professions d'écrivain et d'éditeur . Brisé, Jacques Chardonne devient l'ermite de La Frette-sur-Seine (aujourd'hui dans le Val d'Oise), dans ce que j'appellerais la banlieue Saint-Lazare (accessible en train depuis la gare Saint-Lazare, à Paris) où il se retire.


Jacques Chardonne retrouve un regain de faveur au début des années 1950, quand le terrorisme intellectuel, le manichéisme tendent provisoirement à s'atténuer : l'isolement relatif du parti communiste et de ses satellites du monde associatif, pour cause de guerre froide, y contribue (2). Il envoie son dernier ouvrage au général De Gaulle qui lui en accuse aimablement réception; le président de la République était cependant une des cibles de la correspondance de Jacques Chardonne.


On sait peu que Jacques Chardonne était apprécié d'un grand lecteur, et compatriote charentais, François Mitterrand.

Jacques Chardonne était lui-même un admirateur du leader socialiste Jean Jaurés.


En 1986, quand les régions deviennent des collectivités territoriales, le Conseil Régional de Poitou-Charentes donne le nom de Jacques Chardonne à deux salles du siège du Conseil. 

Dix-huit ans plus tard, le C.N.E. prend sa revanche : la nouvelle majorité, menée par Mme Ségolène Royal, décide, à l'initiative de quelques-uns de ces membres, qu'au regard de l'attitude de Jacques Chardonne entre 1940 et 1944, son nom ne peut plus être attribué à des salles du siège du Conseil Régional de Poitou-Charentes, et lesdites salles sont débaptisées, si un tel terme convient aux actes d'une majorité aussi laïque, mais qui a donné dans cette affaire, la mesure de sa bêtise, ou de sa pusillanimité devant la Milice Zélote de La Pensée, et de son intolérance; ce sont les héritiers de ces haineux (le C.N.E.).

Le chanteur Pascal Sevran s'est, à l'époque, indigné du sectarisme des conseillers régionaux socialistes à l'origine de cette "épuration" posthume.


L'association des amis de Jacques Chardonne a prononcé sa dissolution en 1998, après le trentième anniversaire de la mort de Chardonne.


"Ces haineux" du C.N.E. et de la majorité de gauche du conseil régional de Poitou-Charentes n'ont pas encore tout à fait gagné : la commune suisse romande de Chardonne (VD) et la commune charentaise de Barbezieux Saint-Hilaire, ville natale de Jacques Boutelleau, dit Jacques Chardonne, sont jumelées.


N O T E S

(1) "Ici occupation correcte, douce, très douce. Mais j'espère que nous souffrirons. J'accepte tout du fond du cœur. Je sens le bienfait de l'« épreuve », la toute-puissance de l'événement. Une immense folie est dissipée [...] j'ai l'horreur de ce que nous étions. Je ne déteste pas l'Allemand mais le Français d'hier, moi, l'Anglais (l'Anglais surtout qui me devient odieux, avec son Churchill dément), frivole et vantard. La censure elle-même me sera bonne. Nous ne voulons pas être nazis, et personne, je crois, n'attend cela de nous. Mais je peux comprendre leur leçon. Derrière cette force matérielle, il y a des forces morales très grandes. La débâcle anglo-française est une débâcle morale" (Lettre de Jacques Chardonne à Jean Paulhan, 6 juillet 1940).

(2) Il a existé, de 1945 à 1960 environ (3), en France, un Parti Socialiste Démocratique (P.S.D.), co-fondé par Paul Faure (4), ancien bras droit de Léon Blum, ayant plus tard rompu avec lui. Ce parti avait pour vocation de permettre le retour à la vie politique de personnes condamnées pour faits de collaboration, ou exclues de leurs partis de gauche ou de centre gauche pour les mêmes raisons. Loin d'être isolé, le P.S.D. était allié du Parti Radical et de l'U.D.S.R. au sein du cartel électoral nommé R.G.R. (Rassemblement des Gauches Républicaines); il était en outre apprécié des Gaullistes du R.P.F. (Rassemblement du Peuple Français) pour son hostilité aux institutions de la IVe République.

