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dimanche 30 août 2020

Y'en a ma d'ine cétaine negwitude


Janvier 1961, suite à l'exécution du sinistre Patrice Lumumba (premier Premier ministre, déchu, du Congo-Kinshasa), l'ambassade de Belgique au Caire (République Arabe Unie, président : le colonel Nasser) est saccagée par des émeutiers.

La veuve de Lumumba visite les locaux de l'ambassade parmi les débris, en compagnie de sa marmaille.

Relatant l'événement, l'hebdomadaire Paris-Match, publie la photo de la visite, la veuve Lumumba étant vêtue....a minima (un truc blanc sur l'épaule, une sorte de pagne blanc lui tenant lieu de robe),  à l'africaine, avec le commentaire : "déambulant parmi les débris de l'ambassade de Belgique mise à sac, Madame Lumumba redevient africaine et sauvage".

 Ca, c'était du journalisme, en un temps où la liberté d'expression était plus large.

Comparer avec l'hystérie autour de l''offense" (il n'y a que la vérité qui blesse.....) faite à Miss Obono (photo ci-dessous, députée de Paris, d'origine gabonaise, du groupe La France Insoumise)

 En 1961, on pouvait écrire que la veuve Lumumba redevenait africaine (par son costume) et sauvage (en s'associant à des émeutiers) en visitant les locaux dévastés de l'ambassade de Belgique. Sans que quiconque en fasse caca toute une pendule "antiraciste". "Raciste", moi ? Non, simplement je ne suis pas atteint du sida mental

dimanche 3 novembre 2019

Comment Le Monde m'est apparu immonde


Ma détestation du journal Le Monde remonte à ma première année d'université. Première année, dite à l'époque Année Préparatoire, à l'Institut d'Etudes Politiques (I.E.P.) de Paris. En 1964.
Au Congo ex-belge, indépendant depuis 4 ans, il y avait eu un soulèvement à Stanleyville (1) dont s'était rendu maîtres les successeurs idéologiques de Patrice Lumumba (2), calamiteux premier Premier Ministre du Congo après l'indépendance.
Ces "Simbas" (nom qu'ils se donnaient), avaient pris en otage des  centaines d'Européens et de Nord-Américains.
Le gouvernement congolais était dirigé par Moïse Tschombé, ancien lideur du Katanga sécessionniste de 1960 à 1963.
En accord avec le gouvernement de Moïse Tschombé, la Belgique (gouvernement Théo Lefèvre et Paul-Henry Spaak) et les Etats-Unis (administration Lyndon Johnson) décidèrent de lancer une opération aéroportée sur Stanleyville pour délivrer les otages et libérer Stanleyville des "Simbas" (3).
A noter que la Vrôôônce DeGaullarde avait refusé l'usage par les Américains et les Belges de sa base de Bangui (Centrafrique) comme escale pour cette opération. Pour marquer son "indépendance" vis-à-vis des Etats-Unis, son non alignement et sa proximité avec les mouvements "progressistes" (hors sa chasse gardée de la Françafrique, of course) dans le Tiers-Monde : De Gaulle revenait d'une tournée en Amérique Latine au cours de laquelle il avait célébré l'aspiration des peuples des pays visités à s'émanciper des Yankees.
Indignation du journal Le Monde et des épistoliers de son courrier des lecteurs : comment le Secrétaire d'Etat US Dean Rusk pouvait-il déplorer l'assassinat d'un missionnaire américain alors que l'opération américano-belge avait permis la reprise par le gouvernement Tschombé de Stanleyville des mains des forces "progressistes" qui avaient subi des pertes ?
Tschombé passait pour avoir une responsabilité dans l'assassinat de Lumumba en janvier 1961. Lumumba figurait au panthéon des lideurs "progessistes" du Tiers-Monde aux côtés d'Ahmed Ben Bella (Algérie), de Sékou Touré (Guinée Conakry), de Nkrumah (Ghana), d'Ahmed Soekarno (Indonésie), de Fidel Castro (Cuba), de Nasser (Egypte). La salle de rédaction du journal Le Monde comptait nombres d'admirateurs de cette engeance : Jean Lacouture, Tibor Mende, Maurice Duverger, Jacques Decornoy, Marcel Niedergang etc....
Le Monde donnait du "Monsieur" aux lideurs des Simbas qui étaient l'objet de la sympathie idéologique de la feuille d'Hubert Beuve-Méry (neutralisme de façade, philosoviétisme, anti-colonialisme, sympathie pour les "mouvements de libération nationale" etc....).
Rage de l'UNEF qui tenait la direction de l'Amicale des Elèves de l'Institut. L'UNEF, complice des fellaghas algériens de 1954-1962 et des Vietcongs en Asie.
Les étudiants africains, souvent arrogants, se passaient Le Monde et le commentaient entre eux et leurs amis de l'UNEF dans les couloirs, dans le hall d'entrée de l'Institut, rue Saint-Guillaume (Paris VIIe).
Indignation d'étudiants africains et de l'UNEF lorsqu'en novembre De Gaulle reçut Tschombé de passage à Paris. Et large couverture accordée par Le Monde aux manifestations de protestation contre cette visite.

N O T E S :

(1) Stanleyville a été renommée Kisangani 1966, à l'initiative du général Mobutu;

(2) Patrice Lumumba, bien que "patronné" à l'origine par le parti libéral en Belgique, était un pro-soviétique notoire. L'URSS a donné son nom à une Université destinée  à l'accueil spécifique des étudiants africains. Le chef des "Simbas" de Stanleyville en 1964 était un dénommé Christien Gbenye;

(3) Opération Dragon Rouge.