samedi 10 mars 2012

11 mars 1829 : Matthäuspassion : une revisitation après des décennies d'oubli

Le 11 mars 1829, après environ un siècle d’oubli, la Passion selon Saint-Matthieu (Matthäuspassion) de Jean Sébastien Bach était interprétée par l’Académie de Chant de Berlin, dirigée par le jeune (°1809) Félix Mendelssohn Bartholdy, ce qui préluda à la redécouverte de l’oeuvre et, plus généralement, de son auteur.

Cet oratorio de Bach avait été composé en 1727 ou 1729, puis interprêté en public au moins trois fois, dont le Vendredi-Saint 1729 en l’église Saint-Thomas (Thomaskirche) de Leipzig sous la direction de Bach lui-même, alors âgé de quarante-quatre ans ; peut-être Bach le retravailla-t-il jusqu’en 1736. Le texte de l’Evangile de Matthieu a été adapté pour la circonstance par Jean Sébastien Bach avec le concours du poète et organiste Christian Friedrich Henrici, qui signait ses oeuvres du pseudonyme de Picander. Bach ne signait pas ses oeuvres de son nom, mais par les lettres S D G (Soli Deo Gloria, ou : à Dieu seul la Gloire, qui est un des principes de la Réforme luthérienne). Cette oeuvre avait été accueillie sans grand enthousiasme par le public de l’époque, et tomba dans un oubli relatif, au moins quant à son interprêtation en public, jusqu’à celle de Felix Mendelssohn-Bartholdy ce 11 mars 1829 à Berlin.

L’oratorio porte la référence BWV 244. Les lettres BWV signifient :
Bach-Werke Verzeichnis, ou Catalogue des Oeuvres de Bach.

Une paix inébranlable fondée sur l’espérance en la résurrection inspire la conclusion de la Matthäuspassion :

"Ruht, ihr ausgesognen Glieder !"
Euer Grab und Leichenstein
Soll dem ängstlichen Gewissen
Ein bequemes Ruhekissen
Und der Seelen Ruhstaat sein.
Höchst vergnügt schlummern da die Augen ein
TRADUCTION :
"Sur ta tombe l’âme lasse et désolée accourra
Chercher un calme et solitaire abri.
O sommeil souriant, viens fermer mes yeux !
Christ bien-aimé, nos larmes coulent,
Entends l’adieu jailli du coeur :
Dans la tombe, dors en paix"