(3) L'activité du Parti Socialiste Démocratique (anti-communiste, anti-IVe République, pro-amnistie des vaincus de la Libération) et son influence ont commencé à décliner à partir de 1954, en raison notamment de la réintégration de nombre de ses membres au sein de leurs partis politiques d'origine, dont le parti socialiste S.F.I.O. de Guy Mollet.

(4) Paul Faure n'était ni fasciste, ni national-socialiste. C'était un socialiste avant tout pacifiste, et enclin à une entente avec le voisin allemand, quel que soit son régime. Après la guerre 1939-45, il a souhaité que Paul Rassinier, considéré comme le père du révisionnisme historique (dénommé négationniste par ses contempteurs) puisse être édité et témoigner



mardi 2 janvier 2018

Lamentables, nuisibles faiseurs d'opinon

Mardi 2 janvier 2018, sur LCI, Maurice Ulrich (L'Humanité) et Virginie Le Guay (Paris-Match) sont appelés à débattre des lynchages de policiers à Champigny-sur-Marne. Sur LCI.

Pas de débat contradictoire : ils sont d'accord sur à peu près tout.


Ils exhalent leur entichement des petits-fils de fellaghas ("Ils sont Français" tranche Virginie le Guay), et leur détestation du Front National. Pour Maurice Ulrich, "les banlieues" sont le centre de la société française réelle. Hélas.....

Maurice Ulrich refuse, par aversion du FN, de réagir à une déclaration de Nicolas Bay (FN) parlant d'ensauvagement de certaines populations des banlieues. Sa consoeur de Paris-Match rappelle que c'est Jean-Pierre Chevenement qui, le premier, vers 2000, avait osé le terme "sauvageons".

Maurice Ulrich désapprouve la déclaration d'un responsable syndical de la Police qui plaide pour que "la peur change de camp".

Le journaliste de L'Humanité préfèrerait-il que les agresseurs de policiers n'aient pas peur ? Parce que ce sont de potentiels El Ekteurs du Parti Communiste ?

Et l'éditorialiste de l'ex {?) journal communiste de relater un "incident" dans le métro parisien qui l'a opposé à un policier. Celui-ci, lors d'un contrôle, s'était dirigé vers un "jeune" coloré. Le sang du journaliste ex (?) communiste ne fit qu'un tour : il rabroua le policier en public, devant sa jeune "victime", lui intimant l'ordre de manifester plus de respect (tu parles !) à son égard.

Il ne faut pas compter sur Maurice Ulrich (L'Humanité) pour prendre la défense des policiers. La police qu'il aime, lui, c'est la Police de la Pensée, mise en place par la loi Gayssot et d'autres lois "antiracistes". Chassez le naturel....

dimanche 17 décembre 2017

Vol au dessus d'un nid de garces (1)

Le cas de Madame D.


Etampes (Essonne), années 1990

Madame D. était professeure dans les sections professionnelles d'un grand lycée du sud de l'Essonne (1). Elle habitait Lardy (91). Elle était née en 1938. Comme son mari et beaucoup de ses collègues, Madame D. était une militante politique. Du genre teigneuse pouvant devenir pétroleuse.

Le proviseur du Lycée se disait psycho-polémologue (2), faisait partie d'une structure de l'Education Nationale de lutte contre les "dérives sectaires", en réalité contre toutes les incorrections politiques, sociétales, historiques. J'ignore quelles étaient les relations entre Madame D. et le Proviseur. Celles que j'entretenais avec ce dernier étaient exécrables. Des lâchers de rumeurs en aparté ou en salle des profs, avaient pour objet de m'empêcher de fonctionner professionnellement, de m'isoler. Elles portaient surtout sur des préférences politiques qu'on me prêtait, à tort ou à raison.

J'eus besoin du concours de Madame D. pour réaliser une séquence pédagogique avec sa classe devant un Inspecteur pédagogique chargé de m'évaluer. Elle accepta avec paraît-il beaucoup de réticences, sans les exprimer en ma présence.

Pendant tout le déroulement de la séquence, en présence des élèves, de l'Inspecteur et de moi-même, elle arbora un badge "Non à l'Extrême-Droite" au revers de sa (généreuse...) poitrine ce qui, à mon avis, constituait un manquement au devoir de réserve, une faute morale, déontologique et professionnelle. Je savais que j'étais chez les Barbares. Mais pour le moment, je me voyais égaré au pays des garces.

1994. Silvio Berlusconi forme un gouvernement avec la Lega Nord (anti-immigration) et l'Alleanza Nazionale (accusée de "néo-fascisme" par ses ennemis). Sur le marché du samedi matin à Etampes, Madame D., accompagnée d'une "camarade" à elle, distribue des tracts et une brochure. Elle s'approche de moi et me demande de lui acheter sa belle brochure sur papier glacé dont les titres expriment leur hostilité au nouveau cours politique en Italie. D'un air de dire : "prends ça pour te soigner". Je lui propose, si elle est sincère et motivée, de me la donner. Crispation de Madame D. qui refuse avec humeur et s'éloigne pour s'entretenir avec sa "camarade" et continuer sa propagande.

Madame D. a pris sa retraire bien avant d'atteindre la soixantaine. C'était une famille militante que celle de Madame D., de Lardy. Elle laissait entendre que son mari travaillait pour le compte du P.S. (qui contrôlait la mairie de Lardy à cette époque). Lardy est une charmante petite commune verdoyante du centre de l'Essonne, qui accueille le Centre Technique d'Essais des Automobiles Renault. Sa proximité relative (une 40aine de kms) de Paris y a attiré beaucoup de BoBos (Bourgeois Bohêmes).

Je n'ai jamais revu Madame D. à ce jour. Elle incarnait pour moi une des figures de l'intolérance aux nom des "valeurs 2 la répuplik".

N O T E S

(1) j'étais moi-même professeur dans ce lycée à l'époque;

(2) formé chez les Jeunes Communistes, le Proviseur avait évolué vers le chevénementisme dont l'animateur dans l'Essonne était alors le sénateur-maire des Ulis, M. Loridant; ce proviseur, ancien prof de Maths, se piquait d'être en formation en psycho-polémologie, et jouissait d'un certain respect au sein de la "communauté éducative" du fait de ses fonctions "anti-sectes", et des protections qu'on lui attribuait. Il avait, dans un rapport me concernant, affirmé que ma présence dans son établissement désorientait les collègues "attachés à un pluralisme de bon aloi (sic)".

dimanche 3 décembre 2017

L'inquiétante observation de Maurice Szafran

Novembre 2017

L'homme politique Gérard Filoche est médiatiquement mis en cause et lynché dans une non-affaire de "tweet antisémite". 

Gérard Filoche a illustré un de ces tweets d'une image représentant Jacques Attali, Patrick Drahi, un banquier dont j'ai oublié le nom et le président Maqueron. L'image est tirée du site Egalité et Réconciliation qui serait "impur", "populiste" en somme. Le message de l'image est :
Emmanuel Macron est inspiré par Jacques Attali (qui a pris position en sa faveur), Patrick Drahi (dont les chaînes TV ont couvert favorablement la campagne de Maqueron) et le banquier (Emmanuel Macron a travaillé dans cette banque).

Aïe, aïe, aïe, les trois hommes sont juifs : le "délit"  médiatique extra-légal d'antisémitisme serait constitué. Filoche aurait insinué que le président Maqueron serait influencé par "les Juifs". 

Cette mise en cause et ce lynchage étaient injustifiés : Filoche a agi par inadvertance, ignorait l'origine de l'illustration, ou du moins les caractéristiques du site sur lequel il l'avait trouvée, et a très rapidement supprimé son tweet. Une fois le tweet supprimé, cette non-affaire aurait dû s'arrêter. 

Ce n'est pas ce qui s'est produit : les associations salopes (licra-cra, m'rap, sos désir etc....) se sont mises en branle immédiatement (y'a bon les dommages-intérêts pour les parties civiles). Sans oublier le PS (Parti Salaud) que Filoche agaçait depuis pas mal de temps et qui a saisi la balle au bond pour lancer une procédure d'exclusion contre Filoche.

Ce dernier, inconscient, commet ensuite l'imprudence de répondre à l'invitation d'i24 news en français (1) pour y participer à l'émission "Conversations avec Anna Cabana", animée par Anna Cabana (2).

Il s'y fait insulter par la journaliste qui lui assène : "Ou vous êtes un imbécile, ou vous êtes un salaud", le presse de questions, et lui coupe la parole dès qu'il tente de répondre, le congédie. Anna Cabana était assistée du journaliste Maurice Szafran, ancien du torchon Marianne, collaborateur de Challenges et surtout auteur de l'essai "Qui est antisémite ?".

Le malheureux et naïf Gérard Filoche s'est jeté dans le gueule du loup : sur la chaîne de Patrick Drahi représenté sur l'image dont il a illustré son tweet controversé, dans l'émission d'une journaliste qui peut devenir hystérique, assistée d'un polygraphe qui se pense habilité à désigner .... qui est antisémite. C'était un guet-apens. Et il a bien fonctionné.

Le pauvre Gérard Filoche a eu beau rappeler ses états de service "antiracistes", s'excuser, rappeler qu'il s'était empressé de supprimer son tweet, rien n'y a fait.

Et puis Gérard Szafran, le polygraphe qui détecte l'antisémitisme et les antisémites à vue de nez a tenu un propos très inquiétant.

Il a affirmé que, par son tweet, Filoche aurait renié TOUT UNE VIE d'engagements. Et comme Filoche ne tombait pas immédiatement à genoux, ne déchirait pas ses vêtements, Maurice Szafran a renvoyé son interlocuteur à un précédent qui remonte à une quinzaine d'années.

L'écrivain Renaud Camus (3) avait alors osé une remarque "impie" sur le nombre de collaborateurs juifs de France Culture. Il s'en est suivi une polémique à laquelle j'avoue ne pas avoir prêté intérêt.

Mais Maurice Szafran d'avertir Gérard Filoche : "Renaud Camus NE S'EN EST PAS REMIS".

Autrement dit :

"Filoche, vous avez commis le péché pour lequel il n'y a pas de pardon. Voyez Renaud Camus, on l'a accusé d'antisémitisme, et il n'a jamais pu s'en relever. Filoche, c'est grave, vous êtes l'objet d'une accusation dont on ne se relève pas. Vos protestations de non-antisémitisme, d'antiracisme, votre carrière passée ne valent rien. Filoche, vous êtes fichu, c'est moi qui vous le dit, moi l'auteur de "Qui est antisémite ?". Filoche, vous être F.I.N.I et vous l'avez mérité".


N  O  T  E  S

(1) i24news, chaîne du groupe ALTICE, société de droit luxembourgeois dont à ce jour (novembre 2017) Patrick Drahi est actionnaire à 56%. i24news en français est une chaîne israélienne privée dont les studios se répartissent entre Jaffa et Paris. Patrick Drahi, natif du Maroc, est détenteur de trois passeports : français, israélien et.....portugais.

(2) Anna Biton Cabana (ABC) est une ancienne journaliste de l'hebdomadaire Le Point. Je l'ai découverte sur la chaîne BFM lors de la soirée de l'élection à la présidence de l'UMP fin 2012. J'avais déjà remarqué sa tendance à l'effervescence. Elle s'amusait du nom : COCOE, de l'organisme interne à l'UMP chargé de dire le droit entre François Fillon et Jean-François Copé.

(3) Renaud Camus ne se porte pas si mal, pour autant que je puisse le savoir. Il a fondé le parti de l'In-Nocence, a le courage de désigner le Grand Remplacement et de le combattre.

mardi 24 octobre 2017

"Pour la première fois depuis 1945", ou le deconantum antifa

Mardi 24 octobre 2017, journal télévisé de 13h de la RTBF (1).

La présentatrice annonce que ce jour est "un jour noir" pour l'Allemagne, qui voit plus de nonante "députés d'extrême-droite" (sic) siéger au Bundestag "pour la première fois depuis 1945" (re-sic).

La correspondante de la RTBF à Berlin en rajoute dans la noirceur : ce jour serait à marquer d' "une pierre noire".

De quoi s'agit-il ?

De la première séance du 19ème Bundestag dans lequel vont siéger des députés de l'Alternative für Deutschland (AfD).

La journaliste de la RTBF décrit ce parti comme "anti-Islam" et "anti-immigration".

Ne serait-ce pas plus honnête de dire que l'AfD s'oppose à l'islamisation de la société allemande et à la politique migratoire de Madame Merkel et de la Commission Européenne ?

On peut légitimement être en désaccord avec l'AfD sur nombre de ses analyses et propositions.

 A la différence de l'AfD, je ne crois plus à la pertinence de l'Etat-Nation comme cadre d'identité.

Je suis "Européen" depuis mes années d'école élémentaire par défiance envers l'Union Française (comme on disait alors), ensemble multicontinental, multiculturel et multiethnique dans lequel le décagénaire que je n'étais pas encore avait flairé que les populations historiques de l'Europe ("la race blanche" comme disait dans une exhalaison de haine l'insupportable Claude Bartolone, élu des petits-fils et arrière petits-fils de fellaghas algériens) seraient minoritaires.

L'AfD est un parti semblable à ceux de Messieurs Dupont-Aignan et Florian Philippot ("Les Patriotes") qui ne sauraient avoir mon suffrage.

Le deconantum antifa (2) consiste à parler d'une "première fois depuis 1945".

C'est FAUX.

Doublement FAUX.

Le Bundestag (Diète Fédérale) n'existe que depuis 1949.

Le premier Bundestag (1949-1953) comprenait des députés répondant beaucoup plus aux critères de l'"extrême-droite" que l'actuelle AfD. Y siégeaient notamment des députés du Rechtspartei Deutschland (parti de Droite d'Allemagne), rebaptisé Reichspartei Deutschland (parti du Reich, ou de l'Empire, allemand) dès 1950.

Ce parti et quelques autres proches de leurs analyses et propositions ont siégé dans les premières mandatures du Bundestag jusqu'en 1957, date à laquelle la CDU-CSU a remporté la majorité absolue.

Une dizaine d'années plus tard, les médiats ont joué à se faire peur avec l'ascension du NPD (parti national-démocrate d'Allemagne) fondé en 1964, qui est entré dans plusieurs Parlements de Länder, mais jamais au Bundestag.

Aujourd'hui, les mêmes médiats jouent à se faire peur avec le martèlement d'une "première fois depuis 1945" qui relève de la mésinformation.

La présentatrice de la RTBF (1) questionnait la correspondante de la chaîne franfoconne à Berlin : cette percée de l'AfD ne trahirait-elle pas la réceptivité de l'électorat à la "radicalité" ?

Radicalité ? Vous avez dit radicalité ?

Qu'est-ce qui est radical ou extrémiste ?

Le refus de l'AfD de continuer à voir la population autochtone remplacée par des originaires d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient ?

Ou Madame Claudia Roth, cacique du parti Vert qui manifestait en 1990 sous une bannière "Nie wieder Deutschland !" soit "Plus jamais l'Allemagne !", "Non à l'annexion de la RDA (l'Allemagne communiste)" ?

Ou la thèse se Joschka Fischer (encore un Vert !) selon lequel le gros défaut des Allemands consiste à générer de l'inégalité par leurs dons, leur travail et leur application.

Il conviendrait donc de dé-germaniser l'Allemagne. Par un apport migratoire non européen.

N'est-elle pas là la radicalité ? N'est-il pas plutôt là l'extrémisme ? Plutôt qu'à l'AfD.


N   O   T   E   S

(1) RTBF : radio et télévision publiques belges d'expression française

(2) antifa : antifasciste

vendredi 20 octobre 2017

Un oublié ou méconnu de l'Histoire des années 1940 à 1960 en France : le Parti Socialiste Démocratique

Dimanche 15 octobre 2017, la chaîne privée israélienne "i24news en français" (1) recevait l'académicien Alain Finkielkraut et l'ancienne ministre Jeannette Bougrab dans le cadre de l'émission "Elie sans interdit" animée par Elie Chouraqui.

Ce fut pour Alain Finkielkraut l'occasion de dénoncer les nouveaux habits de l'antisémitisme, l'islamisme, les dénis de la gauche etc... qui sont des thèmes sur lesquels il a souvent l'occasion de s'exprimer.

Alain Finkielkraut  attribue certains blocages idéologiques de ses anciens amis et de ses adversaires à l'existence du Front National : on reproche aux analyses de Finkielkraut de faire le jeu du Front National, et on nie ou on tait certaines réalités qu'il dénonce pour ne pas ..... "faire le jeu du Front National".

En somme, si on suit Alain Finkielkraut, tout irait mieux si le Front National n'existait pas, ou sans doute s'il était moins influent qu'il ne l'est en 2017 et depuis longtemps.

Mais que reproche au fond Alain Finkielkraut au Front National pour l'Unité Française, qui est le nom, en forme longue, de ce parti politique fondé en 1972 ? En dehors de parasiter sa communication ?

Alain Finkielkraut continue de rattacher le Front National, fondé .... 27 ans après la fin de la guerre 1939-45 au régime de Vichy et à la Collaboration. Ce qui démontre que l'Alain Finkielkraut contemporain est finalement moins différent de l'Alain Finkielkraut de ses débuts que beaucoup ne le croient. Dans la permanence de ses aversions : toujours les mêmes grands satans. 

Alain Finkielkraut a d'ailleurs participé à la primaire de La Belle Alliance Populaire, la primaire de la gauche organisée par le PS en janvier 2017, et fait le choix de Manuel Valls.

S'il fut, en France, après la guerre 1939-45, un parti politique qui s'inscrivait dans une certaine continuité, avec le régime de Vichy et la Collaboration, une continuité qui, rassurez-vous, n'était ni idéologique, ni programmatique, c'était bien le Parti Socialiste Démocratique fondé par Paul Faure en 1945 et qui a eu une activité jusque vers 1960.

Ce parti fut fondé juste après la fin de la guerre pour accueillir et permettre l'expression politique de militants de gauche ou de centre gauche d'avant-guerre qui s'étaient engagés, ou étaient accusés de s'être engagés dans la Collaboration avec le régime de Vichy ou directement avec l'Allemagne nationale-socialiste.

Certains d'entre eux furent condamnés pour leur engagement par les tribunaux de la prétendue Epuration. D'autres furent exclus de leurs partis politiques d'origine. Et la vocation du Parti Socialiste Démocratique était de les accueillir.

Le programme du Parti Socialiste Démocratique était-il pour autant "nazi", "néo-nazi", "fasciste" etc.... ?

Nullement !

Au programme de ce parti, il y avait : 1) la revendication de l'arrêt de la prétendue Epuration contre les anciens collaborateurs ou présumés tel; 2) la revendication de l'amnistie en faveur des condamnés pour faits de collaboration; 3) l'anti-communisme ("non à la bolchevisation de la France"); 4) le rejet de la Constitution de 1946 (adoptée par une coalition englobant le Parti Communiste, le Parti Socialiste S.F.I.O., le Mouvement Républicain Populaire qui représentait alors la démocratie chrétienne en France).

Le fondateur du parti, Paul Faure, avait été un allié de Léon Blum en 1920, lors du Congrès de Tours et de la scission entre Communistes et Socialistes de la S.F.I.O. Léon Blum et Paul Faure animaient le Parti Socialiste S.F.I.O. après le départ des Communistes qui fondèrent la S.F.I.C. (Section Française de l'Internationale Communiste) qui devint le Parti Communiste Français.

En 1948, la L.I.C.A. (dénommée aujourd'hui LICRA) accusa Paul Faure d'antisémitisme, expliquant sa rupture et ses polémiques avec Léon Blum par ce prétendu antisémitisme. Cette accusation n'eut pas le retentissement ni les effets qu'elle aurait aujourd'hui.

Loin d'être ostracisé, bloqué par un cordon sanitaire (2), le Parti Socialiste Démocratique était membre du R.G.R. (Rassemblement des Gauches Républicaines, qui constituait une sorte de parti radical élargi). Au sein de ce R.G.R., ce parti issu du rejet de l'Epuration et du résistantialisme (3) voisinait avec ....l'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance (U.D.S.R.).

Mieux encore, si on peut dire, le R.P.F. (Rassemblement du Peuple Français), fondé par le général de Gaulle s'alliait avec le Parti Socialiste Démocratique pour conquérir des municipalités. La formation fondée par "le chef de la France Libre" s'alliait occasionnellement et efficacement (les mairies de Bois-Colombes et de Joinville-le-Pont, dans la Seine, furent remportées grâce à cette alliance électorale) avec un parti fondé pour accueillir des condamnés et des exclus pour collaboration, effective ou présumée, entre 1940 et 1944. Le rejet des institutions de la IVe République était commun aux Gaullistes et au Paul Fauristes (le Parti Socialiste Démocratique).

Ce parti avait son siège central à Paris, rue des Martyrs dans le IXe arrondissement, et disposait d'un organe de presse dont le titre était La République Libre.

Son activité et son influence se heurtaient au fait que nombre de ses membres étaient frappés d'inéligibilité à cause des condamnations prononcées contre eux en 1944 et au cours de l'immédiat après-guerre. Et puis, il y eut, au fil des congrès du Parti Socialiste S.F.I.O. des réintégrations qui diminuèrent d'autant le nombre des adhérents et militants du Parti Socialiste Démocratique.

Certains d'entre eux contribuèrent à la fondation du syndicat Force Ouvrière (de son vrai nom C.G.T. Force Ouvrière) et y militèrent.

Le Parti Socialiste Démocratique semble avoir cessé ses activités vers 1960 après une quinzaine d'années d'existence.

Il appartenait à cette catégorie de partis politiques fondés pour permettre l'expression politique de personnes rattachées à tort ou à raison, directement ou indirectement, à une expérience historique qui a pris fin, mais non pour la prolonger et encore moins pour la restaurer. 

Ainsi,  en Allemagne, dans l'Etat qui avait pris le nom de République Démocratique Allemande (1949-1990) a existé un parti dénommé NDP ou NDPD (parti national-démocrate) qui avait vocation à regrouper les personnes de sensibilité "nationale" contraintes de transférer leur allégeance au nouvel Etat imposé par l'occupation soviétique. Certaines d'entre elles étaient d'anciens nationaux-socialistes, d'autres non. Mais tous devaient se montrer "loyaux" envers la "république démocratique allemande". Sinon.....

Ainsi, en Espagne, pendant la transition démocratique qui a suivi le décès du général Franco et l'avènement du roi Juan Carlos Ier, un ancien ministre important du général Franco, Don Manuel Fraga Iribarne a fondé l'Alliance Populaire, devenue le Parti Populaire vers 1982. Ce parti, qui a gouverné l'Espagne de 1996 à 2004 et qui la gouverne depuis 2011, a d'abord accueilli d'anciens franquistes ralliés aux nouvelles institutions démocratiques, des citoyens espagnols attribuant des aspects positifs au bilan global du régime passé, et attachés à la préservation de certains de ces acquits, des citoyens ne se reconnaissant pas nécessairement dans les formations politiques directement issues de l'opposition au régime franquiste et "trop" marquées par ce passé oppositionnel. 

L'époque pendant laquelle le Parti Socialiste Démocratique (Paul Faure) a pu exister et fonctionner en France était moins manichéenne que l'époque présente, moins shoacentrique.

Quand j'apprends que des antifas drogués à la lecture de Télérama et à l'écoute d'Arte Journal ou d'i24news jouent à se faire peur en se racontant qu'ici ou là en Europe (voire ailleurs) tel ou tel parti fondé par d'"anciens nazis" ou d'"anciens fascistes" est proche du pouvoir, en passe de se libérer du "cordon sanitaire" établi autour de lui pour le confiner à jamais dans une léproserie politique, je m'amuse. En France, pendant 15 ans, un tel parti a existé et fonctionné, sans cordon sanitaire. Et c'était bien ainsi.

Ni la bande à Klarsfeld ni Bernard-Henri Lévy ne le tolérerait aujourd'hui. Il est vrai qu'ils étaient bien jeunes à l'époque.


N  O  T  E  S

(1) cette chaîne appartient actuellement, comme BFM-TV à Patrick Drahi, homme d'affaires franco-marocain d'origine juive; elle dispose d'une page Facebook dont les administrateurs ont une conception très particulière de la liberté d'expression, du pluralisme et de la censure.....;

(2) en 2017, Alain Finkielkraut justifie encore l'existence d'un "cordon sanitaire" isolant le Front National des autres formations politiques;

(3) on appelle "résistantialisme" l'attitude qui consiste à placer au centre de tout jugement politique ou historique l'attitude envers la Résistance à l'occupation du territoire français par l'Allemagne nationale-socialiste entre 1940 et 1944.